dessin animée Close Enough

La Revue des Séries #8

La Revue des Séries fait son retour ! Cette semaine, on évoque des super-héros pas comme les autres (et non, ce n’est pas The Boys) et des parents trentenaires animés.

Doom Patrol

De nos jours ce ne sont pas les séries adaptées de comic books qui manquent. De l’Arrowverse sur la CW aux futures séries du MCU (Marvel Cinematic Universe) sur Disney+, en passant par les plus indépendantes comme Stumptown, il est plutôt simple de trouver son bonheur. Certaines de chez DC ou Marvel dont on parle moins, telles que Runaways ou Titans, sont celles qui personnellement me comblent le plus. Moins aseptisées et plus travaillées scénaristiquement, elles réussissent à se distinguer et à se trouver une vraie identité qui peut plaire à la fois aux connaisseur-euses et aux novices des bande dessinées. L’une d’elles, un spin-off de Titans, a particulièrement retenu mon attention : Doom Patrol.

Oui j’ai un peu de retard, je l’avoue, mais il a été très vite rattrapé. Dès les premières minutes où la voix-off, voix de Mr. Nobody (Alan Tudyk), l’antagoniste de la première saison qui est conscient de son statut de narrateur, nous dit que “les critiques vont détester cette série”, j’aimais déjà cette série. Pas par pur esprit de contradiction, je ne me considère pas critique, mais déjà parce que réussir à me faire apprécier une voix-off alors que je les ai en horreur, c’est un exploit, et ensuite parce que l’histoire d’une bande de marginaux qui forment une famille contre toute attente et qui découvrent un portail inter-dimensionnel dans un âne, c’est tout ce que j’aime.

Basée sur le comic book du même nom de Arnold Drake, Bob Haney et Bruno Premiani, et développée par Jeremy Carver, la série suit les mésaventures de Crazy Jane (Diane Guerrero); une jeune femme aux 64 “personnalités” (qui offre un assez bon portrait des troubles dissociatifs de l’identité, bien qu’évidemment rendus plus fantastiques), Rita Farr alias Elasti-Woman (April Bowlby), Larry Trainor (Matt Bomer/Matthew Zuk); un ancien pilote irradié qui porte en lui une entité d’énergie négative (ne vous inquiétez pas, personne ne comprend vraiment non plus), Cliff Steele alias Robotman (Brendan Fraser) et Vic Stone alias Cyborg (Joivan Wade) alors qu’ils et elles essaient de comprendre et gérer leurs pouvoirs respectifs avec l’aide du Chef (Timothy Dalton), tout en étant sous la menace de Mr. Nobody. Et tout ça servi par une mise-en-scène, une photographie et une bande originale aux petits oignons, qui ne pourraient être plus en accord avec l’ambiance de cet univers. En substance, Doom Patrol c’est une petite famille de personnages, tous et toutes plus étranges les un-e-s que les autres, qui vivent les choses les plus démentes, terrifiantes et bouleversantes dans un monde où les super héros et super héroïnes sont monnaie courante, et où ils et elles sont très loin d’en être. Ils et elles n’ont rien en commun à part le fait d’avoir des pouvoirs. Ils et elles passent leur temps à se hurler dessus. Mais ils et elles finissent par s’aimer à leur façon. Malgré tout, la Doom Patrol (qui refuse d’être la Doom Patrol d’ailleurs) est une famille, et ce n’est pas pour rien qu’elle s’est formée.

C’est difficile de parler de cette série sans tout spoiler. Chaque minute, chaque seconde, apporte une chose à laquelle personne n’aurait pu s’attendre. Malgré tout le côté fantasque, la série reste censée (à sa propre manière, dans sa logique bien à elle) et incroyablement touchante par moments. Doom Patrol semble être faite de plein d’éléments qui ne vont pas ensemble mais qui finalement créent un univers autant déjanté que sombre, et aussi empli des fameux “what the fuck” de Cliff que d’intelligence. Et c’est un pur plaisir. 

La deuxième saison est diffusée aux Etats-Unis sur la plateforme de streaming HBO Max, et la première est disponible en France en VOD sur SyFy.


Close Enough

La vie de parents trentenaires, ce n’est pas facile. On peut pas vous le confirmer dans la rédac (puisque nous sommes encore dans la vingtaine) mais J.G Quintel, créateur de la géniale mais trop méconnue série Regular Show, assure ce propos dans sa nouvelle série, Close Enough.

Pour ceux qui auraient déjà regardé les aventures de Rigby et Mordecai dans Regular Show, vous savez comment ça fonctionne. Un problème de la vie de tous les jours qui prend soudainement un virage vers le surnaturel et l’absurde. Close Enough est basé sur le même principe avec des problèmes plus vraisemblables (mais pas trop dans leurs tournures, quand même). On suit le quotidien de Josh et Emily, parents trentenaires qui gèrent comme ils peuvent leur nouvelle vie d’adulte. Vivant en colocations à leurs amis (dont un qui est doublé par le génial Jason Mantzoukas, que vous avez pu voir dans à peu près chaque comédie qui se crée actuellement aux États-Unis), ils vont apprendre à surmonter des issues telles que la fin de leurs rêves d’étudiants ou bien la volonté de gérer en tant que parents d’élèves. Acide, plus adulte que Regular Show (même si, franchement, celle-ci n’était regardée que par des adultes), Close Enough est un petit bonbon qui se savoure tranquillement à chaque épisode. 

La série est disponible sur Adult Swim France et est composée de huit épisodes.

Bande-annonce

La caméra stylo à Hollywood : une étude en quatre blockbusters
Un dossier réalisé par Amaury Foucart