La Revue des Séries #1

Aujourd’hui, l’équipe vous propose un nouveau rendez-vous ! Comme on est aussi amateurs de séries, les membres les plus sérivores de Good Taste Police vous livreront leurs derniers coups de coeurs toutes les deux semaines. Pour cette première édition : une dystopie, de la science-fiction, mais aussi des policiers vulgaires en dessin animée !

Mythic Quest : Raven’s Banquet

Mythic Quest, le MMORPG le plus populaire du moment est sur le point de voir naître sa toute première extension : Raven’s Banquet. Censé révolutionner le monde du jeu vidéo, le lancement de cet add-on n’est pas de tout repos et provoque l’agitation la plus totale dans tout le studio de développement. Créateur, ingénieure principale, producteur, scénariste, testeuses et équipe marketing se démènent pour que tout aille au mieux, mais au mieux selon chacun.

Créée par trois des cerveaux derrière la cultissime It’s Always Sunny in Philadelphia (Rob McElhenney, Charlie Day et Megan Ganz), on retrouve dans Mythic Quest: Raven’s Banquet le même ton à la fois décalé et pertinent. Alternant scènes au rythme et à l’humour frénétique, avec d’autres plus douces, chaque épisode explore les complexités de l’industrie du jeu vidéo. Assisté par Ubisoft Montréal dans le développement de la série, McElhenney a pu voir et expérimenter tous les rouages de la production d’un jeu vidéo. De la création purement artistique à celle technique, en passant par les enjeux économiques, la place des femmes, et l’importance des streamers-euses, des fans et surtout de la passion, la série revient alors sur tous les sujets du monde du jeu vidéo. Le casting cinq étoiles composé de, entre autres, Rob McElhenney, Charlotte Nicdao, Danny Pudi, Ashly Burch, Imani Hakim et David Hornsby, fait des merveilles et chacun-e-s à leur manière arrivent à manier parfaitement les bascules entre toutes les émotions et sensations (humour, colère, joie, peur, amour,…). Sans être donneuse de leçon, Mythic Quest: Raven’s Banquet représente bien la réalité de l’industrie du jeu vidéo. Elle respecte son passé, nous expose son présent non sans critique, et essaie de pousser ses limites pour faire évoluer son futur.

La première saison est disponible sur AppleTV+ depuis Février. Une deuxième saison est déjà confirmée, et en écriture.

Jade Domingos


The Plot Against America

En 1940, l’aviateur Charles Lindbergh se présente aux élections présidentielles américaines et bat Franklin Roosevelt. Cette victoire provoque la peur de la communauté juive, en raison de l’antisémitisme de leur nouveau président et de son refus à intervenir pendant la Seconde Guerre Mondiale. Cette version cauchemardesque de l’Histoire américaine a été imaginée tout d’abord par l’écrivain Philip Roth en 2006. Quatorze ans plus tard, c’est un autre grand nom de la fiction politique qui reprend cette histoire pour en faire une mini-série : David Simon.

Un seul épisode de The Plot Against America a été vu pour le moment. Mais rien qu’avec ceci, on sait qu’on est face à quelque chose de passionnant. Retour à un classicisme extrêmement bien soigné, cette série prend le temps de nous dévoiler les acteurs qui constitueront cette Histoire déréglée. Pour cette ouverture, on suit la vie quotidienne d’une famille juive effrayée par ce climat pesant transmis par les médias. Inutile de faire un dessin : cette ré-imagination est là pour éveiller les consciences sur un homme peu enclin à la politique mais ayant réussi à se faire élire par un franc-parler nauséabond : Donald Trump. On devine alors une série qui sera très à charge contre cette politique intolérante, avec une galerie de personnages plus passionnants les uns que les autres. On retrouve au casting Winona Ryder, Zoé Kazan ou encore John Turturro.

La série est diffusée sur OCS City et disponible sur OCS GO.

Victor Van De Kadsye


Hunters

Al Pacino qui chasse des nazis. Jerrika Hinton qui chasse Al Pacino. Des nazis qui chassent d’autres nazis, c’est le bordel dans l’Amérique de 1977 ! Qui de mieux pour démêler tout ça que la fine équipe d’Hunters, composée d’un survivant des camps (Al Pacino), d’un jeune adulte juif (Logan Lerman), d’une nonne espionne du MI6 (Kate Mulvany), d’un vétéran du Vietnam (Louis Ozawa Changchien), d’un acteur plus ou moins raté (Josh Radnor), d’un couple plein de ressources (Carol Kane et Saul Rubinek) et d’une activiste noire (Tiffany Boone) ? Personne.

Inspirée de faits et de personnages réels, la série créée par David Weil (et produite par Jordan Peele) aborde avec sévérité et brutalité un sujet important, et malheureusement toujours présent de nos jours. Cela dit, même si très violente (certaines scènes, pas forcément les plus sanglantes, peuvent être dures à regarder), la série n’est pas complètement dénuée d’humour et joue parfois sur le tableau de kitsch (qui n’a jamais eu besoin d’une petite pastille télévisée de Josh Radnor pour apprendre à discerner si son voisin est un-e nazi-e ?). Aussi, on retrouve toujours en trame de fond cette comparaison entre le personnage principal et la figure du super-héros (qu’il affectionne), qui appuie à la fois la dimension chevaleresque et dramatique et un côté comique. Tout cela assemblé à la bizarre et incroyable bande son de Cristobal Tapia de Veer (celui derrière la BO d’Utopia), donne à l’intrigue perturbante une atmosphère étrange, sans qu’elle ne soit trop pesante. Cela dit, même si l’histoire est inspirée de l’Histoire, certaines représentations de certains événements (notamment des camps) ont été jugées inexactes, voire imprudentes et caricaturales, par le musée national Auschwitz-Birkenau. Tout n’est donc pas à prendre pour argent comptant, et il est bon d’avoir un peu de recul et que malgré tout Hunters est une fiction, et que toute fiction dramatise et romantise. Au final, Hunters est une série aussi prenante que dérangeante, aussi violente qu’étrange et drôle, et aussi fictionnée qu’un bon comic des 70’s se passant à New York City.

Disponible depuis Février sur Amazon Prime, rien n’est encore officiel en ce qui concerne une potentielle seconde saison.

Jade Domingos


Paradise Police

D’accord, quand il avait été question d’écrire sur les premiers épisodes de Paradise Police, l’adhésion n’était pas au rendez-vous. Toutefois, par un simple hasard (et surtout par ennui), le visionnage du reste de la saison s’est pas avéré déplaisant. Au contraire ! Quand elle ne vire pas dans l’offense systématique envers autrui, l’humour de la série arrive à amuser par sa débilité permanente. C’est un peu comme si Tom Green, réalisateur s’était mis à l’animation. On se demande constamment jusqu’où ça peut aller et on est ravi d’apprendre que c’est toujours plus loin dans la connerie.

La saison 2 de Paradise Police est donc sortie et nous ne sommes pas déçus du résultat. Au programme : attaque à Disney +, bastons contre des hommes-dauphins et blagues à base de diarrhée. C’est débile, bas de plafond et tout ce que vous voulez. Mais ça fait quand même du bien !

La série est disponible sur Netflix.

Victor Van De Kadsye


Good Girls

Depuis 2018, c’est un plaisir de suivre Beth, Annie et Ruby (respectivement Christina Hendricks, Mae Whitman et Retta) dans leurs mésaventures criminelles. Savant mélange entre Desperate Housewives et The Nice Guys (d’ailleurs, qu’en est-il du spin-off féminin?), Good Girls dépeint le quotidien de trois mères de familles de banlieue en mal d’amour, d’argent et/ou de justice, après leur braquage d’une épicerie. Gangs, drogues, tromperies, famille et faux billets, tout s’enchaîne jusqu’à faire douter leur entourage de leur statut de femmes respectables. Mais au final, c’est justement la question que pose Jenna Bans, la créatrice de la série : c’est quoi être une bonne mère de famille ? ça ressemble à quoi une femme respectable ? Et c’est grâce au talent des trois actrices principales qui donnent vie à des personnages aussi tragiques que drôles dans une intrigue liant criminalité, amitié et liens familiaux, qu’on voit se dessiner une réponse.

Beaucoup de choses se sont passées depuis la première saison, et tout n’est pas entièrement crédible ou bien écrit, mais une fois notre suspension consentie d’incrédulité activée et un regard trop critique éteint, Good Girls devient une petite pépite apportant réconfort, excitation et souvent de la variété française très pop en bande son. De surprise en surprise, le quotidien de Beth, Annie et Ruby évolue en bien comme en mal et on découvre et comprend avec elles toutes les raisons et conséquences de leurs actions pas super légales.

La troisième saison a débutée en Février dernier et est diffusée sur NBC, et sur Netflix pour la France. La série devrait être diffusée en clair sur M6 à partir du 26 Mars.

(P.S. Je n’ai réalisé qu’à l’épisode 2 de la saison 3 que le mari de Beth était joué par Matthew Lillard. Je vous laisse vous rendre compte de qui il était dans le paysage cinématographique des années 2000…)

Jade Domingos


Avenue 5

Qu’est-ce qu’il se passerait si on mélangeait une croisière luxueuse et la NASA ? Si l’océan devenait l’espace et que le capitaine connaissait à peine le nom des constellations ? Avenue 5 se passerait.

Après Veep, Armando Iannucci revient sur HBO avec cette comédie high-concept dans laquelle un Hugh Laurie au top de sa forme est capitaine du vaisseau spatial de croisière Avenue 5, bloqué dans l’espace plus longtemps que prévu. Peut-être un peu trop réminiscente de l’actualité, la série est pourtant une bouffée d’air frais et une des meilleures façons d’éteindre son cerveau et de s’évader. L’écriture est si ingénieuse que même les éléments les plus absurdes font paraître cet univers futuriste réel et plausible. En plus de ça, toutes les actions de chaque personnage se rejoignent si naturellement qu’elles créent une intrigue fluide autour du chaos du voyage spatial et des relations interpersonnelles, et il n’y a pas besoin d’être calé-e en physique quantique ou en psychologie pour l’apprécier.

Grâce à l’étrangement jolie bande originale d’Adem Ilhan ainsi qu’à des personnages aux répliques cinglantes, délivrées par les exceptionnelles Lenora Crichlow, Suzy Nakamura, Rebecca Front et les non-moins excellents Hugh Laurie, Josh Gad et Zach Wood, Avenue 5 se vit et se ressent comme une vraie aventure humaine.

Disponible en France sur OCS, la première saison (9 épisodes d’une vingtaine de minutes) vient de se terminer. Une seconde a déjà été commandée par HBO.

Jade Domingos

On se retrouve dans deux semaines pour de nouvelles recommendations. En attendant, prenez soin de vous en cette période et faites le plein de films et séries !

La caméra stylo à Hollywood : une étude en quatre blockbusters
Un dossier réalisé par Amaury Foucart