serenity netflix mcconaughey
©Netflix

Serenity, critique (et explications)

The Beach Butt.

De nombreux spectateurs ont découvert Matthew McConaughey avec Mud, Interstellar ou encore Killer Joe. Quand il était dans une belle phase de sa carrière en somme. Pourtant, il existe un autre McConaughey, plus jeune, que l’on se plaît à volontairement ignorer. Un McConaughey adepte de l’or, des rom coms ou encore des dragons. On pensait cette version de lui enterré au fin fond du Sahara. Peut-être pas tout compte fait, à moins que Serenity ne soit vraiment le dernier ride nanardesque pour le plus imprévisible des texans.

L’intro donne le thon…

Il est assez difficile de résumer Serenity. Tout commence sur un bateau, avec l’océan à perte de vue. Deux bateliers embarquent des touristes pour leur offrir la pêche de leur vie, jusqu’à ce qu’un animal indésirable se joigne à la fête. Pas un requin. Pas un piranha. Juste un thon. Un énorme thon, véritable némésis d’un Baker Dill (Matthew McConaughey) obsédé. C’est là le principal enjeu du film, ce poisson subtilement nommé “Justice”. Serenity ne serait qu’un jeu du chat et de la souris entre un thon massif et un pêcheur entêté ? Non. Bien rapidement, l’ex-femme de ce dernier refait surface et lui demande de tuer son présent mari, lequel serait violent avec elle et traumatiserait son beau-fils.

En apparence, Serenity est banal. Une ville portuaire, quelques plages de sable fin, une banale affaire de meurtre : rien de bien neuf à l’horizon. Pourtant, certains éléments clochent. Ce personnage avec une mallette par exemple, dont on ne sait pas vraiment ce qu’il fait là. Ou alors ces mouvements de caméra, perturbants et jurant avec le reste. Ou ne serait-ce pas tout simplement le nombre de fois où l’on voit les fesses de Matthew McConaughey, bien supérieur à la moyenne du genre ? Serenity semble mélanger plein de choses différentes, s’amuse avec le fond comme avec la forme. Il nous balade de personnage en personnage sans que l’intrigue n’avance beaucoup, ni que le spectateur s’ennuie à vrai dire. On prendrait presque plaisir à voir Baker Dill le choper ce foutu thon, entre deux parties de baise avec Constance (Diane Lane).

serenity netflix explication
Diane Lane et Matthew McConaughey, Serenity ©Netflix

Jusqu’à ce qu’un rebondissement de fou ne vienne plonger l’audience dans l’incompréhension la plus totale. Quittons un instant l’espace critique pour débarquer dans l’espace interprétation. Enfin, si interprétation il y a.

Spoiler : on en doute fortement.

Semblant d’explications

Cliquer ici pour rire un bon coup !

Vous voyez, ce mec à la mallette dont on ne sait pas à quoi il sert depuis le début du film, c’est lui qui fera basculer Serenity. Après une heure à courir après Baker Dill, il finit par réussir à lui parler et lui donne un item, gratuitement, pour l’aider à choper le poisson. “Item”, un mot bien choisi puisqu’il apprend au pêcheur (ainsi qu’à tous les spectateurs) que l’île de Plymouth, le lieu de l’action, est en fait un univers virtuel créé par le fils de Baker Dill. C’est ça, depuis le début du film, Baker Dill n’est qu’un personnage dans un jeu de pêche, d’où son obsession pour les objectifs (d’abord le poisson, ensuite le meurtre).

Ceci explique les mouvements de caméra originaux, qui rappellent l’apparition d’un PNJ “donneur de quête” ou l’ajustement de la caméra au stick dans un jeu vu à la troisième personne. Le problème, c’est que ces ajouts ne sont que trop rares et qu’ils ne servent qu’un twist digne d’un téléfilm des années 90.

La plus grande inconnue reste tout de même le “pourquoi ?”. Pourquoi un gosse créerait-il une simulation virtuelle dans lequel se trouve son père ? Pour trouver la force de tuer son beau-père. Car oui, cette partie-là est bel et bien réelle. Son beau-père est réellement violent avec sa mère, c’est pourquoi le jeunot s’est donné pour mission de le buter. Et il le fait. Suite à quoi son père, version virtuelle (la version réelle étant un soldat mort en Irak), lui dit que parfois, une mauvaise chose peut être une bonne chose. Vous avez dit pro-meurtre ?

Il y a énormément d’éléments qui paraissent encore plus étranges suite à ce rebondissement de milieu de film. Le garçon a-t-il réellement modélisé son père et sa mère en train de copuler ? Ou son père et Constance ? Le sexe de son père de manière plus globale ? Étrange. Très étrange.

1.5
S’il commence comme un thriller traditionnel et moyen, Serenity finit par se vautrer totalement à cause d’un twist totalement rocambolesque qui annihile tous ses enjeux tout en lui ajoutant une morale idiote. Cependant, Matthew McConaughey et Diane Lane nous livrent des prestations ultra sexy, totalement en décalage avec le ton, s’il en a un, du film. Involontairement drôle, Serenity se place déjà parmi les plus beaux nanars de l’année !

Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=UZfBupl-w7s
Plus d'articles
john wick 3 avis
John Wick – Parabellum, critique