Affiche de Outlaw King, un film de David Mackenzie ©Netflix
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Outlaw King (2018), la critique

Le roi hors-la-loi

Outlaw King (2018), un film Netflix : notre critique
Release Date
9 novembre 2018
Réalisateur
David Mackenzie
Casting
Chris Pine, Florence Pugh, Aaron Taylor-Johnson
Distributeur
Netflix
Budget
-
Our Score
4
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Sans qu’on ne comprenne trop pourquoi, les fresques historiques ont presque totalement disparu des écrans ces 20 dernières années. Le virtuose Gladiator de Ridley Scott enterrait le genre du péplum, incapable de renaître de ses cendres sous sa forme traditionnelle (ne parlons pas de 300), alors que Braveheart, du haut de ses 23 ans, reste la dernière grande incursion dans le médiéval épique. Deux époques pour une même incapacité depuis à faire du romanesque à grande échelle. Ce n’était clairement pas le terrain sur lequel on attendait Netflix, et pourtant il semblerait que le jeune prince Outlaw King soit le plus apte à reprendre le trône laissé vacant depuis des années.

Un simple coup d’oeil aux bandes-annonces de Robin des Bois, cuvée 2018, suffit pour constater que plus rien ne va dans le cinéma historique. Les metteurs en scène n’en ont strictement plus rien à carrer, préférant se vautrer dans la stylisation que dans l’élégance des fresques d’antan. David Mackenzie n’est pas de ceux-là. Son Outlaw King revendique une véritable forme d’authenticité, dans la droite lignée de ce que proposait Mel Gibson en 1995. D’ailleurs, plus qu’un genre, Braveheart et Outlaw King partagent un socle historique commun, au sujet de l’indépendance de l’Ecosse face aux Anglais, aux alentours du début du XIVème siècle. On y évoque d’ailleurs le rebelle incarné par Mad Mel à l’époque, qui sert ici de déclencheur au rayonnement d’un autre héros de l’époque, Robert de Brus, aussi connu sous le nom de Robert Ier, roi d’Ecosse.

On ne saurait pas vous dire si tout ce que raconte le film est véridique, nos connaissances en histoire sont trop limitées pour ça. En revanche, on peut dire que la reconstruction bénéficie d’un soin particulier. Les luttes de pouvoir vont de pair avec la boue, les problématiques fiscales de l’époque et les batailles sanguinolentes. Mackenzie expose un Moyen-Âge crédible, ou tout du moins convaincant, dans lequel le glamour n’a pas vraiment sa place. La photographie assez froide, crue, met parfaitement en valeur le travail effectué sur les costumes et les décors, comme en atteste une introduction qu’on ne serait pas fous de qualifier d’exceptionnelle. Sous la forme d’un plan-séquence long et fou, le réalisateur dévoile les principaux participants à ces jeux de pouvoir, les rapports de force qui les lient ainsi que le contexte. Tout est immédiatement compréhensible, on sait d’entrée de jeu dans quoi nous embarque David Mackenzie.

Là où Outlaw King se distingue vraiment de son illustre modèle, c’est justement dans la sobriété. On retrouve ce même appétit pour la violence et la crasse, à ceci près que Mel Gibson avait un regard bien plus hollywoodien, avec l’ampleur et toute la grandiloquence qui va avec. Ça ne retirait rien aux qualités de Braveheart, unanimement reconnu comme un chef d’oeuvre dès sa sortie. Outlaw King ne souhaite pas forcément jouer dans la même cour et, en adoptant une échelle plus réduite, joue l’économie sur certains aspects. Pas de grandes phrases, d’iconisation à outrance ou de mièvrerie excessive, David Mackenzie tente de marier impératifs de divertissements et réalisme du mieux qu’il peut, et pour la grande majorité du film, il le fait très bien. On regrettera un Edward II trop excessif et cabotin face à un couple Chris Pine / Florence Pugh au contraire très modéré. Personne n’est parfait après tout.

On pourrait croire que l'absence totale d'alternative nous pousse à être plus tolérants que de raison face à ce Outlaw King. Pourtant, c'est bel et bien à une oeuvre aboutie que l'on a à faire, offerte par un David Mackenzie complètement à contre-courant des blockbusters actuels. Loin de nous l'envie de le hisser à la même hauteur que Braveheart, le véritable étalon du genre, mais cette nouvelle fresque prend suffisamment de risques en 2018 pour remporter l'adhésion. Outlaw King ne relancera certainement pas une mode. Toujours est-il qu'il est plaisant de voir des réalisateurs s'adonner à ce cinéma "à l'ancienne".
On l'aime pour...
De la boue et du sang
La sobriété de la réalisation
Même si...
Quelques acteurs un peu en retrait
Ce n'est pas vraiment le retour des grandes fresques
4

Bande-annonce en VO

On pourrait croire que l'absence totale d'alternative nous pousse à être plus tolérants que de raison face à ce Outlaw King. Pourtant, c'est bel et bien à une oeuvre aboutie que l'on a à faire, offerte par un David Mackenzie complètement à contre-courant des blockbusters actuels. Loin de nous l'envie de le hisser à la même hauteur que Braveheart, le véritable étalon du genre, mais cette nouvelle fresque prend suffisamment de risques en 2018 pour remporter l'adhésion. Outlaw King ne relancera certainement pas une mode. Toujours est-il qu'il est plaisant de voir des réalisateurs s'adonner à ce cinéma "à l'ancienne".
On l'aime pour...
De la boue et du sang
La sobriété de la réalisation
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Quelques acteurs un peu en retrait
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