Feel Good - Netflix

La Revue des Séries #2

Au programme cette semaine : un krach boursier, du stand-up et une vie de famille mais sans Steve Urkel. C’est ce que Jade a prévu pour ces nouvelles recommandations séries !

BLACK MONDAY

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C’est fun, c’est kitsch, son scénario est si intelligent qu’il en devient rafraîchissant. Ça parle d’argent avec passion, c’est Black Monday ! Si vous n’avez toujours pas vu la première saison, il est encore temps de la rattraper puisque la seconde vient tout juste de commencer. Créée par Jordan Cahan et David Caspe (que j’aime particulièrement parce qu’il a créé l’une des seules sitcoms qui vaille le coup : Happy Endings), la série suit les combines d’une petite firme de Wall-Street, le Jammer Group, menant au krach boursier d’octobre 1987 communément appelé « black monday« . Avec, entre autres, Don Cheadle, Regina Hall, Casey Wilson, Andrew Rannells et Paul Scheer, tous et toutes plus charismatiques et talentueux-ses que jamais, dans les rôles principaux, vous commencez à vous douter qu’on est loin d’une série super sérieuse sur le cours du dollar ou le fonctionnement du marché d’actions.

Pure comédie noire, Black Monday mêle et entremêle à la perfection humour, trash et drame grâce à des dialogues incisifs, des relations interpersonnelles entre des personnages aussi humains que détestables, et un style sans pareil. Le glamour, les paillettes, la drogue, le danger… Cette comédie dresse un portrait tragique mais séduisant des hauts et des bas que le travail de l’argent apporte, à travers une intrigue si prenante qu’on aurait presque l’impression de suivre le cours de nos propres actions en bourse alors qu’on en a même pas. Servie par une direction artistique aux petits oignons, accompagnée d’une mise-en-scène au rythme effrénée et d’une bande-originale formidable, la série nous donnerait presque envie de faire partie du groupe de Mau’, Dawn et Blair, et de tous leurs plans foireux qui mèneront inévitablement au pire krach boursier de l’histoire (et à une Lamborghini à faire envoyer au garage au plus vite).

La saison 2 de Black Monday est diffusée en ce moment sur Showtime (aux US), mais est encore inédite sur nos écrans français.

FEEL GOOD

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Comédienne de stand-up canadienne en Angleterre, et addict en rémission, Mae Martin est à la fois le personnage principal de Feel Good et sa créatrice. Dramedy autobiographique en six épisodes d’une trentaine de minutes, la série nous plonge dans le quotidien de Mae alors qu’elle tombe éperdument amoureuse de Georgina, ce qui va engendrer questionnements et angoisses sur la nature de ses addictions. Dès le premier épisode on est directement plongé-e-s dans la tête de Mae et on navigue avec elle entre amour et contrôle, entre névroses et humour, entre honnêteté et mensonges. Dépeint par une jolie palette de couleurs toutes douces, empli de personnages fantasques et si humains, et parfois accompagné d’un bourdonnement aigu, le quotidien de Mae est aussi animé que la barre de recherche Google quand vous vous poserez la question « mais attend, c’est Lisa Kudrow ?« . Comme un petit cocon qui offre une bouffée d’air frais à notre cerveau et notre coeur, Feel Good est un concentré d’émotions et de sensations humaines en tout genre qui fait du bien en ces temps compliqués.

Originellement une série Channel 4, tous les épisodes sont disponibles sur Netflix partout en dehors de la Grande-Bretagne.


ONE DAY AT A TIME

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Si je disais qu’Happy Endings était une des seules sitcoms qui vaille le coup (à mon humble avis), c’est parce que One Day at a Time en est une autre. Basée sur la série à succès du même nom de 1975 de Norman Lear, la nouvelle version est développée par Gloria Calderon Kellett et Mike Royce. Alors que l’originale suivait le quotidien d’une femme blanche élevant seule ses trois enfants après son divorce, la version de 2017 explore les vies de Penelope Alvarez, mère célibataire d’origine cubaine, infirmière et ex-militaire, de ses enfants adolescents Alex et Elena, et de leurs abuela Lydia.

Reconnue (et récompensée) comme un portrait pertinent, important et touchant (et drôle ! C’est une sitcom je rappelle !) d’une famille issue de l’immigration dans l’Amérique contemporaine, la série aborde également des sujets aussi variés qu’universels mais toujours à travers le prisme bien spécifique qu’est être une personne latino aux Etats-Unis. Interprété-e-s par Justina Machado, Isabella Gomez, Marcel Ruiz et la grande Rita Moreno, les membres de la famille Alvarez sont passionnants à suivre tant ils sont simples et attachants même dans les épreuves les plus dures. Étant une sitcom, on pourrait avoir peur du côté vieillot de la série avec les rires et les multi-caméras, mais elle brille par sa singularité et son point de vue si moderne sur des choses aussi futiles qu’une recette de cuisine où choisir entre une robe et un costume. Et bien que One Day at a Time égaie notre vie, les scénaristes n’hésitent pas non plus à plonger dans des thématiques plus importantes et graves comme le deuil, l’homosexualité et le coming-out dans une famille latina, ou les troubles psychologiques (anxiété et syndrome post-traumatique sont abordés). Cette petite sitcom qui ne mange pas de pain est surprenante tant elle nous met face à nos failles, et du baume au coeur.

D’abord produite et diffusée sur Netflix, One Day at a Time s’est vue injustement annulée avant d’être repêchée par la chaîne Pop qui diffuse en ce moment sa quatrième saison.

On se retrouve dans deux semaines pour de nouvelles recommandations ! Avec, entre autres, le retour de Phoebe Waller-Bridge !

La caméra stylo à Hollywood : une étude en quatre blockbusters
Un dossier réalisé par Amaury Foucart