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La Famille Willoughby : une famille (pas si) folledingue

La Famille Willougby, c’est comme si l’histoire du dernier film d’Andreï Zviaguintsev était raconté avec l’humour cascadeur d’un Dreamworks. Une comparaison surprenante mais elle est indéniable. Après Klaus, racontant avec malice les origines du Père Noël, Netflix sort un nouveau film d’animation parfait pour divertir le jeune public. Pas sûr, en revanche, qu’il convaincra pleinement les adultes pour son ton faussement subversif.

Je rassure tout de suite. La Famille Willoughby n’a pas la noirceur absolue d’un Faute d’amour. Eh, après tout, on parle d’un dessin animé pour les bambins. Vous imaginez si un film animé racontait le désamour d’un couple de parents envers les enfants, avec des images évoquant la mort ? Ah. c’est le cas en réalité, au départ. Ce film d’animation réalisé par Kris Pearn et Cory Evans démarre par ce prémisse. On suit une famille excentrique vivant dans un étrange manoir, où les parents s’éclatent dans l’oisiveté et délaissent leurs progénitures. Ces enfants, en manque de nourriture mais surtout d’amour, vont alors prendre les devants et vont se décider à commettre l’irréparable : se débarrasser de leurs parents.

A vrai dire, le sommet d’irrévérence s’effectue par la narration de l’histoire par un chat doublé par Ricky Gervais. Donc il est à zéro.

Un pitch inattendu, prometteur, qui aurait pu swinger avec le tempo sans temps mort qu’apporte l’animation au film. L’humour fait mouche, on reconnaît bien l’implication d’un réalisateur ayant travaillé pour Tempêtes de boulettes géantes 2 (pas le meilleur, d’accord, mais quand même). Malheureusement, cette méchanceté promise retombe vite comme un soufflé. En ce sens, nous sommes bien dans le ton si inoffensif que peut avoir une production Netflix. A vrai dire, le sommet d’irrévérence s’effectue par la narration de l’histoire par un chat doublé par Ricky Gervais. Donc il est à zéro.

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Petit à petit, ce qui aurait pu être une farce affreuse, sale et méchante dérive une fable sentimentaliste sur les bienfaits de la vie familiale. Est-ce une mauvaise chose ? Pas nécessairement. Le film évite le conservatisme de la famille parfaite et s’avère même exemplaire en rendant visible les différents types de familles. Ce qui dérange principalement n’est pas tant son message, positif, mais plus le sentiment de voir un film qui ne sait pas réellement trouver sa tonalité. On se retrouve finalement devant un Tim Burton qui a la morale d’un Walt Disney, donc une sorte de Dumbo en fait.

Inoffensif mais attachant
On ne vous recommandera pas les Willoughby comme un sommet d'originalité ou de subversion. On vous le recommande plutôt comme une agréable pause-récré d'1h30 sans temps mort. En plus, y'a Maya Rudolph et Terry Crews au casting vocal, comment résister ?
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Bande-Annonce

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