Family Business : Critique de la saison 1

Les séries françaises et Netflix, ça n’a jamais fait bon ménage. Marseille et Plan Coeur apparaissent comme des mauvais souvenirs et il fallait encore chercher la série qui nous sauverait de cette poisse infinie. C’est alors que Igor Gotesman, réalisateur de Five, va arriver. Avec Family Business, où quand Breaking Bad rencontrent les vannes de Serge le mytho, il va tenter de briser cette malédiction avec Jonathan Cohen et Gérard Darmon. Pari réussi ? En tout cas, nous, on a plané devant !

Le pitch est tout simple : Pour sauver leur boucherie, une famille va tenter de se reconvertir à la culture du cannabis suite à une fuite annonçant sa légalisation en France. Privilégiant un format court, avec six épisodes durant chacun une demi-heure, Gotesman sait se montrer efficace pour cette histoire. Malgré quelques écarts en fin de parcours qui accumulent les rebondissements sans s’attarder sur leurs conséquences, on s’attache immédiatement à cette famille débrouillarde face à des situations qu’ils n’ont jamais connus autrefois. Gotesman filme des personnages simples, aux enjeux dramatiques permettant très facilement l’identification de la part des spectateurs. Le fils de la famille veut sortir de sa condition de loser tandis que la soeur rêve d’indépendance à l’étranger. Quant au père, il veut transmettre son métier à ses enfants et a du mal à se faire à la disparition de sa femme.


Family Business

Le duo formé par Jonathan Cohen et Gérard Darmon, est fabuleux.

Difficile d’abandonner cette famille en cours de route par cette empathie, surtout avec un tel casting. Même en ignorant l’intrigue, il est pas impossible d’être seulement captivé par la classe impériale des comédiens. Le duo formé par Jonathan Cohen et Gérard Darmon, est fabuleux. Cohen garde son côté Serge le mytho mais y apporte une dimension plus grave qui nous rappelle son incursion chez Mickaël Hers dans Amanda. Mais c’est surtout Gérard Darmon, roi du cool à la française, qui expose toute sa classe. Sorte de clown triste de la série, son personnage de boucher veuf tentant de survivre coûte que coûte nous émeut à chaque instant comme le montre une séquence où intervient Valérie Damidot. Liliane Rovère, vue dans Dix Pour Cent, et Julia Piaton crèvent l’écran et dépassent très rapidement le statut de sidekicks face au duo principal.

On reconnaît les défauts à cette série : Son overdose de rebondissements, une écriture trop programmée (chaque épisode se termine sur un cliffhanger), et son humour scato trop souvent inutile. Mais Family Business apparaît comme la tentative la plus sincère d’un auteur français pour une série Netflix. Sobre et efficace, on a aimé planer aux côtés de cette famille qu’on espère retrouver bientôt.

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