Zoe (Drake Doremus, 2018), couverture
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Zoe (Drake Doremus, 2018) : la critique

L’amour et l’intelligence artificielle, la robotique, ont une certaine alchimie au cinéma. Her, Blade Runner, Ex Machina, de nombreux films ont déjà abordé la question de manière plus ou moins directe, sans jamais apporter de réponse définitive (parce qu’on n’est jamais là pour ça). Zoe, une production Netflix, tente d’apporter sa petite contribution avec un joli casting et une photographie « à la Sundance ». Est-ce bien suffisant ?

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La critique de Zoe, par Alexandre

Les robots peuvent-ils avoir des sentiments ? Peut-on être en couple avec un robot ? Les robots ont-ils une conscience ? Oui, en 2018, après un siècle de science-fiction, Zoe remet ce genre de problématiques sur la table, sans y apporter la moindre forme d’originalité. Filmé comme une pub Google, le film de Drake Doremus part de fondations solides pour ne rien bâtir par-dessus, ou en tout cas rien qui n’ait pas déjà été fait avant. Le fait est que Zoe mélange un peu tout.

Drake Doremus a pris sa grosse marmite et y a jeté l’amour, la technologie, les systèmes de rencontre, les pilules illusoires et ainsi de suite. Problème : en ne se focalisant pas sur un sujet en particulier, le réalisateur manque l’occasion d’être pertinent et ne fait que rester à la surface des choses. Chaque thématique, prise à part, a déjà eu droit à son heure de gloire sur un écran. On pense notamment à Hang the DJ, épisode mémorable de la série Black Mirror, quand les deux parties du couple se mettent à se morfondre avec d’autres partenaires chacune de leur côté.

Et si encore Zoe était bien joué, pourquoi pas. Après tout, chaque année on s’extasie devant des super-héros et des explosions, l’originalité n’est pas le seul critère pour apprécier un film. Difficile cependant de s’emballer devant le jeu niais de Léa Seydoux, qui nous sort son habituelle panoplie de mimiques insupportables et son plus bel air de parfum Louis Vuitton. Le constat est moins dur pour Theo James et Ewan McGregor, qui ne font qu’exister à l’écran, sans pour autant irriter. Quant à l’aspect visuel, on retrouve les mêmes cadrages en boucle sur des scènes qu’on a déjà vues partout, avec en bonus le filtre Gingham d’Instagram. Ce n’est pas laid, c’est juste tellement convenu que ça en devient chiant comme la mort.

Et une production sans ambition de plus pour Netflix, une ! Ça nous fait du mal de dire ça, mais en distribuant de l’argent à tour de bras sans assurer un certain suivi derrière, l’entreprise empile les long-métrages anecdotiques à un rythme effréné. Zoé, s’il n’est pas totalement catastrophique, illustre parfaitement cette tendance, en étant aussi vide que le regard de Theo James et consistant que le jeu de Léa Seydoux. 4 mois après Annihilation, il est presque douloureux de subir ça.

Toutes les images appartiennent à ©Netflix.

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