Critique de The Night Comes For Us (Timo Tjahjanto, 2018) sur Netflix
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The Night Comes For Us (2018), la critique

Affiche de The Night Comes For Us (Timo Tjahjanto, 2018) sur Netflix
Release Date
19 octobre 2018
Réalisateur
Timo Tjahjanto
Casting
Iko Uwais, Joe Taslim, Julie Estelle
Distributeur
Netflix
Budget
-
Our Score
2.5

S’il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une sacrée coïncidence, voir débarquer The Night Comes For Us une semaine après Le bon apôtre peut prêter à sourire. Ne cherchez pas le moindre rapport entre les deux films, il n’y en a aucun. En revanche, leurs réalisateurs sont liés par une sorte de rivalité bon enfant. Gareth Evans est en effet à l’origine de The Raid, véritable révolution du cinéma d’action sortie en 2012, et Timo Tjahjanto essaie tant bien que mal de réitérer ce succès. Headshot fut un premier essai moyennement convaincant, laissant croire que Timo resterait dans l’ombre du maître sans jamais l’égaler. Pourtant, The Night Comes For Us pourrait bien lui permettre de voir ses efforts récompensés…

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The Night Comes For Us, encore plus fort que The Raid ?

Lors de sa sortie il y a 6 ans, The Raid eut un effet très positif sur le genre martial. Pas uniquement parce que les chorégraphies étaient les plus impressionnantes vues depuis longtemps, mais parce que le film faisait preuve d’une rare sobriété. Le scénario était aussi mince que la structure du long-métrage, que l’on qualifie toujours de virtuose aujourd’hui. Souvent copié, jamais égalé comme on dit, même par sa suite risquée. The Night Comes For Us apporte enfin une réponse au premier uppercut de Gareth Evans, tout en évitant la copie pure et simple.

Le schéma est similaire. L’histoire, simple, n’est qu’un prétexte à une débauche d’ultraviolence. Les trafiquants sont ici remplacés par la triade, pour un one man army (et quelques alliés) débridé. C’est plutôt dans l’esthétique que les différences commencent à se montrer. The Raid se voulait réaliste, efficace. Gareth Evans exposait aux yeux du monde le talent sans bornes du génial Iko Uwais (beaucoup moins bien exploité quand il est dirigé par Peter Berg), jamais mis à mal par les décors, minimalistes, ou la présence de sang, réduite à son strict minimum. On privilégiait la technicité, l’impact.

The Night Comes For Us fait le pari inverse. La photographie est moins fade, les environnements beaucoup plus chargés. La violence se veut plus cartoonesque, plus stylisée. Le sang gicle, les corps se démembrent. Le film de Timo Tjahjanto est une spirale gore sans fin, un véritable buffet pour amateurs de bastons chiadées, au point d’en faire presque trop. « Presque » car il serait ingrat de faire la fine bouche devant le déploiement d’une telle inventivité pour satisfaire nos plus bas fantasmes, aussi bien dans les plans choisis que dans le raffinement des exécutions. Dès lors, on se demande quand même à qui se destine The Night Comes For Us, tant l’exercice se rapproche plus d’une foire aux bouchers que d’un simple film d’action.

Sans non plus être conceptuelle, cette descente aux enfers indonésienne se fout des conventions de rythme pour en faire des tonnes et des tonnes. Forcément jouissif, le résultat est aussi très limité et bien que deux heures d’étalage de barbaque fraîche soient toujours bonnes à prendre, surtout aussi bien shootées, on se demande un peu si la formule The Raid ne devrait pas rester orpheline.

The Night Comes For Us n'a pas de réel défaut, en dehors de sa lourdeur quand il s'agit d'étoffer les personnages. Il n'a pas de réel défaut, et pourtant, passé le(s) choc(s), il est difficile d'en retirer une vraie satisfaction. Il est indéniable que le film de Timo Tjahjanto parvient à s'émanciper de son modèle, mais pour aller où ? Pas bien loin. Là où il y a du sang, quelques néons et une véritable passion pour l'amoncellement de cadavres. Headshot est bien évidemment battu. Par contre, The Raid peut continuer à dormir sur ses deux oreilles.
On l'aime pour...
La proposition ULTRA radicale
Le charisme de Iko Uwais et Joe Taslim
Même si...
C'est juste un showcase d'exécutions
Les enjeux inexistants
2.5

Bande-annonce

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