Tel Père (Netflix, 2018), couverture
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Tel Père (Lauren Miller Rogen, 2018) : la critique

Il y a quelques jours, nous avions évoqué les vacances extrêmes proposées par David Farrier et Netflix. Après les sensations fortes, place au repos avec la croisière offerte dans Tel Père. Première réalisation de Lauren Miller, cette comédie dramatique menée par Kristen Bell et Kelsey Grammer est tout aussi solaire que l’est ce voyage touristique.

Bande-annonce en VO

La critique de Tel Père par Victor

On pourrait créer un nouveau sous-genre de la comédie : le « film de vacances ». Nombreux sont les auteurs qui ont souhaité embarquer leurs personnages dans de belles aventures. Depuis quelques années, de plus en plus de films se servent de ces pauses annuelles pour créer des héros en quête d’introspection. Et quand on commence Tel Père, on peut penser automatiquement à deux films : Sans Sarah, rien ne va, où le décor exotique aidait Jason Segel à surmonter sa rupture amoureuse ; tandis que Larguées offrait des vacances délirantes à Camille Cottin, Camille Chamoux et Miou-Miou cette année.Toutefois, ici, il n’est pas question de vacances délirantes mais d’une séance de retrouvailles sensibles entre un père absent (Kelsey Grammer) et la fille qu’il a abandonnée, devenue jeune femme carriériste (Kristen Bell). À l’horizon, rien de bien nouveau. Attendez-vous à des réconciliations en tout genre et à des moments d’attractions touristiques amusants. Mais il y a quand même un sentiment de mélancolie prégnant tout le long du film, qui devient une véritable plus-value à l’histoire. Comme le souligne le titre, Tel père, il y est question d’héritage dans le sens de reproduire les mêmes erreurs que nos parents et à ce titre, le film s’avère particulièrement touchant. Ce qui était d’abord une confrontation tendue entre un père et sa fille longtemps perdue devient rapidement un rapport complice attendrissant. Car, ici, les vacances servent à ça, à se ressourcer et à faire des activités entre proches. La réalisation le sait et n’en fait jamais des tonnes. Elle se repose avec ses personnages, sachant capter instantanément leur entente cordiale sans délaisser la gravité de certaines situations (où il est question notamment de la maladie d’Alzheimer).D’ailleurs, l’Alzheimer est un sujet cher à la réalisatrice. Fondatrice de la société Hilarity for Charity (un grand show comique dont les fonds sont destinés à aider les personnes atteintes de la maladie), il est difficile d’ignorer le poids que Lauren Miller a voulu donner à la maladie dans Tel Père. Il ne s’attarde pas excessivement sur ce sujet. Il surgit davantage comme un rebondissement à l’intrigue concernant le passif du personnage joué par Kelsey Grammer. Mais au final, cette tournure renvoie directement à la démarche entreprise par Lauren Miller : provoquer le rire et la tendresse pour mieux évoquer ensuite l’importance d’un sujet aussi grave.

Enfilez vos lunettes de soleil et mettez de la crème solaire, Tel Père offre 1H40 de vacances ensoleillées. Des vacances où l’on n’oublie pas forcément les soucis du quotidien, mais qui ont le mérite de vous offrir des moments mémorables, entre karaokés sur Styx et baignades en cascade. Lauren Miller livre un voyage véritablement doux, porté par d’excellents Kelsey Grammer et Kristen Bell.

Toutes les images appartiennent à ©Netflix.

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