Alors que A tous les garçons que j’ai aimés continue de faire fureur sur les réseaux sociaux, Netflix dégaine sa deuxième arme de romantisation massive de fin d’été avec Sierra Burgess is a Loser, rom com tendance teen movie (tiens donc) dont le sujet principal n’est pas sans rappeler l’un des derniers ratés de Netflix en matière de production. Heureusement pour nous, Ian Samuels l’aborde sous une approche différente, bien plus saine sans toutefois éviter les écueils…

Bande-annonce

La critique de Sierra Burgess is a Loser sur Netflix, par Alexandre

On pourrait presque copier coller notre critique de A tous les garçons que j’ai aimés tant les deux films sont proches, tout du moins sur la forme. La musique, la photographie, le rythme, Sierra Burgess is a Loser semble en être le digne rejeton, même si tous ces aspects sont ici moins fignolés. On pense notamment à tout l’aspect visuel, beaucoup moins léché ici qu’il ne l’était chez Susan Johnson. Sur le fond, c’est quelque peu différent. Il est toujours question d’une situation rocambolesque et de quiproquos, parce que ça plaît aux jeunes visiblement.

Sauf que la timide Lara Jean laisse sa place à la beaucoup moins sophistiquée Sierra Burgess, une lycéenne un peu ronde qui se retrouve bien malgré elle dans une situation qui l’arrange. Tout ce qui fait le charme d’un bon petit teen movie est là, absolument tout. Sauf que la sauce a du mal à prendre. Voyez-vous, c’est bien et bien l’apparence le sujet ici, et le fait d’être hors-normes et naturellement, l’objectif du réalisateur est de nous faire ressentir de l’empathie pour Sierra Burgess. Mais comment s’attacher à un personnage qu’on veut faire passer pour sympathique alors qu’il ne semble pas l’être du tout ?

Comme le lui dit sa conseillère, Sierra Burgess n’a rien de spécial, et si cette remarque peut paraître sévère au moment où on l’entend, ce sera vérifié dans l’heure qui suit. En dehors de son aspect physique sur lequel le film insiste beaucoup, Sierra Burgess est on ne peut plus banale, quand elle ne lorgne pas méchamment vers le désagréable. Après tout, c’est l’histoire d’une nana qui se sert des autres, ment et fait une belle crasse à sa nouvelle amie pour littéralement que dalle. Montrer un personnage qui tombe amoureux, c’est bien. Montrer un personnage creux qui tombe amoureux, c’est osef. C’est dans cette indifférence totale que réside la grande différence avec les aventures de Lara Jean, la relation entre les deux adolescents n’est jamais rendue intéressante.

Pire encore, la star du film ne devrait pas être Sierra Burgess, mais Veronica, le canon populaire du lycée. C’est le seul personnage qui est réellement développé et qu’on apprend à connaître au fil des minutes, pour finir par l’apprécier. Faire un film sur une adolescente ronde et se retrouver à mieux écrire une blonde mince : un comble, non ?

Le début de Sierra Burgess is a Loser est des plus convenables et globalement, le film se laisse suivre (grâce à cette curiosité qui nous pousse à vouloir savoir comment ça se termine), mais au fil des minutes, il s’effondre. Sierra Burgess is a Loser n’est pas honteux, loin de là. Il satisfera tous les spectateurs avides de rom com pour adolescents. Mais on ne peut s’empêcher de penser qu’avec un meilleur traitement de son « héroïne », le film aurait pu jouer des coudes avec A tous les garçons que j’ai aimés. On notera tout de même que Noah Centineo a tout pour devenir le Zac Efron ou le Robert Pattinson de cette génération, Netflix tient une bombe à retardement entre ses mains !

Toutes les images appartiennent à ©Netflix.

Sierra Burgess Is a Loser Couverture du livre Sierra Burgess Is a Loser
Ian Samuels
Shannon Purser, Kristine Froseth, Noah Centineo
Netflix
7 septembre 2018
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Un cas d'identité erronée se traduit par une romance inattendue lorsque la fille la plus populaire du lycée et le plus grand perdant doivent se rassembler pour conquérir leurs coups de cœur.

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