« Encore un film chiant avec des new-yorkais qui s’ennuient ! », cette phrase qui pourrait être sortie par le rédac-chef de GTP serait le plus simple a-priori vis-à-vis de Private Life, nouveau film de Tamara Jenkins disponible exclusivement sur Netflix. Après tout, ça se passe à Manhattan, les personnages principaux sont des gens parlant sans cesse de culture mais l’intelligence de Jenkins est de faire-fi de ces clichés pour livrer une histoire chaleureuse et complexe.

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Bande-annonce

L’avis de Victor sur Private Life

De retour après 12 ans d’absence, Tamara Jenkins apporte un nouveau souffle au cinéma indépendant new-yorkais. N’y cherchez pas les éternels références aux névroses jazzy de Woody Allen ou aux déambulations chaotiques des films de Schatzberg. Ce qui intéresse Jenkins avec sa caméra, c’est capter l’intimité de personnages dans toute sa complexité. Les choses paraissent si simples dans le cadre, on dialogue en champ/contre-champ et rien d’autre. Le film n’est pas là pour fantasmer une ville ou des lieux, juste à raconter une chronique de couple et c’est en ça qu’il montre son cœur. Private Life serait à mettre du côté du cinéma d’Ira Sachs, aussi intéressé par la facilité que les incidents peuvent prendre sur les liens sociaux entre individus. A la différence que contrairement au didactisme du cinéma de Sachs montrant explicitement les tensions par un jeu d’acteur particulièrement lyrique, Jenkins préfère dérouler naturellement les événements dans une narration simple et linéaire.

Richard et Rachel vivent en couple depuis des années. Leur souhait le plus fort est simplement d’avoir un enfant, en dépit de problèmes de fertilité. C’est alors que l’arrivée soudaine d’une étudiante, Sadie, dans leur vie pourrait changer leur situation. Tout laisse penser à ce que le déroulement soit en pilotage automatique. Sadie aide le couple à concevoir un enfant et tout irait pour le mieux ? Ce serait trop simple pour Jenkins, qui privilégie la complexité des sentiments à la facilité de la fiction. A ce titre, il faut saluer l’alchimie naturelle du couple joué par Paul Giamatti / Kathryn Hahn. Chacun apporte une nonchalance, entre mélancolie et humour, à ces personnages. On rit beaucoup, mais jaune face à la difficulté des situations. Par le biais de la comédie, une note d’espoir s’offre constamment à ces héros, interdisant constamment au film de sombrer dans le cynisme pur.

On termine Private Life avec une certaine mélancolie, une impression d’avoir vu un film chaleureux mais qui nous laisse avec une incertitude quant à l’avenir des personnages. Néanmoins, partager ce moment de vie privée avec ce couple ordinaire met du baume au cœur du spectateur.

Toutes les images appartiennent à ©Netflix.

Private Life Couverture du livre Private Life
Tamara Jenkins
Paul Giamatti, Kathryn Hahn, Emily Robinson
Netflix
5 octobre 2018
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Un couple de quarantenaires ayant tout essayé, sans succès, pour avoir un enfant retrouve soudain espoir à l'arrivée d'une nièce.

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