UN PILOTE DANS L’CAISSON // Altered Carbon, sur Netflix

De Sense8 à Bloodline, en passant par Dark, Orange in the New Black et d’autres, Netflix a su prouver en quelques années qu’elle était parfaitement à la hauteur de HBO et consorts en matière de séries. Si l’entreprise se cherche toujours un véritable porte-étendard façon Game of Thrones, elle est tout de même capable de nous pondre régulièrement des productions plus mineures certes, mais pas inintéressantes pour autant. Au visionnage du pilote de Altered Carbon, on peut vous affirmer que la nouvelle série ne fait définitivement pas partie de cette catégorie.

Bleed Runner

Futur noir, néons à chaque coin de rue, trottoirs crasseux : Altered Carbon est un fier descendant de Blade Runner. L’inspiration est évidente et on se doute qu’elle l’était déjà dans le roman paru en 2002. L’univers dépeint par le pilote suinte le cyberpunk par toutes ses pores, pour le meilleur et pour le pire. Ceux qui ont visionné Blade Runner 2049 cette année seront peu surpris. Le terrain leur semblera trop familier, bien que les deux œuvres jouent à deux niveaux d’épure différents. En embarquant Roger Deakins, Denis Villeneuve s’est offert un Blade Runner lisse comme jamais, aux décors magistraux et grandiloquents. Altered Carbon semble adopter une approche plus « brute », plus terre-à-terre. Une approche confirmée par un personnage principal nettement moins raffiné que celui de Ryan Gosling.

Takeshi Kovacs (Joel Kinnaman et ses fesses) est un habitué de la castagne. Il grogne et mord toujours. Violent, ce pilote l’est, assurément. Pourtant, il est loin d’être nerveux. Une heure complète pour lancer une intrigue, c’est long. Ce premier épisode joue à fond la carte du cryptique en tirant au maximum sur la ficelle. Les moins patients décrocheront rapidement en constatant qu’il y a finalement bien peu à se mettre sous la dent à la fin de l’épisode. Une simple enquête policière ? Probablement pas. Ou en tout cas, peut-être dans un premier temps, avant de voir la série évoluer vers quelque chose de plus ambitieux.

Parce que pour le reste, Altered Carbon coche toutes les bonnes cases. Netflix a du aligner un sacré paquet de brouzoufs pour s’offrir pareille série. La réalisation est punchy, les effets spéciaux convaincants. Derrière, il y a une véritable envie de se faire plaisir visuellement, en soignant chaque détail de l’univers dépeint. Dommage que les scénaristes ne donnent pas plus de matière à digérer en 60 minutes, le risque étant de perdre de l’audience avant même que les choses sérieuses ne commencent.

Production soignée, casting alléchant, univers séduisant, le pilote de Altered Carbon est quasiment une réussite. Si chez Good Taste Police, on continuera la série avec plaisir (ne serait-ce que pour revoir encore une fois les fesses de Joel Kinnaman), il est difficile de qualifier cet épisode comme prenant. Seul l’univers permet d’accrocher ou non à la formule assez lente (mais dynamique, paradoxalement) de l’ensemble. 

Générique d’intro

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