Le Paquet (Netflix, 2018), couverture
©Netflix

Le Paquet (Jake Szymanski, 2018) : la critique

Chibre, poutre, phallus, zob, zgeg, dard, quéquette : les façons d’appeler un sexe masculin ne manquent pas et il n’y aurait même pas assez de place dans cette intro pour tous les citer (loin de moi l’envie de vous rediriger vers un Topito, mais bon…). Ce qui laisse l’embarras du choix au Paquet de Netflix pour déconner sur son improbable synopsis et asséner au spectateur une ribambelle de blagues de bites toutes plus puériles les unes que les autres. Croyez-moi, vous n’avez encore jamais entendu le mot « dick » autant de fois dans un film. Vraiment.

Bande-annonce

La critique du Paquet sur Netflix, par Alexandre

On se souvient tous de cette intro de Mary à tout prix, où un jeune Ben Stiller se coinçait le set trois pièces dans sa braguette. Une scène mémorable, digne des frères Farrelly d’antan, et vestige d’une époque révolue. Celle des American Pie, Harold et Kumar et autres farces polissonnes dont le cul et la jeunesse étaient le centre névralgique. Sans en être un digne héritier, Le Paquet s’inscrit totalement dans l’héritage de ces comédies populaires qui n’ont jamais vraiment réussi à s’adapter aux moeurs modernes. Il y a bien eu les deux Jump Street ou encore Baywatch, trois exemples de comédies capables d’utiliser les blagues de bites à bon escient, mais guère plus.

Sans mauvais jeu de mots, Le Paquet met le paquet sur ces blagues (©Victor). Il est impossible de citer 30 secondes de dialogue du film dépourvues du mot « dick ». Les « dick jokes » sont utilisées à toutes les sauces, à tout va, et si elles ne marchent pas toutes (loin de là), je n’ai pas pu m’empêcher de pouffer de rire comme un vieil ado bourré lors de certains passages. Le running gag de la fleur, l’apparition de Michael Eklund, le final sur du Britney Spears en mode Spring Breakers (mais sans le talent), autant de scènes éminemment régressives et donc forcément hilarantes qui font de ce Paquet un moment pas si désagréable.

En revanche, je déconseille le film à toute personne qui ne peut supporter de voir un zboub tranché à longueur de temps. Il y a un nombre incalculable de plans qui lui sont entièrement dédiés, trop pour ne pas finir par écœurer un chouia. Sans parler de la réalisation complètement anecdotique et la prévisibilité des situations, qui n’empêche pas pour autant d’en rire. Après tout, Netflix est abonné à ce genre de constat, moins gênant ici que devant d’autres genres de films.

« C’est con mais c’est bon ». C’est typiquement le genre de phrase que l’on pourrait sortir à la fin du générique du Paquet. Avec ce deuxième film, Jake Szymanski élève la blague de bites au rang d’art et nous fait comprendre qu’il reste toujours une place pour ce genre en 2018. Peut-être pas au cinéma, mais clairement à la télévision ! 

Toutes les images appartiennent à ©Netflix.

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