Pour sa première incursion chez Netflix, le créateur de la série Kenny Powers et du film Observe and Report, injustement méconnu en France, revient filmer une histoire d’un personnage typique de l’Amérique. Exit les has-been du base-ball et autres apprentis flics malsains, place dorénavant à Josh Brolin en chasseur de cerf dans My Deer Hunter Dad, une comédie qui manque partiellement le coche.

Bande-annonce VOST

La critique de My Deer Hunter Dad, par Victor

Les premières minutes annonçaient quelque chose d’hilarant : Une présentation du show présenté par Buck, un pastiche très juste de toutes ces émissions que l’on peut retrouver sur nos chaînes de télé avec un doublage français ridicule sur CSTAR ou RMC Découverte. Buck, c’est un peu le Rick Harrison de Pawn Star (Repose en paix, « Old Man »…) ou ces gens qui guettent les « Storage » ou les antiquités dans toute l’Amérique. Sauf que Buck, ainsi que son caméraman Don, leur passion, c’est de chasser le cerf. Et s’il a envie de transmettre sa passion à des téléspectateurs, sa mission la plus importante reste de la transmettre à son jeune fils, avec qui la relation est plus que tendue suite à un divorce.

My Deer Hunter Dad donne l’impression d’assister à une version redneck de La Vie Aquatique (de Wes Anderson, sorti en 2004). Josh Brolin remplace Bill Murray pour vivre isolé de tous dans le monde qu’il met perpétuellement en scène. Plus le vernis est gratté, plus on découvre la déchéance de la vie de Buck. De ce postulat, Jody Hill aurait pu signer une charge terrible mais rempli de tendresse sur cette figure cassée de l’Amérique : Buck reste figé dans ses traditions et veut les inculquer à son fils sans jamais réussir. Il y a même un certain malaise à voir toute cette passion des armes à feu chez ces personnages. Cependant, la forme qu’adopte Hill dans l’écriture laisse à désirer : on se trouve confronté davantage à une comédie dramatique prévisible plus qu’à une pure satire féroce et de ce fait, on sait éperdument à quoi s’attendre et la chasse pour le spectateur devient celle à la surprise.

La seule surprise est le remarquable talent comique de Josh Brolin. Il a su nous faire rire dans le rôle de Cable dans Deadpool 2 mais il restait encore cantonné à sa figure d’homme bourru et viril. Ici, il met à mal cette image et parvient à se montrer aussi amusant que touchant dans cette satire.

C’est prévisible et très dispensable dans la filmographie de Jody Hill (Observe and Report est peut-être plus intéressant dans le côté malaise) mais My Deer Hunter Dad parfait pour se vider la tête le temps d’une soirée. D’une courte durée (1h23), cette partie de chasse se regarde tranquillement sans non plus marquer les esprits.

Pour aller plus loin (par Alexandre)

Habitué à voir Josh Brolin jouer des gros durs, on ne le soupçonnerait pas doué pour la comédie. Et pourtant, comme le dit Victor, même Deadpool 2, dans lequel il joue forcément un gros dur, l’acteur dévoile en partie son potentiel. Vous aviez loupé notre critique à l’époque ? Non mais dites donc, cliquez juste ici pour rattraper ce manque !

My Deer Hunter Dad (VO : The Legacy of a Whitetail Deer Hunter) Couverture du livre My Deer Hunter Dad (VO : The Legacy of a Whitetail Deer Hunter)
Jody Hill
Josh Brolin, Danny McBride, Scoot McNairy
Netflix
6 juillet 2018
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Le grand chasseur Buck Ferguson et son fidèle caméraman passent un week-end dans la nature pour renouer avec le jeune fils de Buck.

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