Critique, Mute de Duncan Jones

CRITIQUE // Mute, de Duncan Jones

Et un de plus, un ! Duncan Jones pouvait-il prendre un autre chemin que celui emprunté par David Ayer et Julius Onah avant lui ? On en doute. Mute vient de rejoindre la liste grandissante de productions Netflix que l’on se plaît à démolir sur Internet, en s’offrant un magistral score de 8% sur Rotten Tomatoes. C’est peu. Ça n’a pas tu nos attentes pour autant, nous qui étions impatient de découvrir la création la plus personnelle du fils de David Bowie. Et promis, ce sera le seul jeu de mots sur le mutisme que nous ferons pendant cette critique !

Bande-annonce

Ce qu’on a pensé de Mute

C’est l’histoire d’un Amish muet qui cherche sa copine aux cheveux blancs dans un Berlin rétro-futuriste, parallèlement à la fuite d’un psychopathe chirurgien des bas fonds, impatient de retourner aux Etats-Unis. C’est littéralement le scénario de Mute. Un scénario simple mais chaotique, prétexte à des scènes étrangers, bizarres, presque sans aucun sens. Un scénario qui ne fait rien de son background à la Blade Runner, la pluie en moins, la maladresse en plus. Etait-ce bien nécessaire de toute façon ? Entre 2049, Altered Carbon et toutes les oeuvres qui chaque année nous rappellent que Ridley Scott a marqué le genre de la hard SF au fer rouge il y a plus de 35 ans, doit-on encore se farcir les présentations du néo-noir ?

Ici, le background n’est qu’un prolongement des dérives que la société connaît. C’est une simple toile de fond, qui est d’autant plus facilement intégré qu’elle n’est pas expliquée. Duncan Jones lance quelques pistes au travers de dialogues, sur l’expansion de l’Allemagne, sur l’immigration, mais guère plus. Et il fait bien de ne pas s’étaler là-dessus. C’est de l’ordre du contexte, rien de plus. Juste de quoi pouvoir poser un pied dans cet univers étrange, où les styles se multiplient et la débauche règne. Mute pourrait être une simple romance errante dans un monde malade. La parfaite illustration du silence forcé au milieu d’un brouhaha constant. S’il n’était que ça, le film serait déjà une bonne pioche, parce qu’il touche beaucoup en parlant peu.

Sauf que Mute va bien plus loin, grâce aux personnages de Paul Rudd et Justin Theroux, les cautions borderline du film de Duncan Jones. Le réalisateur s’intéresse à la famille, et surtout à la paternité. Qu’est-ce qui fait un père ? Quel est son rôle ? Peut-on le substituer ? Comment faire sans lui ? Du classique, mais surtout du sincère, venant d’un réalisateur marqué par le deuil.

Mute n’a pas besoin d’étaler les trouvailles technologiques ou de faire des plans séquences dantesques pour offrir de la science-fiction séduisante. Duncan Jones raconte avant tout une aventure humaine et ne s’embourbe pas dans les propos philosophiques à deux balles typiques du genre. La narration et le manque d’explications pourront dérouter, mais cela n’affecte en rien la rudesse du récit et sa dimension tragique. Mute n’a rien de divertissant ou agréable, mais c’est un foutu bon film.

Détails

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Critique, Mute de Duncan Jones

Réalisateur : Duncan Jones
Casting : Alexander Skarsgård, Paul Rudd, Justin Theroux
Distributeur : Netflix
Date de sortie : 23 février 2018
Budget : –

Le baromètre Good Taste Police :
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[powerkit_tab title= »Résumé »]
Dans un proche avenir, Leo est barman dans un Berlin en pleine ébullition. A cause d’un accident survenu dans son enfance, Leo perd l’usage de la parole et ne vit plus que pour sa séduisante petite-amie Naadirah. Quand elle disparaît sans laisser de trace, Leo se met à sa recherche et se retrouve dans les bas-fonds de la ville. Deux espiègles chirurgiens américains constituent les seuls indices qui le poussent à affronter ce milieu infernal afin de retrouver son amour.[/powerkit_tab]

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  • Pour souscrire à un abonnement Netflix, c’est par ici (avec les fameux 30 jours gratuits)
  • La fiche Mute sur Netflix[/powerkit_tab][/powerkit_tabs]
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