En parallèle de sa collaboration avec Grant Morrison pour porter Happy! sur le petit écran, Brian Taylor a mené à bien un autre projet, son premier en solo. Auparavant associé à Mark Neveldine sur Hyper Tension, Ghost Rider 2 ou encore Ultimate Game, le réalisateur a décidé de voler de ses propres ailes avec Mom and Dad, farce horrifique au potentiel commercial inexistant, parue directement chez nous sur Netflix. Sans son compère de toujours, Brian a-t-il les capacités de faire du cinéma à lui seul ? Pas sûr. Heureusement, il y a Nicolas Cage !

Bande-annonce

Notre avis sur Mom and Dad

Dans un monde où il est difficile de montrer la mort d’un enfant à l’écran (sauf quand tu t’appelles Scott Cooper ou John Gulager), Mom and Dad se pose là. Le concept à lui seul vaut de l’or : des parents tuent leurs gosses. Ni plus, ni moins. Pas d’explication, pas de rationnalité. Brian Taylor a juste envie que les enfants prennent cher à l’écran (et nous aussi à vrai dire). Et il faut dire que le contrat est en grande partie rempli. Très court, Mom and Dad ne perd pas de temps et offre une sorte de boucherie juvénile grandement influencée par le cinéma de zombies.

C’est un des personnages qui le dit dans le film : « A l’école, c’est World War Z ». Et pour cause, Mom and Dad montre quelques scènes qui rappellent directement des films comme celui de Forster ou le remake Dawn of the Dead de Zack Snyder. Sauf que si ces scènes sont jouissives, elles sont minoritaires sur un long-métrage qui préfère un cadre intimiste à une échelle plus grande. On finit par se focaliser sur la famille de Nicolas Cage, confrontée au même problème que le reste de la population, dans un huis-clos débile mais fun.

Brian Taylor oblige, on retrouve tous les tics du réalisateur, qui font qu’on aime ou qu’on déteste son cinéma : le montage ultra cut, l’utilisation de musiques improbables et le fameux surjeu auquel on commence à être habitués. Et pour ça, quoi de mieux pour faire le taf qu’un Nicolas Cage enragé ? Toujours aussi cabotin, l’acteur nous gratifie de ses plus belles mimiques et donne un sacré coup de peps à l’ensemble. Mom and Dad n’est pas mou, loin de là, mais il manque tout de même d’un peu d’excès. Pas suffisamment violent, pas suffisamment perché, le film de Taylor s’avère au final parfois un peu trop sage, là où il aurait vraiment gagné à en faire beaucoup trop (à la manière d’un Hyper Tension justement). Il n’empêche que le plaisir est tout de même là, avec en sus un petit oh de surprise quand Grant Morrison apparaît brièvement à l’écran le temps d’un caméo inattendu. La boucle est bouclée.

Ni aussi foufou qu’un Hyper Tension, ni aussi hétérogène qu’un Ghost Rider 2, Mom and Dad parvient quand même à divertir pendant 1H20. Quel plaisir, pour une fois, de voir souffrir nos chères petites têtes blondes ! Quand Dom viendra nous rappeler pour la énième fois que la famille est importante, on saura qui appeler !

P.S : On ne voit vraiment pas assez Selma Blair au cinéma. On est amoureux.

Détails

Mom and Dad Couverture du livre Mom and Dad
Brian Taylor
Nicolas Cage, Selma Blair, Anne Winters
Netflix
20 avril 2018

Des enfants doivent survivre par eux-mêmes à une hystérie collective aux origines inconnues incitant les parents à se retourner violemment contre leur progéniture.

Total
11
Shares