Couverture de Le bon apôtre sur Netflix
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Le bon apôtre (2018), la critique

Feu au culte

En découvrant The Raid il y a quelques années, on faisait connaissance par la même occasion avec un réalisateur capable de redéfinir un genre, par la simple force de sa mise en scène. Le concept était simple, l’exécution absolument vertigineuse. Sa suite directe, The Raid 2, s’écartait un peu du droit chemin et s’aventurait sur des sentiers moins balisés, rallongeant inutilement une intrigue qu’on aurait souhaité la plus simple possible. Toutefois, ce semi-ratage (parce que les scènes d’action restaient virtuoses) n’avait pas entaché notre envie d’en découvrir plus sur Gareth Evans. Avec Le bon apôtre, le metteur en scène gallois s’attaque à l’horreur et il le fait clairement à sa manière, dans une descente aux enfers dont personne ne ressort indemne, surtout pas les personnages.

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L’avis de Kuru sur Le bon apôtre

L’horreur post-2000 peut rapidement se résumer à une poignée de jump scares et à des films qui se ressemblent à peu près tous. On ne compte plus les films de possession et leurs clones, les apparitions soudaines derrière des portes et la musique qui se coupe juste à temps pour les annoncer. C’est ce qu’on appelle un effet de manche, une facilité. Gareth Evans, lui, n’aime pas la facilité. Son bon apôtre ne ressemble en rien à l’horreur mainstream qu’on savoure chaque mois depuis des années. Lui, ce qui l’intéresse, c’est l’ambiance, la crasse, ce doux sentiment qui ne vous fait pas bondir d’un coup mais vous tord les boyaux sur de longues minutes. L’horreur viscérale, insidieuse. En d’autres termes, Le bon apôtre est une sorte de The Witch survitaminé.

Pourtant, cette classification n’est pas des plus évidentes au premier abord et la première heure, aussi convenable soit-elle, n’est là que pour préparer l’ascenseur émotionnel de la seconde. Il faut dire qu’Evans, accompagné du chef opérateur de The Raid 1 et 2, a un peu de mal à filmer le calme. Dans le premier The Raid, ça ne se voyait pas parce que le film allait à 100 à l’heure. Dans le deuxième en revanche, c’était une toute autre histoire. Photographie un peu fade, direction artistique pas très inspirée, Le bon apôtre rassure peu. Néanmoins, on sent que le réalisateur ronge son frein, qu’il a envie d’aller plus loin, de passer à l’acte.

Il se la joue plutôt Evil Dead (le remake), avec une imagerie gore bien bandante et un sacré goût pour la chair à l’air.

Et croyez-nous, quand il y va…putain, il y va ! Le bon apôtre n’est pas votre petit film de secte inoffensif. Ce n’est pas Red State et ses fulgurances drôlatiques, non. Il se la joue plutôt Evil Dead (le remake), avec une imagerie gore bien bandante et un sacré goût pour la chair à l’air. Plus les minutes passent, plus le film dégénère, alors que l’étau se resserre sur cette île paumée. Une parfaite occasion pour Evans de nous faire profiter de l’expérience acquise sur The Raid en termes d’idée de mise en scène, avec des plans tantôt grandioses, tantôt infernaux et une sacrée dose de talent quand il faut filmer la brutalité physique et le mouvement. Et encore plus quand il s’agit des deux en même temps.

C’est pourquoi même s’il ne va pas chercher bien loin pour ce qui est du fond, après tout il ne s’agit que de foi, de déclin, de nature et lapins décapités (on ne ment jamais), Le bon apôtre bénéficie d’une réelle maîtrise de la part de son géniteur, et surtout d’une osmose parfaite entre ce qui est écrit et ce qui est montré, Gareth Evans étant à la fois scénariste et réalisateur. Il offre une expérience sur laquelle il a un contrôle total et ça se sent à l’écran, en dépit de quelques faiblesses durant la première partie.

Piochant à la fois dans The Wicker Man (pas le remake), The Witch, Evil Dead ou même The Raid, Le bon apôtre est un pot-pourri d'influences parfaitement digérées par Gareth Evans. Le long-métrage bénéficie d'une identité propre et ne dérive pas une seule seconde de ses intentions initiales. On regrettera 60 premières minutes plus faibles, le temps qu'Evans prépare l'artillerie pour une seconde partie infiniment plus rock & roll et déglinguée ! On tient là le meilleur film d'horreur original sur Netflix à l'heure actuelle !
On l'aime pour...
Les mouvements de caméra de Evans
Le crescendo foutraque mais maîtrisé
Même si...
La première heure un peu molle
Dan Stevens est UN PEU excessif
3.5
Critique de Le bon apôtre sur Netflix
Release Date
12 octobre 2018
Réalisateur
Gareth Evans
Casting
Dan Stevens, Michael Sheen, Lucy Boynton
Distributeur
Netflix
Budget
-
Our Score
3.5

Bande-annonce

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