Critique de Illang : La brigade des loups sur Netflix
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Illang : La brigade des loups (2018), la critique

Affiche de Illang : La brigade des loups sur Netflix
Release Date
19 octobre 2018
Réalisateur
Kim Jee-woon
Casting
Woo-Sung Jung, Hyo-ju Han, Dong-won Gang
Distributeur
Netflix
Budget
17 millions $
Our Score
2.5

Difficile d’imaginer que derrière Illang se cache une adaptation officielle de l’animé Jin-Roh, sorti vers la fin des années 90. Aux commandes de ce « portage live » figure le très bon Kim Jee-woon, auteur des géniaux 2 Soeurs et J’ai rencontré le diable, mais aussi du moins convaincant Le dernier rempart (avec l’ami Schwarzenegger). Un animé considéré comme culte, un réalisateur de qualité, ne serait-ce pas là une bonne formule pour assurer le succès ? Eh bien non ! Illang fit un bide lors de sa sortie en Corée du Sud en juillet 2018, ce qui permit (probablement) à Netflix d’acquérir les droits de distribution pour une bouchée de pain. L’échec était-il justifié ?

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Illang raconte à sa manière l’histoire du Petit Chaperon Rouge. Maintes fois cité au sein même du long-métrage sans grande finesse, pour ne pas dire sans finesse du tout, le célèbre conte pose ici la question de la nature de l’ennemi. Forces de l’ordre et terroristes s’affrontent sans avoir la moindre idée de ce qu’est le Bien et le Mal, l’intrigue préférant flouter les limites pour mieux les faire exploser. Les personnages changent de camp comme de chemise et on perd de vue les enjeux et les motivations très rapidement. C’est précisément dans cette confusion que réside tout le paradoxe de Illang.

Le scénario, visiblement assez fidèle au matériau d’origine, a un côté labyrinthique assez éreintant. La politique prend une place assez importante, d’autant plus que l’enjeu central consiste ici en une réunification des deux Corée. Ce qui pose problème, c’est que l’écriture et le rythme empêchent de comprendre vers quoi se dirige les protagonistes, dans quelle direction ils avancent. En réalité, c’est surtout l’aspect blockbuster qui sied assez mal à ce scénario complexe. La plupart des blockbusters coréens récents ont tous une scénarisation minimale. Dans Tunnel, était question de survie au beau milieu d’un effondrement. Dans Battleship Island, c’était une simple histoire d’évasion. La richesse d’écriture varie d’une oeuvre à l’autre, mais la base même du scénario est toujours simple.

Que raconte Illang ? La rédemption d’un soldat ? Une guerre civile ? La corruption d’un pouvoir ? Tout ça à la fois à vrai dire, mais à la vitesse d’un film à gros budget et les impératifs livrés avec, à savoir une poignée de scènes d’action et quelques passages assez niais sur fond de musique d’ascenseur. Kim Jee-woon, malgré tout son talent, a du mal à trier les problématiques du film, qui se transforme en simple blockbuster ambitieux, trop complexe pour être totalement compris en un seul visionnage et trop maladroit pour en mériter un second. Ce qui est dommage étant donné que point de vue mise en scène, le réalisateur sud-coréen fait preuve d’une maîtrise folle et déploie un dynamisme bienvenu quand l’action s’emballe.

Illang : La brigade des loups n'est pas un mauvais film, loin de là. Dans la filmographie de son auteur, il est même dans la moyenne. Son scénario est juste trop déséquilibré pour ne pas embrouiller l'esprit du spectateur, qui risque de manquer des scènes importantes juste en essayant de comprendre celles qui les précèdent. On saluera tout de même le soin apporté à la réalisation et surtout l'envie de proposer quelque chose de plus complexe que ce qui se fait ailleurs, sans grande réussite, mais avec un entrain certain.
On l'aime pour...
La mise en scène de Kim Jee-woon
Quelques très belles scènes
Même si...
Le scénario confus
Les morceaux au piano, ARGH
2.5

Bande-annonce en VO

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