Dire que La route est devenu une référence dès lors qu’il s’agit de faire du post-apocalyptique pourrait sembler un peu exagérer. Pourtant, l’oeuvre de Cormac McCarthy semble laisser son empreinte sur chaque production du genre, au cinéma (comme dans Logan) ou même dans les jeux vidéo (Last of Us pour ne citer que lui). Par certains aspects, How it ends s’en rapproche, bien qu’il troque l’enfant pour un beau-fils au service d’une fin du monde plutôt conflictuelle !

Bande-annonce en VF

La critique de How it ends, par Alexandre

How it ends n’est pas vraiment film post-apocalyptique à proprement parler. S’il en reprend très largement les codes, à commencer par un climat anarchique et quelques gimmicks faciles, il ne se déroule pas après, mais pendant la fin du monde, que l’on vit sans vraiment la voir depuis la voiture de Will (Theo James) et Tom (Forest Whitaker). Un pur road trip donc, parsemé d’embûches plus ou moins conventionnelles et de moments de calme au beau milieu de la tempête.

Par conséquent, How it ends fonctionne un peu à la manière de La route, sur un rythme en dents de scie, non pas que cela doit négatif. Entre la parlote qui fait avancer l’histoire et les quelques rencontres amicales que les deux hommes feront figurent les classiques pics de tension inhérents au genre. Parce que tout le monde ne peut pas être bon, n’est-ce pas ? De ce côté-là, How it ends fait correctement le taf. Il reprend à son compte les poncifs du genre sans jamais les transcender, chose que seuls les plus grands films sont capables de faire. Pour autant, cette nouvelle réalisation de David M. Rosenthal se suit sans déplaisir. Le réalisateur offre une narration maîtrisée, mise à mal par une utilisation trop marquée des teintes jaunâtres. Sans rire, le film baigne constamment dans le jaune, sans la moindre nuance. Sur certains plans, la dominante fonctionne correctement. Sur d’autres en revanche, le filtre paraît bien superficiel, juste là pour amplifier maladroitement l’aspect western post-apocalyptique.

Comme dans La route, c’est avant tout l’évolution des rapports entre les hommes qui intéresse le plus le réalisateur. Le fait de ne pas expliquer l’origine de la fin du monde constituait une véritable force pour le film. Une force que l’on retrouve ici, même si le réalisateur laisse aux spectateurs un petit cadeau pour faire tourner leur imagination.

How it ends se termine sans explication définitive. On entend bien la théorie du voisin qui a sauvé Sam, pour qui tout ça n’est qu’une simulation, dont la première manifestation réside dans l’explosion d’une bombe. Une théorie du complot que Will choisit de ne pas accepter en tant que tel, quitte à rester dans l’inconnu. Comme il le dit si bien, le savoir ne changera rien à la seule chose qui compte maintenant : la survie.

D’autant plus que la bombe n’expliquerait pas de nombreux dérèglements climatiques observés durant le film. On pense à l’orage fou, conséquence d’un phénomène plus climatique que directement provoqué par la main humaine. Dans ce cas, le film adopterait un point de vue plus écologique, des événements qui découlent indirectement de l’activité humaine. David M. Rosenthal préfère nous laisser dans le flou, même si voir certaines catastrophes donnera du grain à moudre aux amateurs d’explications. Vous avez quelques clés, à vous de réfléchir autour de cette fin un tantinet expéditive !

 

Sans jamais parvenir à restituer un dixième de ce que La route offrait il y a quelques années, How it ends constitue tout de même un solide divertissement, plus adapté aux néophytes de la fin du monde qu’aux spectateurs chevronnés, pour qui le film ne sera qu’un simple passe-temps sans originalité. Theo James, pour une fois, convainc, tandis que Forest Whitaker confirme. How it ends ne mettra pas fin à la série de films mineurs que Netflix empile, mais s’ils pouvaient tous être aussi plaisants à regarder, on ne s’en plaindrait pas !

Toutes les images appartiennent à ©Netflix.

How it ends Couverture du livre How it ends
David M. Rosenthal
Theo James, Forest Whitaker, Katerina Graham
Netflix
13 juillet 2018
20 millions $

Quand une mystérieuse catastrophe transforme le pays en zone de guerre, un homme prend la route avec son futur beau-père pour tenter de retrouver sa petite amie enceinte.

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