Critique de Errementari : Le Forgeron et le Diable sur Netflix
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Errementari : Le Forgeron et le Diable (2018), la critique

Affiche de Errementari : Le Forgeron et le Diable sur Netflix
Release Date
12 octobre 2018
Réalisateur
Paul Urkijo
Casting
Kandido Uranga, Eneko Sagardoy, Uma Bracaglia
Distributeur
Netflix
Budget
-
Our Score
3.5

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’Enfer a toujours été un lieu sous-exploité au cinéma. La plupart des démons relèvent de la possession et ne renvoient pas à l’image que l’on peut se faire des abysses infernales. Errementari entend bien corriger ce tort. Inspiré d’une vieille légende basque, la première réalisation de Paul Urkijo s’inspire autant des contes macabres de Guillermo Del Toro que de la vision de Dante Alighieri exposée dans la Divine Comédie, pour un résultat aussi singulier que malheureusement fauché.

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Errementari, l’avis de Kuru

Il n’y a pas grand chose de surprenant à voir Alex de la Iglesia en haut de l’affiche de Errementari. Ce dernier partage le même goût que Paul Urkijo pour les histoires folkloriques. Il est ici question de la relation ambiguë entre un forgeron et un démon en captivité, que vient mettre à mal une orpheline têtue et beaucoup moins pieuse que le reste des habitants de son village. L’Eglise contre le l’impie, les âmes tourmentées contre ceux qui les tourmentent, le réalisateur fait au plus simple mais avec un soin qui force le respect.

La langue basque et les décors qui sentent bon le purin apportent une charmante singularité à Errementari, qui profite d’un cadre original et d’une imagerie suffisamment rare pour faire accepter la simplicité de son histoire. Parce que c’est bien dans son enrobage que le film s’avère être le plus convaincant, notamment sa représentation des forces du Mal : démons à cornes, mensonges, feu rougeoyant. On est dans le fantastique pur jus, tantôt teinté de tragédie (il s’agit d’un conte après tout), tantôt appuyé par un humour absurde (la scène des pois chiches).

Cela étant dit, Paul Urkijo, aussi doué soit-il, ne parvient pas à masquer complètement les faibles moyens dont il a bénéficié pour réaliser Errementari. La plupart du temps, le metteur en scène s’en sort plutôt bien, avec une photographie de qualité et des costumes qui font illusion. En revanche, dès que le numérique entre en jeu, c’est une autre paire de manches. Les effets spéciaux, sans être aussi honteux que ceux d’autres productions Netflix, piquent un peu les yeux, notamment lors du grand final. Mais plus encore que les images de synthèse, ce sont les acteurs qui laissent à désirer. Si on ne reprochera pas grand chose au forgeron, à l’orpheline et à Sartael, le reste du casting va du tout juste convenable au relativement médiocre avec une facilité déconcertante. Pas de quoi pourrir l’expérience, mais ça dénote avec le reste.

Habituellement, l'horreur (ou le fantastique) et Netflix ne font pas bon ménage. Errementari nous démontre que les généralités ont bon dos et qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Paul Urkijo livre une vision diablement enthousiasmante de l'Enfer et de ses habitants. Il n'a peut-être pas les talents de conteur de Guillermo Del Toro, ni les éclairs de génie punks de Alex de la Iglesia, mais il a su redorer le blason des démons sur petit écran. Et rien que pour ça, on le remercie chaudement !
On l'aime pour...
L'imagerie satanique
Le charme du Basque
Même si...
Un manque de moyens flagrant
La direction d'acteurs passable
3.5

Bande-annonce

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