Chaque année, de nouvelles séries font le buzz sur Internet. Un coup, c’est Game of Thrones. L’année suivante, c’est 13 Reasons Why. Dernièrement, le monde a eu l’occasion de découvrir et encenser massivement La casa de papel, une création espagnole que nous n’avons jamais pris le temps d’évoquer ici. Pas sûr que ce tort soit corrigé un jour d’ailleurs, vu le nombre d’œuvres à découvrir chaque semaine. Cependant, nous avons trouvé en Elite une sorte de consolation. Même pays d’origine, trois acteurs en commun et probablement la même capacité à accrocher le spectateur sans difficulté : la nouvelle exclusivité Netflix pourrait suivre le même chemin que son aînée et devenir un tout nouveau phénomène…

Bande-annonce en VOST

Notre avis sur la première saison de Elite (Netflix), la série qui se rêvait en (nouvelle) Casa de Papel

Pour un habitué de séries, Elite semblera jouer dans une cour assez familière. Difficile de ne pas trouver des similitudes entre cette nouveauté et des gloires passées, comme Gossip Girl, Big Little Lies ou plus récemment 13 Reasons Why. D’ailleurs, c’est de cette dernière qu’Elite se rapproche le plus, aussi bien dans le ton, que dans l’imagerie et même la structure employés. Tout comme dans la série de Brian Yorkey, il est question d’une intrigue dont les enjeux sont balancés sur la table le plus tôt possible. A l’époque, il s’agissait d’un suicide. Aujourd’hui, c’est d’un meurtre dont on parle. On connaît très rapidement la victime (dès la fin du premier épisode) et à partir de ce moment-là, le reste des épisodes n’a pour but que de nous faire découvrir qui en est à l’origine.

Ce déroulement, sous forme d’interrogatoire étalé sur 8 épisodes, a le mérite d’être facilement accrocheur. Facile parce que le public voudra connaître le dénouement sans que les scénaristes aient à se creuser beaucoup la tête. C’est le propre de la nature humaine dira-t-on. Une victime, une galerie de personnages hauts en couleur et tous aussi manipulateurs les uns que les autres, et vous êtes assuré d’occuper les discussions pendant quelques temps. Le fait est que dans le monde de Elite, il n’y a pas de modèle. Aucun personnage n’est là pour rattraper l’autre et la série enchaîne alliances, coups bas et raccourcis scénaristiques pour notre plus grand bonheur.

On pestera bien évidemment contre cette tendance qu’ont les élèves à toujours trouver un moyen d’être tous au même endroit, même ceux qui n’ont aucune raison d’y être, ou contre ce lycée, dont la population se limite à un prof, une directrice et 9 à 10 élèves. Mais tout ce qui horripile est aussi à l’origine de l’affection que l’on peut porter à Elite. Parce que bien que ses personnages soient tous des enfoirés de première, corrompus et corruptibles, on a le temps de s’attarder sur chacun d’eux et ils amènent tous sur la table des sujets loin d’être inintéressants. On parlera entre autres de VIH, d’intégration, d’héritage, d’homosexualité, de polyamour. En cela, Elite, malgré l’artificialité de son enrobage et ses ressorts putassiers, passe pour une série parfaitement moderne dans les thématiques abordées. Notez d’ailleurs que si la finesse n’est pas son fort, la série n’essaie pas de faire la morale, ou d’être trop didactique. Quand un père musulman s’oppose à l’éventuelle homosexualité de son fils, elle expose une culture plus qu’elle ne la juge. Une manœuvre toujours délicate qu’Elite réussit avec brio.

Moderne dans ses thématiques mais aussi dans ses tics. Visuellement, Elite ne vole pas bien haut et ne fait que copier ce qui se fait ailleurs dans les séries pour ados. La musique tient ici une place prépondérante et embellit la moindre scène un tantinet cochonne, comme le ferait un 50 Shades of Grey. Ou n’importe quelle autre scène à vrai dire. Disons que c’était d’autant plus marquant sur les scènes de sexe, pas si nombreuses et qu’on aurait aimé un peu plus culottées (si vous voyez ce qu’on veut dire). Pas grand chose qui puisse réellement entacher notre plaisir de suivre cette bande de salauds, riches comme pauvres, à travers la saison et nous laisser patienter pour une éventuelle saison 2.

Et là, on va commencer à spoiler, donc ne lisez pas ce qu’il y a ci-dessous si vous ne souhaitez pas ruiner la surprise !

SPOILER, dernier avertissement !

Des pistes pour une saison 2 ?

La fin la saison voit l’identité du meurtrier dévoilée, et c’est sans grande surprise qu’on découvre que c’est Polo qui est derrière le meurtre. C’est le seul mec de la bande qui ne trouve aucun réconfort et se fait humilier de partout, il était évident qu’il serait impliqué dans le meurtre de manière plus ou moins importante. On ne saluera pas les réalisateurs pour la grossièreté de la technique d’étirement du dernier épisode, lorsque Samuel s’empare du trophée. C’est inutile et juste là pour faire croire pendant quelques dixièmes de seconde qu’il pourrait être l’auteur du crime. Pas très crédible.

Sauf que Polo ne prend pas ce qu’il devrait et c’est Nano, le frère de Samuel, qui écope de l’accusation et finit arrêté. Une belle injustice pour un personnage qui n’a pas fini d’en baver. Verra-t-il son nom lavé dans une éventuelle suite ? Samuel parviendra-t-il à le réhabiliter et à faire payer Polo ?

On doute que Christian puisse se taire pendant 8 nouveaux épisodes. Il est trop volatile, trop grande gueule et surtout trop attaché à Nano pour garder le secret aussi longtemps. Une solution serait de le faire disparaître avant qu’il ne se décide à parler, et au vu de la froideur de Carla, que l’on imagine prête à tout pour ne pas mettre en péril la réputation de sa famille, c’est une piste envisageable.

Bon, Netflix, quand est-ce que tu donnes le go pour une deuxième saison ?!

Fin du spoiler !

Elite se suit comme on suivrait un Riverdale, les thématiques sociétales en plus. Les clichés sont là, tout comme les acteurs excessifs, les rebondissements tirés par les cheveux et les réactions parfois incohérents. Mais difficile de ne pas être emporté par l’histoire de ces jeunes qui ne demandent finalement qu’à briller, même s’ils se prennent bien souvent les pieds dans le tapis, avec ou sans l’aide de leurs familles.

Toutes les images appartiennent  ©Netflix.

Elite Couverture du livre Elite
Carlos Montero et Darío Madrona
Maria Pedraza, Itzan Escamilla, Miguel Bernardeau
Netflix
5 octobre 2018
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Lorsque trois ados issus de la classe ouvrière accèdent à une école élitiste d'Espagne, le fossé qui les sépare des élèves fortunés conduit à la pire des tragédies...

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