A l’origine, il y avait un projet mystérieux, obscur, issu de l’esprit du plus cryptique des showrunners de l’époque. Cloverfield, bébé de J. J. Abrams, rénovait le film de monstres à sa manière, à grands renforts de found footage et de maîtrise marketing. 8 ans plus tard, Dan Trachtenberg succombe aux envies monstrueuses d’Abrams et intègre tant bien que mal son projet 10 Cloverfield Lane à l’univers des monstres. Le Cloverfieldverse était né. En 2018, l’anciennement nommé God Particle débarque par surprise sur Netflix, le soir du Super Bowl, à peine quelques heures après son annonce. Le tout maintenant est de savoir si The Cloverfield Paradox n’était que simple esbroufe virale ou une extension pertinente du film original.

Bande-annonce

Ce qu’on a pensé de ce Cloverfield Paradox

Après nous avoir baladés dans les rues de New-York et la cave d’un John Goodman pas très net, J. J. Abrams nous envoie dans l’espace pour un préquel sous-forme de huis-clos Alienesque. Un équipage constitué de clichés découvre par malheur que la Terre a disparu après une manipulation délicate. C’est pas comme si un illuminé ne les avait pas prévenus 10 minutes avant en spoilant toute l’intrigue du film. Voyez-vous, contrairement à ses deux grands frères, The Cloverfield Paradox se torche avec le mystère. Tout est dit dès le début et on sait déjà où les choses vont se terminer. Même un truc aussi saugrenu que la disparition de la Terre est réglé en 2 minutes.

Ce Paradox est plutôt intéressé par la déconne et le divertissement purs. Il n’effraie jamais et n’essaie jamais d’instaurer une quelconque tension. Il préfère mettre en scène des idées bizarres pour arracher un sourire au public. Tout ce qui nous retient ici, c’est de voir comment le vaisseau va se débarrasser de ses occupants et à ce petit jeu, The Cloverfield Paradox est plutôt créatif. La palme revient au coup du bras, grand moment de nawak dans un film qu’il ne faudrait pas prendre pour ce qu’il n’est pas. Pour le reste, le film se veut standard : réalisation standard, casting standard, musique stan-. Ah non, la musique est bonne, c’est toujours ça.

Avec son rythme enlevé et des réponses satisfaisantes au pourquoi de l’existence de Cloverfield, The Cloverfield Paradox coche tranquillement les cases de la série B fendard à savourer le samedi soir. Impossible toutefois de passer outre le déclin de l’ambition d’Abrams vis-à-vis de son univers. Si ça continue comme ça, on va finir sur de la série Z digne d’Asylum. Quand on y pense, est-ce que ce serait un mal ?

Détails

Cloverfield Paradox - AfficheRéalisateurs : Julius Onah
Casting : Gugu Mbatha-Raw, David Oyelowo, Daniel Brühl
Distributeur : Netflix
Date de sortie : 4 février 2018
Budget : 45 millions $

Le baromètre Good Taste Police :

Après un accident avec un accélérateur à particules, une station spatiale américaine découvre que la Terre a disparu. Les résidents de la station vont alors être confrontés à l’étrange présence d’une autre station spatiale tout près de leur position.

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