BoJack Horseman (Netflix), retour sur la saison 5
BoJack Horseman ©Netflix

BoJack Horseman, retour sur la saison 5 : Mea Culpa animé

Après le séisme suscité par le mouvement « Me Too », de nombreuses personnalités accusés sont revenus sur le devant de la scène en cette rentrée, s’excusant de leurs erreurs pour ensuite oublier tout ça et en rigoler. L’exemple le plus flagrant étant celui de Louie C.K, qui lança des « rape jokes » pour fêter son come-back. Mais est-ce que des excuses et un retour rapide feront oublier les événements passés ? Et parviendront-ils à changer de tels comportements ? C’est la question que se pose la nouvelle saison de BoJack Horseman, pour laquelle les auteurs semblent bien décider à faire leur mea-culpa.

Bande-annonce

Parce que BoJack est maintenant devenu une idole auprès du public. Au sein de la fiction, il a toujours été l’acteur de Horsin’ Around, l’acteur has-been sur qui on a écrit un best-seller biographique et qui a obtenu le premier rôle d’une série policière. Pour le public qui regarde Bojack Horseman, il incarne un personnage cathartique auprès du public, celui-ci validant ses erreurs par l’identification empathique que l’on a pu avoir envers lui au fil des saisons. On parle pourtant d’un personnage détruisant tout sur son passage, toxique envers ses proches et ayant failli coucher avec une mineure en fin de saison 2. Toutes ces erreurs passés le tourmentent encore mais, a-t-il décidé de changer pour autant ? Pas forcément…

La série créé un cheminement linéaire intelligent pour faire plonger son personnage principal vers les recoins les plus sombres, quitte à espérer le voir assumer une bonne fois pour toute ses erreurs.

Dans cette nouvelle saison, Bojack accumule gaffes et outrances. Afin de défendre les intérêts de sa série, il décide de se faire passer pour un « féministe » sur les plateaux-télés. Il opte pour un comportement possessif à l’extrême envers son amie Diane. Et il est à deux doigts de tuer sa partenaire de jeu. La série crée un cheminement linéaire intelligent pour faire plonger son personnage principal vers les recoins les plus sombres, quitte à espérer le voir assumer une bonne fois pour toute ses erreurs. Et au vu de la fin de saison, un espoir semble apparaître lors des dernières minutes.

BoJack Horseman (Netflix), retour sur la saison 5
BoJack Horseman ©Netflix

Raphael Bob-Waksberg, créateur de la série, a fait comprendre que quelque chose n’allait pas dans sa série. Qu’il était important de mettre les choses au clair. BoJack n’est pas un héros à prendre en exemple. Dans le monde de la fiction, suivre un anti-héros est une chose plaisante. On aime suivre leurs failles. Tony Soprano et Walter White sont souvent les plus cités mais dans le monde de l’animation, on peut évoquer Eric Cartman, Rick Sanchez et maintenant BoJack. En revanche, faut-il vraiment les suivre en adhérant à 200% à leurs actions ? Absolument pas, selon le créateur de BoJack. Pour se faire entendre, il a décidé d’implanter son personnage phare dans un tournage-méta vertigineux. Le personnage qu’il joue, Philbert, a les mêmes tourments que son acteur. Si le souhait des scénaristes était qu’on ne s’attache pas à lui, c’est peine perdue puisque la série est un immense carton. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec le carton de la série produite par Netflix. Bien sûr, on adore suivre BoJack. Certains épisodes frappent en plein cœur dans nos sentiments, en particulier l’épisode 6 où un monologue de 20 minutes peut nous mettre dans tous nos états. Mais attention à ne pas tomber dans le piège, une distance doit être immédiatement créée.

Cette cinquième saison sonne comme un changement. Sans jamais tomber dans le cynisme absolu, la série livre les regrets de son créateur avec justesse. Il y a une envie de rectifier le tir en discutant avec son public. La conclusion de cette saison semble tournée vers le renouveau pour son personnage principal. On espère enfin voir BoJack changer une bonne fois pour toute !

Toutes les images appartiennent à ©Netflix.

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