Planet Alpha, un jeu Team17

Planet Alpha, l’ennemi extérieur

Quel souvenir gardez-vous de Avatar, le film ? Pour ma part, le premier visionnage en 2009 fut le début d’une longue relation d’amour / désamour. Au dépaysement initial provoqué par la découverte d’un tout nouveau monde pensé dans ses moindres détails succédait le cynisme du cinéphile, bougon face à un scénario tout au plus décevant. Avant de reconsidérer le film, année après année, pour n’en retenir que ce qui comptait vraiment : Avatar arrachait littéralement la gueule, aussi bien dans sa direction artistique maîtrisée que dans sa technique flamboyante, toujours au sommet une décennie plus tard. Et c’est là que vous vous demandez : « Nom d’une pipe en bois, c’est quoi le rapport entre ce film complètement surestimé et un jeu totalement inconnu ? ». J’allais y venir.

Cet article n’est pas un test. Il ne comporte pas de note et ce n’est pas ce qui nous intéresse ici.

Je ne saurais vous dire précisément quel a été le processus de fabrication de la planète Pandora dans la tête de James Cameron, mais deux chose sont sûres : le bonhomme voulait nous en mettre plein la vue et il fallait que ce nouveau monde soit cohérent. Îlots flottants, créatures majestueuses, végétation florissante, la première mission fut remplie haut la main. D’autant plus que le budget suivait, il était « simplement » question de matérialiser la vision de Cameron pour que son rendu à l’écran soit parfait.

En général, c’est plutôt la cohérence qui pose problème. Qui dit planète étrangère dit hostilité, comme l’air irrespirable et les animaux trop peu farouches pour leur faire confiance. Avatar et son côté parc d’attractions était un poil trop light de ce côté-là. On ne sentait pas la menace, en dehors de quelques chiens rachitiques qu’une simple étincelle peut faire détaler. On s’attardait plus sur ce qui rendait cette planète jolie.

C’est là qu’intervient Planet Alpha. Il serait exagéré de clamer que le titre de Team17 est le Avatar du jeu vidéo. Il n’en a ni la carrure, ni la prétention de toute façon. Par contre, il est impossible de nier les ressemblances entre les deux œuvres. Toutes deux mettent en scène un aventurier, perdu dans un monde inconnu, où chaque nouvelle découverte vient surclasser la précédente en décrochage de mâchoires. Sauf que, différence de médium oblige, Avatar mettait clairement l’accent sur le merveilleux là où Planet Alpha appuie sur le dangereux. Aussi beau soit-il, le monde dépeint ici est surtout extrêmement hostile. Tout ce qui est à l’écran peut provoquer la mort du joueur, créant une rupture pleine de sens entre la beauté de l’environnement et le rejet permanent de notre petit personnage.

Planet Alpha n’est pas une immense réussite et à vrai dire, en dehors de cette claque artistique, il n’y a pas grand chose à en retenir. Néanmoins, les efforts consentis sur la création de son univers et la vie qui lui est insufflée suffisent à risquer le détour, ne serait-ce que pour s’offrir quelques heures grandioses et périlleuses au beau milieu d’un banc de baleines volantes…

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