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Onrush sur PS4, le successeur de Burnout ?

Onrush et adrénaline, le choc des cimes

Même en sondant ma mémoire de fond en comble, il m’est impossible de trouver un jeu d’arcade plus jouissif que Burnout Revenge. C’était il y a douze ans tout de même ! Depuis, ni Burnout Paradise, ni Blur, ni Split/Second, ni tous les titres de seconde zone sur lesquels de toute façon personne ne misait, n’ont su me mettre dans le même état que le titre de Criterion. Plus que rapide, Burnout Revenge était surtout furieux. Furieux, et singulièrement outrancier. Ces excès, plus jamais je n’ai eu l’occasion de les retrouver dans la course. Il y a bien ce génial Thumper qui, dans un autre genre, a su me fournir ce shot d’adrénaline que j’attends depuis des années. En 2018, il se pourrait qu’Onrush ait réglé ce problème motor(storm)isé.

Pour comprendre pourquoi Burnout Revenge est resté inégalé pendant tant d’années, il faut revenir à ce qui faisait justement sa force. Ce ne sont pas les crashs ou la vitesse qui permirent à Revenge d’accéder au trône. Après tout, FlatOut, un autre excellent jeu du genre, proposait la même chose, avec une gestion des collisions encore plus poussée. Non, ce qui faisait de Burnout Revenge le maître incontesté, c’était sa dimension hallucinatoire. De la vitesse et des crashs, oui, mais partout, tout le temps. C’était une lutte de tous les instants, pour laquelle le joueur se frayait un chemin parmi les débris afin de rester dans la course, la bave aux lèvres et le doigt incapable de lâcher le bouton de boost. En un mot, c’est la générosité qui faisait toute la différence, cette forme de jusqu’au boutisme destructeur qu’aucun autre titre n’a su retrouver par la suite.

Quelques minutes ne suffisent pas à dire si Onrush est fait du même bois, la faute à des débuts poussifs. Paradoxalement, ils sont accrocheurs, parce que le potentiel est bien là. Les voitures décollent, les pare-chocs s’embrassent, la nitro brûle. C’est bel et bien au bout de quelques heures et passées les premières épreuves que le titre révèle tout son potentiel : il est diablement régressif. Le sentiment de puissance est quelque chose de difficile à retranscrire manette en main. Peu de studios savent gérer ça, c’est pourquoi la plupart des titres ne font jamais dans l’exagération. Il faut savoir rester terre à terre visiblement, ce que Codemasters n’a absolument pas respecté ici. Onrush est constamment excessif, aussi bien dans sa philosophie de jeu que dans ses sensations.

Il n’est jamais question de courses ici. Pas de premier, pas de dernier. On ne court pas pour être devant, mais au milieu de tout le monde. Imaginez un très large circuit sur lequel il n’y a qu’un peloton de tête, constitué de 10 bagnoles lancées à toute blinde, pour une durée indéterminée. Rajoutez-y des véhicules faiblards, juste bons à se faire défoncer la calandre, et supprimez toute règle de bonne conduite. Vous obtenez un titre qui sait faire plaisir sans jamais se priver d’en faire des caisses. Mouvements de caméra, effets visuels, impression de vitesse, Onrush fait clairement dans le too much. Il en fait tellement qu’il pourrait désarçonné les adeptes de l’élégance d’un Paradise bien plus raffiné. Pourtant, c’est bien dans l’outrance que né ce frisson qui parcourt l’échine à chaque activation du rush, sur fond de Too much fun for regrets de The Death Set. Au plus le jeu fait dans la démesure, au plus simple est le plaisir, sauvage et immodéré. J’avais encore rarement vu une telle cohésion entre efficacité de gameplay et un tel rendu à l’écran, qui provoque la satisfaction en à peine deux secondes. Quoi de plus grisant que de coller une pichenette à un motard pour le voir décoller comme si on venait de lui cogner l’arrière-train à coups de massue ? Rien, en toute honnêteté.

Au diable le contenu maigrelet et les errements de la direction artistique, Onrush provoque un tsunami de plaisir ravageur à chaque course, chaque virage, chaque saut vertigineux avant de retomber violemment sur quiconque a la malchance de passer par là. Indécemment sale gosse, il redonne toutes ses lettres de noblesse au mot arcade et offre par la même occasion un vrai successeur spirituel au monstrueux Burnout Revenge. Par ces temps de disette vidéoludique et en attendant Forza Horizon 4, pourquoi ne pas lui laisser sa chance ?

Vidéo source

Pour aller plus loin

Ce n’est pas la première fois que je parle du jeu, mais la deuxième. J’ai déjà eu l’occasion de faire un test nettement plus retenu pour Jeuxvideo24, que vous pouvez retrouver en cliquant ici. Je mettais plus l’accent sur les défauts du jeu, comme tout testeur respectueux. Dans cet article, l’objectif n’était pas de vous dire ce qui était bien et pas bien, plutôt pourquoi Onrush ça défonce clairement tout ce qui se fait ailleurs. Oups !

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