Michael Myers y était déjà passé, on se demandait quand un réalisateur finirait par se pencher sur les années boutonneuses de Bubba Sawyer, aka Leatherface. Il faut dire que ce genre d’entreprise est toujours assez risqué. Rob Zombie avait partiellement réussi l’exercice, même si donner un visage à Myers nous posait problème. Mais c’est une autre histoire. Celle dont on va parler aujourd’hui a directement atterri sur les plateformes de VOD (ou dans le rayon DVD de Auchan) et a probablement suscité autant d’espoir qu’il a déçu le public au final. En grand amateur d’horreur cheap que nous sommes, il était évident que Leatherface passerait par notre lecteur Blu-ray. On aurait vraiment apprécié être à contre-courant de la tendance générale, comme avec Bright, mais cette fois, ça nous paraît compliqué…

Bande-annonce

Ce qu’on a pensé de Leatherface

Connus dans notre contrées pour les très sympathiques A l’intérieur et Livide, Alexandre Bustillo et Julien Maury s’attaquent à un immense morceau de culture populaire, aussi bien connu pour son épisode fondateur d’anthologie que pour ses suites grotesques (hormis Massacre à la Tronçonneuse 2). Leur amour pour le glauque et le sang aurait du faire de jolies étincelles. On n’en attendait pas plus. Juste un délire fun, malsain et gore. Sauf que le destin semble s’acharner sur la licence. Si Leatherface est bel et bien une véritable origin story, le film semble expédier l’essentiel. Focalisés sur la fuite d’une poignée de psychopathes, les deux réalisateurs perdent de vue la seule chose qui importe réellement dans un préquel : le pourquoi ou le comment.

Ne vous méprenez pas, on assiste à la naissance de Leatherface. Dans la douleur certes, mais on y assiste. Par contre, les quelques revirements de situation semblent complètement incohérents. C’est trop brusque, trop rushé. Imaginez un élastique qu’on vous demande de tendre de plus en plus pendant 10 secondes, avec un compte à rebours, et à 0, vous lâchez tout. Dans le cas de Leatherface, l’élastique serait rompu à 4. Tout va trop vite et trop fort. Il ne nous semble pas que Massacre à la Tronçonneuse était hystérique dans son déroulement, bien au contraire. C’est l’ambiance qui faisait tout. Leatherface tente de retrouver cette ambiance si chère aux yeux des cinéphiles avant de sombrer dans le gore joyeusement débile, tout en se prenant bien trop au sérieux.

En vérité, il manque beaucoup de choses à ce Leatherface. De la matière, un ton, une cohérence. La seule constante que l’on retrouve à travers tout le film, c’est cette photographie jaune issue du livre Filmer les bouseux du Texas pour les Nuls. Jamais le film ne parvient à retrouver l’aura si délicieuse de l’original et même dans ses derniers instants, les deux réalisateurs échouent à iconiser un méchant dont on aurait préféré ne pas savoir les origines.

Leatherface avait du potentiel pour redorer la saga. Hélas, Alexandre Bustillo et Julien Maury ne délivre qu’une copie dénuée de fun, d’ambition et d’intérêt. Il serait peut-être temps de laisser l’original respirer au lieu de lui donner des petits frères indésirés tous les deux ans.

Détails

Leatherface, Alexandre Bustillo et Julien Maury - Poster

Réalisateurs : Alexandre Bustillo et Julien Maury
Casting : Stephen Dorff, Lili Taylor, Sam Strike, Vanessa Grasse
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 2 janvier 2018
Budget :

Le baromètre Good Taste Police :

Soupçonné d’avoir assassiné la fille du shérif Hartman, le cadet de la terrifiante famille Sawyer est enlevé à sa famille et placé en hôpital psychiatrique. Des années plus tard,  l’enfant devenu adulte profite d’une mutinerie pour s’échapper de l’asile avec trois autres psychopathes qui prennent en otage une jolie infirmière. La petite bande s’engage alors dans une balade sauvage, semant la terreur et la mort partout où ils passent. Le Shérif Hartman, assoiffé de vengeance, se lance à leur poursuite. De cette chasse à l’homme sanglante émergera le tueur à la tronçonneuse et au masque de cuir.

 

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