Bone Tomahawk - Cover

Bone Tomahawk (2016), la critique : the wild brunch

Le western est un « genre par à-coups ». Comprenez par là que, désuet il y a encore quelques années, il a su offrir quelques belles choses de manière ponctuelle grâce à une poignée de réalisateurs ni trop respectueux, ni trop Kouneniens. Apaloosa, Django Unchained et les Huit Salopards, True Grit, que de pellicules sympathiques pour assouvir vos envies de sable chaud et de duels au soleil. Pourtant, ce n’est pas dans les salles obscures mais au rayon DTV que nous avons eu une révélation. Bone Tomahawk est-il le meilleur représentant du néo-western ? Pas forcément. Il n’en reste pas moins #$@&%*! de bon !

Bande-annonce

Ce qu’on a pensé de Bone Tomahawk

Si vous avez eu la chance de découvrir à un moment ou à un autre les Huit Salopards de Tarantino, alors vous savez à quel point 1 heure et 30 minutes de dialogues peuvent être longues. Pas ennuyeuses. Juste longues. Interminables. Dans Bone Tomahawk, Zahler joue la même carte. Le film se découpe en 3 parties, dont le deuxième tiers doit représenter 75% du film. Et il ne consiste qu’à un trajet de A vers B en compagnie de quatre personnages peu bavards (ou presque). Ainsi, pour ainsi dire tout le film n’est que dialogues. Sauf qu’à la différence de Tarantino qui ne pense qu’à rendre ses personnages plus charismatiques en accumulant les punchlines, Zahler fait le strict inverse : il les rend on ne peut plus normaux. Attachants. Humains. Ainsi, tout ne repose pas sur l’écriture, parfaite au passage, mais sur des numéros d’acteurs. Des acteurs non pas chargés d’en faire des caisses, mais d’épurer leur jeu.

De ce fait, toute la partie dialoguée est passionnante. Pour de vrai. Pas que ce que les personnages racontent soit forcément intéressant, il y a même beaucoup de banalités. Mais Zahler parvient à instaurer un rythme presque reposant, un rythme haché par quelques fulgurances bienvenues, avant un dernier tiers de folie. C’est bien simple, on a beau avoir vu les Saw, A Serbian Film, quelques films de cannibales et d’autres choses particulièrement joyeuses, on avait rarement vu aussi cru et frontal que ce bouquet final. Le hors-champ ? Connais pas. Zahler se lâche sans faire dans le racoleur, et montre tout. Forcément, c’est dégueulasse, mais parfaitement dans le ton et surtout ça permet au film de basculer dans l’horreur pure. Glaçant.

Comment Bone Tomahawk a pu se passer d’une sortie ciné ? On l’ignore. Zahler réussit tout ce qu’il entreprend et réalise un melting-pot réjouissant. Alors oui, on sent que le budget n’était pas énorme et que le début en pâtit particulièrement. Mais impossible de ne pas saluer des performances, une écriture et un rythme remarquables. Quand on pense que le bonhomme va diriger Mel Gibson, on ne peut qu’être impatient de voir le résultat !

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