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The Wrong Missy : Dumb and lover

Et si vous vous retrouvez en voyage avec une autre personne que votre crush, sous prétexte que vous avez envoyé un texto à son homonyme ? Et que cette dite personne était comme par hasard complètement à l’opposée de votre date initial ? Vous nous interrompez directement pour nous dire que c’est trop absurde pour y croire. Pas selon le réalisateur de The Wrong Missy, qui offre à la maison de production Happy Madison une nouvelle occasion pour les copains d’Adam Sandler de se ridiculiser. Ça tombe bien, ça en devient même le propos du film !

Tim (David Spade) est un cadre tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Il fait son boulot du mieux qu’il peut, en espérant une nouvelle promotion ; se passionne pour les tourments de Ruth Wilson et Dominic West dans The Affair et surfe sur des applications de rencontres. C’est sur ce point que le film démarre et permet la rencontre avec la « Wrong Missy » (Lauren Lapkus). Le film n’a pas honte d’épuiser toutes ses cartes pour créer une dynamique entre les deux personnages. Lui va se montrer propre sur lui, elle ne va pas hésiter à sortir un couteau en plein date. Une formule classique de la comédie romantique en soi qui repose sur l’attente d’une union amoureuse entre deux personnes qui, en apparence, devraient ne rien avoir à faire ensemble. Pourtant, à voir comment se succèdent les situations dans The Wrong Missy, on pense en réalité au genre du buddy-movie. Un genre qui part du même principe de la romcom, mais qui va utiliser un duo d’opposition pour une succession de scènes extravagantes. Ici, soyez prêts pour une rencontre hasardeuse avec un requin ou bien une plongée casse-cou d’une falaise. Le tout saupoudré de vomi et de vannes graveleuses…

Le romantisme n’existe pas dans The Wrong Missy. Ou alors il n’apparaît que sous une forme carte postale. Les moments-clés de la rom-com interviennent comme un cheveu sur une soupe, seulement à quelques minutes du dénouement en réalité. Ce n’est pas une blague. La seule chose qui tend ce genre sur un fil est l’utilisation d’un trope que l’on pensait interdit : le coup de la « Manic Pixie Dream Girl ». Popularisé par Garden State et New Girl (et non (500) Jours Ensemble, que l’on cite par erreur en raison de Zooey Deschannel, alors qu’il déconstruit ce mythe), ce cliché consiste à rendre un personnage féminin extravagante et over-the-top juste pour qu’elle obtienne la fonction de changer la vie d’un homme. C’est ce qui arrive pour le fade David Spade, qui va  décider de tout quitter car la folie de son amoureuse lui a fait prendre conscience qu’il fallait faire des choses dingues dans la vie (oui, c’est un spoil mais qui ne l’a pas deviné dès le synopsis ?). On ne peut pas en vouloir à Lauren Lipkus, qui s’en donne à coeur joie dans le rôle de Missy. Mais ce romantisme traité avec les pieds nous fait rendre compte que la question du film ne concerne pas l’amour mais le fait d’assumer sa propre connerie.

Spectateurs de bons goûts, vous risquez de passer votre chemin à moins que vous aussi, vous voulez assumer votre goût pour le potache ?

Pour les fétichistes de la comédie américaine comme moi, on le sait : Happy Madison est une grande famille. Ce sont toujours les mêmes que l’on retrouve, avec Adam Sandler en meneur de bande. Et quand il est occupé à briller chez les frères Safdie ou Noah Baumbach, il laisse Chris Rock et, dans ce cas précis, David Spade mener la danse avec une joyeuse troupe. On retrouve notamment Rob Schneider, toujours prêt à se ridiculiser dans un rôle de composition outrancier (ici, un chasseur de requin zoophile) ou bien Nick Swardson, cantonné à jouer les misfits beaufs et aux vannes en dessous de la ceinture. Eux tous incarnent, d’une certaine manière, ce que Missy apporte à Tim : le fait d’assumer sa part de folie et le dévoiler au public, sans la crainte d’être gênants. On a vu beaucoup mieux chez Happy Madison, notamment grâce aux pitreries d’Adam Sandler dans Billy Madison ou bien Copains pour toujours 2, on ne peut même pas dire que The Wrong Missy soit réussi tant tout est terriblement attendu et répétitif. Mais la forte présence de la compagnie sur Netflix permet à ce film de clamer sa désinvolture bruyante et pétomane. Ce n’est pas dire Je t’aime que va devoir apprendre à faire David Spade mais bien faire le plus de conneries possibles. Spectateurs de bons goûts, vous risquez de passer votre chemin à moins que vous aussi, vous voulez assumer votre goût pour le potache ?

Une romcom peu inspirée
Plus un hymne à la connerie qu'au romantisme, The Wrong Missy aurait pu faire mouche dans son propos s'il ne se contentait pas d'une écriture aussi peu inspirée. La bêtise est agréable à voir au cinéma, pas quand elle s'occupe d'un scénario.
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Bande-annonce :

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