Never Rarely Sometimes Always : 21st Century Women

On aurait tort de se faire cet a-priori facile quand on s’intéresse à la carrière du film. S’il a écumé les festivals les plus prestigieux du cinéma indépendant (à savoir, celui de Berlin et de Sundance), Never Rarely Sometimes Always n’a rien de l’objet cliché de l’indie US que l’on pourrait facilement imaginer. La réalisation d’Eliza Hittman nous submerge d’émotions avec son héroïne embarquée dans une balade bouleversante, dans une Amérique perturbée par son puritanisme teinté de masculinité toxique.

Parfois, il y a ces films qui surgissent de nulle part, sortent en catimini et qui pourtant, résonnent. Le récit naturaliste d’Eliza Hittman va dans ce sens. L’histoire intime d’Autumn, une jeune femme subissant un véritable parcours du combattant pour se faire avorter, interpelle sur le puritanisme et ses contradictions extrêmes qui règne aux États-Unis. Sans appuyer un discours par la caméra, celle-ci déroule naturellement le parcours de son héroïne sans effets de mise-en-scène, Hittman capte par les rencontres vécues par les héroïnes une véritable tension très vite palpable, voire étouffante.

À travers l’intimité de son héroïne, dévoilée sans concessions (certaines séquences peuvent s’avérer difficile à voir), les présences masculines nous rendent de plus en plus méfiants. Le film confronte deux héroïnes de la vie ordinaire à des comportements abjectes de plus en plus banalisés. Il fait froid dans le dos en cela. Mais plus loin que de révéler cette part sombre de la masculinité, Hittman témoigne surtout de la difficulté pour ces personnages féminins de vivre dans un quotidien partagée entre puritanisme et masculinité toxique impunie. La seule arme ? L’entraide, traduite par des scènes d’interrogatoires empathiques et de simples poignées de mains. Des éléments simples, en apparence, mais qui bouleverse au plus haut point.

De l'indie sensible et important
Modeste dans son dispositif, "Never Rarely Sometimes Always" déploie pourtant une grande force politique. Un drame intime qui fait confiance au regard empathique que le spectateur doit avoir.
4

Bande-annonce

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