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Les Filles du Docteur March, la critique

C’est la première critique de la décennie ! Et que dire, à part que 2020 s’ouvre avec majesté par ce qui sera définitivement l’un de nos films coups de cœurs sortis en cette première année de la décennie 2020. Après Lady Bird il y a deux ans, Greta Gerwig s’est consacrée à un projet de grande envergure : une nouvelle adaptation du célèbre roman de Louisa May Alcott, Les Quatre filles du Docteur March. Une réappropriation moderne et revigorante, le faisant d’office un classique de cette année.

Lady Bird sonnait déjà comme un nouveau souffle dans le cinéma américain. Loin des clichés qu’Hollywood a utilisé jusqu’à l’overdose depuis les succès du duo Jason Reitman/Diablo Cody, le premier long-métrage réalisé entièrement par Greta Gerwig (elle avait déjà co-réalisé un film avec Joe Swanberg) sortait des sentiers battus avec un teen-movie féminin personnel et énergique. L’histoire de Lady Bird, alias Christine, racontait avec humour l’ambition d’une adolescente de Sacramento à partir étudier à New-York. Ce récit sur le passage à l’âge adulte va de pair avec le film traité par cette critique.

Mais Les Filles du Docteur March n’est pas une version 18ème siècle de Lady Bird. Il en est une prolongation ambitieuse. Le titre original, Little Women, est à ce propos plus raccord avec ces deux histoires plutôt que son titre français. Par un jeu malin de temporalités alternées par des flash-backs, on suit le parcours tourmenté de quatre sœurs complices partagées par leurs ambitions et la réalité. Celle que l’on va suivre principalement est Jo, toujours joué par Saiorse Ronan après son rôle dans Lady Bird. Celle qui va souhaiter partir à New York pour devenir une romancière à succès va devoir se confronter à la vie adulte. Et si elle apparaît comme le fil conducteur de de ce récit, Greta Gerwig n’oublie pas d’accorder une place importance à chaque personnage présent. Les sœurs (jouées par Emma Watson, Eliza Scanlen et Florence Pugh) ont aussi leurs mots à dire et on comprend que l’intention de Gerwig n’est pas de refaire un Lady Bird en costumes, dans le sens où il sera encore question de volonté d’être artiste quand on est une femme.

Par ses quatre sœurs, le film évoque plusieurs thèmes sans jamais les déconsidérer une seule seconde. Chacune a une vision différente de l’amour, de la famille, de l’ambition, le dôtant ainsi d’une complexité revigorante à ce genre de films. On repense d’ailleurs à différents succès sortis ces dernières années comme La Favorite ou Portrait de la jeune fille en feu, qui explosaient les normes avec grâce et rebellion. Ici, le film de Gerwig détonne par une mise-en-scène classieuse mais sans cesse en mouvement. Elle capte la vie de ces sœurs comme un tourbillon, usant des travellings et des ralentis comme bon lui semble. Comme une reprise du plan mythique de Frances Ha où le personnage de Gerwig courrait déjà dans la rue, dans un geste repris à celui de Denis Lavant dans Mauvais Sang, le travelling introduisant le titre du film où l’on voit Joe courir dans les rues, résume bien l’esprit du film. Une trajectoire toute droite, semée d’embûches, mais peu enclin à l’abandon.

Pour finir de vous convaincre à aller voir ce magnifique film, il faut aussi dire que ce film a un pouvoir chaleureux qui écrase le spectateur par sa bienveillance réconfortante. On se sent bien devant Les Filles Du Docteur Marsch, on adore suivre ces personnages tous aussi intéressants et empathiques les uns que les autres (même Louis Garrel en critique qui ne mâche pas ses mots, c’est dire). On a l’impression de grandir avec eux et ce n’est pas la photographie de Yorick Le Saux ou la musique de Alexandre Desplat qui vont nous décrocher de ce petit nuage.

Alors, c'est simple : pour commencer parfaitement votre année, il faut aller voir Les Filles du Docteur Marsch. Du grand cinéma romanesque et épique, qui saura vous émouvoir à chaque seconde et qui vous étonnera par sa modernité rajeunissante.
5
Magnifique
Hipster passionné

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Court-métrage réalisé par Thomas Barbenson et Morgane Faulkner