Brutus vs César : puy du flop

C’était censé être l’évènement comique du cinéma français de cette année. Kheiron, auteur des excellents Nous trois ou rien et Mauvaises Herbes, réunit toute la fine fleur de la jeune comédie française mais aussi celle qui fait office de vétéran pour un projet pour le moins ambitieux : réaliser un péplum. Appeler alors tous les âges pour faire son Jean Yanne, comme on peut se l’imaginer. Sur le papier, pourquoi pas ? Malheureusement, l’aventure de Brutus ne se révélera que minus…

À Rome, alors que le peuple est soumis à l’autorité abusive et capricieuse de Jules César (joué par Ramzy Bédia, qui semble ne pas avoir quitté son rôle de patron autoritaire des Blagues de Toto…), le fils rejeté de l’empereur voit sa vie basculé lorsque deux sénateurs (Thierry Lhermitte et Gérard Darmon) l’embarquent dans un complot visant à assassiner son père. De péripéties en péripéties, il se retrouvera plongé au coeur d’un conflit mêlant l’empereur, ses soldats et le peuple gaulois.

La déception face à ce film est égale à la sympathie immédiate qu’on peut éprouver face au cinéma de Kheiron. Si ce troisième long-métrage marque la limite d’un auto-centrage, qui devient très vite agaçant, l’auteur rendait ses précédents films très personnels en faisant part d’éléments importants de sa vie. Son premier film racontait l’histoire de ses parents, le second faisait part de son expérience d’éducateur. Ceci avec un humour absurde, concret, qui permettait de décompresser face à la gravité de certaines situations. Kheiron n’ayant pas vécu à cette époque de Rome, s’imposer soi-même devient alors un exercice plus périlleux. Sans effort, le voir rejouer son personnage candide et gaffeur, écrasant ainsi tout le potentiel du contexte auquel il s’attaque, c’est frustrant.

Cela se voit face au casting royal (en dehors des noms déjà cités, on a tout de même Pierre Richard, Reem Kheirici, Artus, Issa Doumbia, Youssef Hajdi, Marc Zinga, Bérengère Krief et j’en passe…), complètement effacé par le personnage de Brutus qui n’arrête pas d’intervenir pour sortir les mêmes vannes. Résultat, avec seulement un humour tiède pour servir de moteur au film, tout tombe finalement très à plat. Tourné autour des mêmes vannes foireuses, les scènes se succèdent sans que l’on se préoccupe réellement de ce qui est raconté.

Une tentative ratée
Se concluant sur un cliffhanger, l’ambition de Kheiron apparaît subitement pour nous rappeler qu’elle existait. Très paresseux dans son écriture, la frustration devient très vite une déception devant tout un potentiel gaspillé. On espère que cette chute de Kheiron lui permettra de se relever !
1

Bande-annonce :

La caméra stylo à Hollywood : une étude en quatre blockbusters
Un dossier réalisé par Amaury Foucart