The Dying & the Dead, hero scene
©Glénat Comics et Image Comics

The Dying & the Dead, notre avis sur le tome 1

Chaque nouveau projet de Jonathan Hickman est un micro-événement dans le monde des comics. Au fil des ans, et ce peu importe la maison qui l’héberge, l’auteur s’est forgé une solide réputation, qui fait aussi bien le sel de ses fans que de ses détracteurs. Il faut dire que s’engouffrer dans une de ses créations a de quoi donner le tournis. Connu pour ses concepts poussés jusqu’à l’extrême, Hickman a toujours eu tendance à prendre son temps plus que de raison, pour développer des univers fascinants et forcément plus difficiles d’accès que la moyenne. Avec The Dying & the Dead, la donne change un peu. Limitée à 10 numéros, cette nouvelle série publiée en France chez Glénat Comics (et chez Image Comics aux USA) apporte de vraies contraintes temporelles à ce scénariste d’habitude très porté sur la rallonge. Des contraintes qui n’empêchent pas Jonathan Hickman de nous sortir un un premier tome de très haute volée, comme à son habitude.

Jusqu’à ce que la Mort les sépare…

Placer les récits de Jonathan Hickman dans une seule et unique case est pour ainsi dire impossible. Un simple coup d’oeil sur East of West, l’incroyable western apocalyptique et teinté d’ésotérisme suffit à s’en convaincre. The Dying & the Dead ne déroge pas à la règle. Cette fois-ci, Hickman s’attaque au sujet ultime, celui qui fascine autant qu’il effraie : la Mort. Enfin, plus que la Mort elle-même, c’est l’inaltérable tendance des êtres humains à vouloir la repousser ou la tromper qui l’intéresse. Pour étudier cette question, Hickman fait appel à une bande de vétérans de la Seconde Guerre Mondiale, des mecs qui ont vu la Mort de très près et, les années passant, s’en sont rapprochés de plus en plus. La réunion d’une bande de vieilles bidasses pour « un dernier job », comme dirait notre ami Dominic Toretto.

On se retrouve donc face à un groupe de Space Cowboys restés sur Terre, dans une mission de la plus haute importance puisqu’il s’agit de sauver l’humanité pour un groupe d’entités surnaturelles. Rien que ça. Comme si le film de Clint Eastwood avait fait un enfant avec on ne sait quel délire mystico-fantastique. Dans les mains de n’importe qui, ce délicat mélange aurait donné la bande dessinée la plus indigeste au monde. Sauf qu’il s’agit de Jonathan Hickman, et que l’infaisable, c’est sa spécialité. Comme toujours, l’auteur dépeint son univers à son rythme, peu soucieux des lecteurs qui pourraient lâcher l’affaire, voyant que ça ne s’emballe pas des masses. Parce qu’il faudra attendre une poignée de numéros avant que les choses ne deviennent réellement sérieuses, le temps de mettre en place les enjeux, les thématiques et tout le bardas de Hickman, avant de se focaliser sur l’action.

Parlant d’action, le cinquième numéro, qui clôt ce premier tome, est incroyable. Pas de dialogues, juste une longue série de pages hallucinantes de la part de Ryan Bodenheim, pour une narration qui n’a rien à envier à ce que ferait un Geof Darrow sur Shaolin Cowboy, le fun en moins, la tragédie en plus. Ce numéro tranche clairement avec les précédents et opère une transition radicale avec le tome 2, que l’on imagine moins bavard et plus direct. On espère en tout cas que la patte très cinématographique de Bodenheim répondra toujours présente et que Hickman saura offrir une conclusion satisfaisante à cette série particulièrement originale.

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Fidèle à la logique « high concept » de Jonathan Hickman, The Dying & the Dead se crée une véritable mythologie à partir d’une base pourtant très convenue. L’auteur démontre une nouvelle fois ses capacités de batisseur, sans pour autant avoir à étaler la confiture comme il le faisait sur East of West, série en 10 numéros oblige. Espérons que ce format court lui permettra de conclure convenablement une histoire qui a très bien commencé !

Galerie de couvertures

Toutes les images appartiennent à ©Glénat Comics et Image Comics.

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