Shirtless Bear-Fighter!, paru chez HiComics : notre avis sur le comics
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Shirtless Bear-Fighter!, notre avis sur la parution HiComics

Hold my bear!

3.5
Un hommage "frappé" aux années 80

La nostalgie est une arme à double tranchant. Entre de mauvaises mains, elle n'aboutit que sur de la paresse. Chez Leheup et Girner en revanche, elle donne naissance à un Shirtless Bear-Fighter! profondément absurde et abyssalement crétin, nourri à la testostérone et à la punchline over-the-top.

L’avis de Kuru sur Shirtless Bear-Fighter!

Shirtless Bear-Fighter!, paru chez HiComics : notre avis sur le comics
Release Date
19 septembre 2018
Scénario
Jody Leheup, Sebastian Girner
Dessin
Nil Vendrell, Mike Spicer
Editeur
HiComics
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On a tous un peu été élevés à la sauce 80’s. Les enfants des années 90 découvraient les vidéothèque de leurs parents, premiers adeptes des films de Chuck Norris, Sylvester Stallone ou encore Arnold Schwarzenegger. Même aujourd’hui, il est impossible d’échapper au retour de cette époque, omniprésente à travers le cinéma, qu’il s’agisse de suites, de remakes ou d’oeuvres totalement originales (comme Stranger Things). Bien que le format soit différent, c’est bel et bien dans ce cinéma d’antan et ses tares que viennent allègrement piocher Jody Leheup et Sebastian Girner pour Shirtless Bear-Fighter!. Au départ, il y a un concept, celui d’un homme trop viril, habitant de la forêt, élevé par des ours dès son plus jeune âge. Jusqu’à ce qu’un drame vienne bousculer le quotidien de notre héros barbu, dès lors déterminé à se venger des mammifère qu’il considérait jadis comme sa famille.

Quand nous parlions de « tares », nous pensions bien évidemment aux clichés des films des années 80, aujourd’hui considérés comme totalement ringards. Shirtless Bear-Fighter! se nourrit de ces clichés et en joue de manière à se créer sa propre mythologie. On y croise bien évidemment le méchant aux motivations débiles, les vrais-faux-alliés, la « rookie » du FBI qui deviendra forcément un love interest pour le héros, et ainsi de suite. Inutile d’y chercher la moindre forme d’introspection sur notre perception de la nostalgie, on s’en tamponne le coquillard. Shirtless Bear-Fighter! est un plaisir idiot et régressif, qu’on lira le sourire aux lèvres en se rappelant chaque long-métrage que l’on appréciait à l’époque. Les deux scénaristes se permettent même d’éviter le principal écueil des œuvres qui carburent au « c’était mieux avant », le fameux « effet doudou ». Si la finesse n’est clairement pas le fort de cette BD, Shirtless Bear-Fighter! ne succombe jamais à la référence facile et aux caméos putassiers.

Pour appuyer ces influences cinématographiques, la partie artistique se devait d’être dynamique. On est dans un pur hommage au cinéma d’action après tout. Justement, les lignes simples de Nil Vendrell sont parfaitement appropriées dans le cas présent. Le « cadrage », pour rester dans la thématique, importe plus que les détails, d’où la profusion de plans iconiques, que l’on reconnaîtra au premier coup d’oeil. Pas de quoi sauter au plafond néanmoins, Shirtless Bear-Fighter! est propre, sans jamais basculer dans le « beau », la faute à un léger manque de folie, paradoxalement. Ce n’est pas handicapant pour autant, le récit s’apprécie pour ce qu’il est : un pur plaisir coupable qui nous rappelle qu’on ne sera jamais trop vieux pour ces conneries.

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