Wedding Nightmare, la critique

Les mariages ont toujours leurs codes. Il y a la photo de famille, le bouquet de la mariée, la danse du Madison ou bien le tonton bourré qui a trop abusé sur les verres de champagnes. Sauf que dans « Wedding Nightmare », la tradition fait qu’une partie de cache-cache en famille doit secrètement se transformer en une chasse à la mariée particulièrement éprouvante. Sorti de nul part en cette fin d’été, ce survival règle ses comptes à l’aristocratie de façon vénère et ludique avec une révélation : Samara Weaving.

Pas le temps de plaisanter, ou presque, selon Tyler Gillet et Matt Bettineli-Olpin. Dès le départ, les deux réalisateurs tirent à balles réelles sur la bourgeoisie blanche. Et cela par l’intermédiaire du génial personnage qu’est Grace. Joué par l’impressionnante Samara Weaving, ses yeux gigantesques aux airs d’Emma Stone perçoivent déjà avant d’entrer dans l’autel qu’elle a affaire à une famille pas forcément des plus sympathiques.

Car pour faire simple, c’est un Jumanji avec des meurtres sanguinolents et sans Robin Williams.

Par ce fait, l’exposition de ce film devient aussi ludique qu’un mode d’emploi de jeu de société. On démarre en apprenant à connaître les personnages que l’on va rencontrer, l’environnement très luxueux partageant son architecture vieillotte avec une sécurité de haute technologie, ainsi que les règles du jeu qui se révéleront assez extrêmes. Car pour faire simple, c’est un Jumanji avec des meurtres sanguinolents et sans Robin Williams.

Ok, ça a changé visiblement Notre Belle-Famille

Une fois les dés lancés, le tutoriel s’efface pour dévoiler une partie de cache-cache particulièrement douloureuse pour la joueuse-victime. Comme dans un jeu, plus on avance et moins la partie s’avère facile. L’héroïne, modèle de « final-girl », l’apprendra à ses dépens. On a mal, très mal, durant « Wedding Nightmare ». Mais toute cette souffrance se retournera pour laisser le film régler ses comptes contre une bourgeoisie complètement déglinguée. Par une touche d’humour noir tombant toujours juste, ce jeu de massacres devient très vite réjouissant. Il rappelle par ailleurs le Get Out de Jordan Peele, étrillant lui aussi une horrible famille sous un autre angle plus politique cette fois.

Fun
Avec la présence d'Andie MacDowell au générique, on a limite envie de partager la drôlerie du film en le renommant "Un mariage et plusieurs enterrements". Mais on se contentera de saluer l'audace de "Wedding Nightmare". Avec son high-concept traité jusqu'au bout, par un final digne des plus magnifiques des sales gosses du cinéma d'horreur (on pense à toi, Sam Raimi), ce vent d'originalité mérite que le public se prenne au jeu.
3.5
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