Les tops ciné 2018 de la rédaction

Quand arrive la fin de l’année, tout le monde s’amuse à faire son petit top. Musical, sériel, vidéoludique, gastronomique, pénal (en classant le montant des amendes) : tout est possible. Du coup, pour la première fois, étant donné que nous sommes maintenant plusieurs rédacteurs derrière Good Taste Police, nous nous sommes prêtés à l’exercice, au niveau cinématographique.

Chaque membre a ainsi constitué son petit top 10, qui a ensuite été rajouté dans un mixer géant pour en ressortir un top 10 global. D’ailleurs, on va commencer par celui-là, histoire de ne pas avoir à vous faire scroller jusqu’en bas de la page (parce qu’on sait tous que vous vous foutez des goûts étranges de Victor).

Prêt ?

Faux départ. Avant d’entamer un top, il est important de « se mettre dans le mood ». Se mettre bien quoi, avec un peu de son et un paquet de Pringles. Du coup, on vous a sélectionné 10 morceaux de musique marquants de cette année, sans se borner à un genre en particulier ou aux films du top global.

Cette fois, c’est la bonne !

Le Top 10 ciné de Good Taste Police

Vous retrouverez la critique (si elle existe) de ces films en cliquant sur leur titre.

  1. Hostiles, de Scott Cooper
  2. Sans un bruit, de John Krasinski
  3. 3 Billboards, de Martin McDonagh
  4. Climax, de Gaspar Noé
  5. Spider-Man : New Generation, de Peter Ramsay
  6. Le Grand Bain, de Gilles Lellouche
  7. Hérédité, de Ari Aster
  8. Une Affaire de famille, de Hirokazu Kore-eda
  9. Mektoub My Love : Canto Uno, de Abdellatif Kechiche
  10. Annihilation, de Alex Garland

Les Tops individuels de la rédaction

Le Top 10 d’Alexandre

Je débute chaque année en espérant me retrouver, 1 an plus tard, face à un top le plus varié possible. En réalité, c’est simplement une façon de me pousser à aller voir tout et n’importe quoi. En général, ça me réussit et ce n’est pas 2018 qui me fera dire le contraire. Si le cinéma américain prédomine toujours, on y trouve un peu de tout. Du cinéma asiatique, de l’animation, un film de natation synchronisée masculine, un trip sous acide, un biopic ou encore un western : n’importe qui pourrait y trouver son bonheur. Néanmoins, si je ne devais retenir qu’un seul film à conseiller cette année, ce serait The Battleship Island. Honteusement distribué dans une seule et unique salle en France à sa sortie, ce film de guerre / drame / comédie / aventure est une immense réussite à tous les niveaux.

Oh, et si la 3D du niveau de Avatar vous manque, ruez-vous sur Detective Dee. Vous me remercierez plus tard.

  1. Annihilation, de Alex Garland
  2. Hostiles, de Scott Cooper
  3. Spider-Man : New Generation, de Peter Ramsey
  4. Mandy, de Panos Cosmatos
  5. The Battleship Island, de Ryoo Seung-wan
  6. Mission Impossible : Fallout, de Christopher McQuarrie
  7. Sans un bruit, de John Krasinski
  8. Detective Dee : La légende des Rois Célestes, de Tsui Hark
  9. A Star is Born, de Bradley Cooper
  10. Le Grand Bain, de Gilles Lellouche

Flop de l’année : Robin de Bois, de Otto Bathurst.

Il est assez incroyable de voir à quel point les majors prennent du plaisir à passer tout et n’importe quoi à la moulinette du blockbuster générique et con. Comprenez par là : « A LEUR CHIER DESSUS ». Ici, Robin des Bois est transformé en leader syndical qui a passé beaucoup trop de temps sur Assassin’s Creed II. Il y a les films tellement-nuls-qu’ils-en-sont-drôles. Celui-ci n’en fait pas partie.

Le Top 10 d’Amaury

Excellent cru que cette année cinématographique 2018, au cours de laquelle on aura vu moult audaces et expériences formelles enthousiasmantes, tant chez les vétérans revenus en force (Abdellatif Kechiche, Gaspar Noé, Steven Spielberg…), que chez les jeunes cinéastes de plus en plus affirmés (Yann Gonzalez, Martin McDonagh, Luca Guadagnino…), sans compter une poignée de débutants qui ont fait leurs premières armes avec panache (Greta Gerwig, Ari Aster, John Krasinski…).

Outre l’aspect très chauvin de mon top 10 (quatre français en tête tout de même), je remarque qu’il témoigne d’une année assez violente, avec cinq déclinaisons plus ou moins arty du genre horrifique. Rituels sataniques chez Aster et Guadagnino, body horror chez Gaspar Noé, meurtres fétichistes chez Yann Gonzalès, jusqu’au coup de génie de Krasinski, qui situe la terreur dans le silence le plus total. Malgré tout, l’année à été très chaude, avec des propositions riches en corps sexualisés et exultés, notamment à travers la danse chez Noé et Kechiche, ou dans une veine plus radicalement étrange : chez Guadagnino, qui ose la tension homohérotique avec son Suspiria… Tension que l’on retrouve évidemment au plus haut du côté de Gonzalès, avec son hommage débridé au porno gay des eighties. Bref, on s’est bien amusé et j’espère que l’année 2019 sera tout aussi gourmande. Mention honorable tout de même à The Rider, L’Île aux chiens et La Forme de l’eau, qui étaient à deux doigts d’entrer dans mon top.

  1. Mektoub My Love : Canto Uno, de Abdellatif Kechiche
  2. Climax, de Gaspar Noé
  3. Un couteau dans le cœur, de Yann Gonzalez
  4. Le Grand Bain, de Gilles Lellouche
  5. 3 Billboards, de Martin McDonagh
  6. Hérédité, de Ari Aster
  7. Sans un bruit, de John Krasinski
  8. Pentagon Papers, de Steven Spielberg
  9. Suspiria, de Luca Guadagnino
  10. Lady Bird, de Greta Gerwig

Flop de l’année : The House That Jack Built, de Lars Von Trier.

Pour ses provocations à deux balles, son indigence intellectuelle et sa mise en scène brouillonne.

Le Top 10 de Victor

Cette année cinématographique aura surtout été question d’une « affaire de famille ». Parmi les films qui m’ont le plus marqué en 2018, nombreux sont ceux qui ont pour cadre la structure familiale. Principalement détruite, ou tissée par des liens étranges, on est comme Cléo dans Roma, spectateurs de bouleversements sans précédents. Utoya, 22 Juillet, Amanda et Hérédité évoquent ces chocs avec violence tandis que Lady Bird parle d’émancipation avec humour et nostalgie. Mais 2018 surprend aussi dans nos nouvelles habitudes de visionnage. La question Netflix est évidemment passé cette année et après tant de mois à râler, le constat est tout de même la : peu importe où le film sera vu, ce qui importe est ce qu’il nous raconte. Ainsi Alfonso Cuaron, Sandi Tan et Paul Schrader (pas Netflix, mais DTV pour celui-ci) apparaissent alors même qu’ils n’ont pas été vus au cinéma. Lazzaro Felice, merveille de néoréalisme fantaisiste, est sorti dans nos salles mais connaît ce même chemin dans le reste du monde.

  1. Une Affaire de famille, de Hirokazu Kore-Eda
  2. First Reformed, de Paul Schrader
  3. Amanda, de Mikhaël Hers
  4. Roma, de Alfonso Cuaron
  5. Lady Bird, de Greta Gerwig
  6. Hérédité, de Ari Aster
  7. Call Me By Your Name, de Luca Guadagnino
  8. Utoya, 22 Juillet, de Erik Poppe
  9. Shirkers, de Sandi Tan
  10. Lazzaro Felice, de Alice Rohrwacher

Mentions honorables : Les Garçons Sauvages de Bertrand Mandico, Un couteau dans le cœur de Yann Gonzalez, Private Life de Tamara Jenkins, Mademoiselle de Jonquières d’Emmanuel Mouret, A Star Is Born de Bradley Cooper, L’île aux chiens de Wes Anderson, Phantom Thread de Paul Thomas Anderson, Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré.

Flop de l’année : Mektoub My Love : Canto Uno, de Abdellatif Kechiche.

Je voulais tellement aimer ce film. Une balade estivale à Sète, un moment de repos et de vacances digne des films d’Eric Rohmer sur les plages ensoleillés. Malheureusement, il fut désolant de voir le regard excessivement masculin de Kechiche s’approprier lourdement la caméra. D’une longueur cauchemardesque, le film fatigue par ses séquences à rallonge. Probablement la plus grande déception de l’année, de la part d’un réalisateur qui nous avait offert le magnifique La Vie d’Adèle en 2013.

Le Top 10 de Lucile

L’année 2018 aura été somme toute moins surprenante que la précédente, mais présente toutefois quelques jolies perles. Outre ce top, j’accorde quelques mentions spéciales, à commencer par Avengers : Infinity War et Black Panther, meilleurs blockbusters de l’année, à Game Night et Mauvaises herbes, deux comédies très sympa, au cynisme de Thunder Road, ainsi qu’à Pierre Lapin, petit film familial sans prétention à découvrir.

  1. 3 Billboards, de Martin McDonagh
  2. Hostiles, de Scott Cooper
  3. Sans un bruit, de John Krasinski
  4. Blindspotting, de Carlos Lopez Estrada
  5. Spider-Man : New Generation, de Peter Ramsey
  6. I, Tonya, de Craig Gillespie
  7. Climax, de Gaspar Noé
  8. A Star Is Born, de Bradley Cooper
  9. Sale temps à l’hôtel El Royale, de Drew Goddard
  10. Le Grand Bain, de Gilles Lellouche

Flop de l’année : L’Homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam.

Pour le ridicule général, de la mise en scène au jeu des acteurs. Tout est ringard et presque gênant.

Plus d'articles
CRITIQUE ET RENCONTRE Daddy Cool, de Maxime Govare