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Tigertail : un souvenir de ma jeunesse

Habitué à l’expérience des séries télévisées (notamment sur Parks and Recreation et Forever), Alan Yang se lance cette fois-ci dans le défi du long-métrage avec Tigertail. Disponible sur Netflix, ce récit personnel touchant rappelle les thématiques de sa série Master of None en évoquant le thème de l’immigration.

Tigertail : Photo Christine Ko, Tzi Ma

Inspiré par l’histoire de son père, Yang prouve un talent indéniable pour montrer l’émotion à l’écran avec pudeur. Tigertail raconte le difficile parcours d’intégration de Pin-Jui, immigré taïwanais parti vivre aux États-Unis en espérant un meilleur avenir. Plutôt que de suivre linéairement l’ascension de cette intégration, Yang prend le choix de nous faire compatir d’une autre manière. Par le biais de flash-backs qui convoquent la mémoire d’un Pin-Jui désormais âgé, il émeut en nous plongeant dans les souvenirs d’un homme complexe.

Il interroge un thème universel, le regret, en convoquant le souvenir d’un amour de jeunesse au héros.

Ce premier film s’avère réussi dans sa simplicité à émouvoir. Sans amoindrir les parts d’ombres de son personnage principal, qui est montré en froid avec son ex-femme et sa fille, Yang montre à l’écran une intériorité facile à déceler pour nous spectateurs. Il interroge un thème universel, le regret, en impliquant le souvenir d’un amour de jeunesse au héros. Bien que baladant cette impitoyable amertume auprès de son personnage tout le long de cette histoire, Tigertail n’oublie pas de le faire relever. Il amène, dans ses derniers instants, une touche d’optimisme par le biais d’un simple geste et des paroles. Il est avant tout question de cela dans ce joli film indépendant, de communiquer et transmettre l’histoire de son passé pour se réconcilier et aller vers l’avant.

Un drame personnel et émouvant
Modeste et pourtant peu avare en émotions, Tigertail marque les débuts réussis de Alan Yang au cinéma. Ce petit film, au grand coeur, émeut par sa capacité à en dire long sur des émotions en parlant pourtant très peu.
3.5

Bande-annonce :

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