photo du film The Vigil

The Vigil : une réinvention de la maison hantée

Un soir comme un autre à New-York, un jeune homme nommé Yakov se voit dans l’obligation financière d’accepter d’être shomer. C’est à dire, dans la religion juive orthodoxe, de veiller sur un défunt le temps d’une nuit pour qu’il puisse reposer en paix. Évidemment, cette mission ne sera pas si simple puisqu’un esprit maléfique rôde dans les parages de la demeure. Le pitch classique de la maison hantée, rien de plus simple, mais servi avec un autre regard. C’est ce que nous propose Keith Thomas dans l’efficace The Vigil.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, The Vigil apporte un nouveau regard à un sous-genre archi usé de l’épouvante : l’esprit hanté. Habituellement raconté autour d’une culture chrétienne où de super-pasteurs chassaient les démons à grand coups de crucifix, le cinéaste Keith Thomas souhaitait tourner une histoire de ce genre autour de la religion juive. L’originalité de ce film tient dans ce postulat. Il étale alors un folklore, méconnu du public non-juif, qui rend alors inédit des effets classiques de l’horreur (comme des jumpscares). Minimaliste, le film confronte alors une dualité inédite : le shomer, celui qui veille à ce que les morts reposent en paix jusqu’à l’aube, et le Majik, un démon insidieux qui se nourrit des traumatismes du passé qu’ont vécu certaines personnes. De cette confrontation, l’intelligence de ce film modeste sera de petit à petit, installer une sensibilité assez émouvante autour d’un mal qui lui existe malheureusement bel et bien : l’antisémitisme.

Peu étonnant que le film fût distribué par Jason Blum, The Vigil est un récit divertissant et politique. L’horreur post-traumatique qui découle chez les personnages provient en réalité de ce mal haineux qui persiste. Yakov en est aussi une victime que son défunt. Dès lors que l’on apprend ce qui lui est arrivé, expliquant alors les intentions du démon, le film devient un drame psychologique sur le poids de la culpabilité et comment s’en défaire. Le minimalisme des effets horrifiques, créés à partir d’objets du quotidien (tel un smartphone), ramène cette histoire à une échelle intimement empathique. En une simple heure et demi se dévoile une aventure humaine palpitante. Aidé par une mise-en-scène efficace, allant à l’essentiel de ses impacts visuels, ce petit film ouvre grand les yeux sur une culture invisibilisée, notamment dans l’horreur mainstream. Du neuf avec du vieux, en somme.

photo du film The Vigil
Un conte horrifique surprenant
Simple et efficace, The Vigil surprend en rendant des effets convenus inédits par le folklore qu’il décide d’explorer. Affirmé dans sa réalisation et ses intentions, Keith Thomas a tout d’un réalisateur à suivre. Un nouveau regard qu’on risque de recroiser, puisqu’un prochain long-métrage est déjà en préparation avec Jason Blum à la production.
4

Bande-annonce :

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