Universal Pictures

THE HUNT : chasse à l’homme et à l’idiotie

Un beau jour, plusieurs individus se réveillent dans un terrain inconnu. Si la situation n’était pas suffisamment étrange, ils sont soudainement pris en chasse par des inconnus. Cette chasse à l’homme géante est le concept de The Hunt, nouvelle production décapante de Jason Blum. Et une fois de plus, si ce pitch pouvait être quelque chose de convenu, il cache en réalité une satire politique jubilatoire. Imaginez la culture Woke contre l’alt-right, mais pas sur Twitter mais avec de la castagne, et vous aurez une idée de ce qu’est ce film !

Chasse à l’homme 2.0

The Hunt : Photo Betty Gilpin

Le président des États-Unis aurait mieux fait de se taire, encore une fois, avant de provoquer la zizanie contre ce film. Craignant une dangerosité à l’encontre du parti républicain à la vue de son scénario, le second degré est vraisemblablement passé inaperçu. Rappelons le pitch : plusieurs citoyens américains, aux opinions politiques d’extrême-droite pour la plupart, se retrouvent chassés par une classe d’élite proche du parti démocrate. The Hunt est une satire. Craig Zobel et Damon Lindelorf n’épargnent personne.

Il faut regarder The Hunt pour ce qu’il est réellement : une série B mal-élevée, sale et insolente.

On y trouve un podcaster raciste, des complotistes qui écument Reddit pour dénigrer le réchauffement climatique ou bien des privilégiés blancs qui s’extasient d’un like d’Ava DuVernay sur Twitter avant d’exterminer des gens.  Il faut regarder The Hunt pour ce qu’il est réellement : une série B mal-élevée, sale et insolente. Cette représentation des États-Unis n’a rien de sérieux une seule seconde même si franchement, on rit jaune tant elle est proche de la réalité.

http://fr.web.img5.acsta.net/r_1920_1080/pictures/20/02/28/09/23/1385622.jpg
Million Dollar Baby 2

La force du film est dans sa manière d’envoyer valser les attentes du genre et, surtout, de ne jamais prendre parti pour qui que ce soit. C’est pour cela que le film nous propose de suivre précisément une victime, dont on ne saura rien jusqu’au bout. Joué par Betty Gilpin, que l’on a pu voir dans la série Glow, Crystal incarne la nonchalance amusante de ce film. Cette héroïne ne s’attarde ni à se présenter, ni à justifier sa présence. Déterminée à survivre par n’importe quel moyen, elle délivre son lot de coups et de punchlines avec un ton décomplexé donnant le sourire aux lèvres. Sa prestation, jusqu’au boutiste dans un final délirant la faisant combattre contre une excellente Hilary Swank (qui n’a rien perdu de ses leçons de boxe avec ce bon vieux Clint Eastwood, au passage), élève le film plus haut qu’une simple guéguerre entre clans. Elle envoie un doigt d’honneur aux codes de bienveillance pour servir un propos d’une ambivalence réjouissante à l’issue du visionnage.

The Internet Games
Laissez votre cerveau de côté. The Hunt vous baladera dans notre monde avec un regard sardonique, à mi-chemin entre la stupidité et l’horreur. Au pire, si l’expérience ne vous aura pas donné votre dose de frissons nécessaire, faites un tour sur Twitter…
4

BANDE-ANNONCE

La caméra stylo à Hollywood : une étude en quatre blockbusters
Un dossier réalisé par Amaury Foucart