Crédits : Christopher Raphael

The Gentlemen : règlement de comptes à O.K Boomer

Plusieurs gangs se font la guéguerre dans la banlieue londonienne. Après un Aladdin que tout le monde semble avoir oublié, Guy Ritchie est pas content envers Hollywood et le fait savoir ! Il nous réchauffe tristement ses premiers succès avec un racisme décomplexé effroyable.

A-t-on encore besoin du cinéma gangster de Guy Ritchie en 2020 ? C’est une question qu’il faut très sérieusement se poser. A-t-on encore envie de voir les mêmes histoires de quiproquos violents avec un humour noir et un virilisme exacerbé ? Surtout quand on a vu que le cinéaste était capable d’amener sa patte pour des projets plus ambitieux et sérieux (on t’oubliera jamais, Man from U.N.C.L.E !). Mais après son escapade foireuse chez Disney, Ritchie a décidé d’en avoir plus rien à faire de l’avis du public et des studios et va se lâcher. Mais il faut se rendre à l’évidence : son cinéma n’est définitivement plus en raccord avec son époque.

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The Gentlemen part d’un choc générationnel injustement impartial. Les jeunes ennuient Ritchie. Ils ne sont pas de la même époque, lui occupé à vouloir du cinéma sur pellicule argentique sans succès (il y a vraiment une vanne méta sur ça au début…) tandis que les jeunes délinquants filment leurs actions en beuglant comme des abrutis pour des likes sur Youtube. Une vision réductrice, aidée par le casting le moins moderne possible pour jouer les héros Boomers : des mâles blancs portés par une culture aberrante du virilisme. Pourtant, on les aime ces acteurs ! Qu’est-ce que sont venus fabriquer Matthew McConaughey, Hugh Grant, Charlie Humman et Jeremy « Kendall Roy » Strong dans cette galère ? Pourtant reconnus pour leurs choix versatiles de carrière, on ne comprend pas ce qui les ont amené a se retrouver en tant que figures patriarcales souhaitant imposer une autorité nauséabonde.

Au fond, Richie est un peu le Damien Saez du cinéma britannique : un artiste faussement provoc ayant eu du succès autrefois ; refaisant la même chose de nos jours sans adhérer les foules qui ont bien grandi depuis…

Les jeunes sont des idiots, les minorités sont moquées constamment, les femmes sont reléguées au rang d’objets ou de victimes : c’est un désastre sur le fond idéologique qui ne fait qu’empirer un scénario réchauffé du cinéaste. De toute façon, peut-on parler réellement de scénario ? Même de mise-en-scène ? Car il semble n’avoir rien de tout cela dans ce brouhaha agaçant. On retrouve les effets clipesques de ses premières oeuvres, sans retrouver l’audace cette fois. Car voilà ce que voulait probablement faire Richie avec cet exercice : tenter de retrouver sa gloire d’autan. Sauf que nous sommes en 2020 et que le temps a passé depuis que Brad Pitt jouait une caricature. Et Richie ne semble pas avoir compris qu’il était plus question de nos jours de truffer son scénario de vannes honteusement racistes, misogynes et homophobes. Contrairement a un cinéaste comme S. Craig Zahler, confrontant intelligemment deux figures brutales républicaines du cinéma US à notre époque pour un récit d’une rage hors normes, Ritchie urine sur les règles de bienséance avec ennui tant il nous nargue avec sa posture d’ado edgy. Au fond, il est un peu le Damien Saez du cinéma britannique : un artiste faussement provoc ayant eu du succès autrefois ; refaisant la même chose de nos jours sans adhérer les foules qui ont bien grandi depuis…

Ringard
Ne perdez pas votre temps devant The Gentleman, objet de ringardise réactionnaire à souhait. Il serait temps de sauver le soldat Ritchie et le voir concrétiser ce que les gens attendent vraiment : une suite à Man from U.N.C.L.E.
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