Terrible Jungle : in the heart of stupidity

Dans la jungle, terrible jungle des comédies françaises, une curiosité a pointé le bout de son nez ce mercredi. Deux amis, l’un scénariste pour Platane et l’autre journaliste, ont décidé de se lancer derrière la caméra et ont accouché d’un bien drôle de film : Terrible Jungle. Entouré d’un casting branché (Catherine Deneuve, Jonathan Cohen, Alice Belaïdi et Vincent Dedienne), cette habile satire acerbe est aussi piquante qu’une farce à base de poil à gratter ! 

C’est très simple. Pour réussir une comédie française maintenant, il faut qu’elle soit basée dans une jungle pour ainsi mener une véritable révolution. On l’a vu en 2016 avec La Loi de la jungle, merveille de burlesque anarchiste qui explosait le monde de l’entreprise. Un an plus tard, Éric Judor se moquait de tout le monde avec une délicieuse méchanceté dans son absurde Problemos. Aujourd’hui, Hugo Benamozig et David Caviglioli perpétuent ce nouveau sous-genre avec une farce affreuse, sale et méchante. Terrible Jungle n’est pas là pour se faire des copains, et cela même auprès du public.

Que l’on ne se méprenne pas, Terrible Jungle est un grand oui pour celui qui écrit cet article. Néanmoins, sa radicalité propre au format du premier film peut paraître vite compliqué à recevoir. Le mélange des deux parties distinctes du film peut en effet jouer en sa défaveur. On suit dans un premier temps un anthropologue incarné par Vincent Dedienne, qui se lance en pleine exploration. Au cours de son périple, il va peu à peu de rendre compte de l’esclavage que subit le peuple qu’il rencontre mais sa folie va peu à peu le faire adhérer au système. La tonalité ici est plus sérieuse, l’humour contamine petit à petit les personnages par la folie vers laquelle ils s’embourbent. 

En revanche, la deuxième partie est un festival d’humour bête mais hilarant. Dedienne estimé porté disparu par sa mère, campée par la toujours géniale Catherine Deneuve, celle-ci part à sa recherche accompagnée d’une troupe de gendarmes tout droit sortis de Police Academy. Menée par un magnifique Jonathan Cohen, excellent dans l’humour exubérant, cette joyeuse bande donne un autre souffle à cette critique sociale. Le ton est plus débridé, plus idiot. Ce sont les frères Farrelly qui rencontrent Werner Herzog. On se marre énormément devant « Terrible Jungle », tout en ayant en même temps un arrière-goût plus amer dans la satire du film. La rupture permanente des tons expose le cynisme dont il est vraiment question dans ce film. Vous risquez d’avoir des turbulences au sein de ce voyage, mais à l’atterrissage, vous vous rendrez compte que ça valait le coup.

Une farce cynique et absurde
Impitoyable dans sa critique du néo-colonialisme, Terrible Jungle n'épargne personne et n'a clairement pas l'envie de rendre ses personnages adorables. En cela, ce film présente une nouvelle comédie française Avec un casting mi-branchouille, mi-mainstream, il offre un vent de fraîcheur bienvenu.
3.5

Bande-annonce

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