Tasty Awards ’19

C’est bientôt Noël ! Et avant de déballer votre peluche de Baby Yoda ou votre Death Stranding, avant d’écouter les disputes de famille par rapport à la grève des transports, on vous offre un petit cadeau en avance. Parce qu’au fond, on a tous un côté Père ou Mère Noël dans la rédaction. C’est donc parti pour les Tasty Awards ’19, ces récompenses absurdes qui vont revisiter l’année 2019 dans le monde du cinoche. Attention, préparez vos Ok Boomers et vos gifs de réactions dans les commentaires, nos récompenses vont semer la discorde !

LES CATÉGORIES DE VICTOR

Catégorie du film rempli de belles bagnoles, de testostérone et de grand spectacle mais qui n’est pas HOBBS AND SHAW avec Dwayne Johnson et Jason Statham

Le Mans 66 – Fox

LE MANS 66 de James Mangold.

Sorti de nulle part, James Mangold revient avec son classicisme carburant à la sincérité. Véritable anomalie dans la production hollywoodienne, c’est un joli pied de nez au rachat de la Fox par Disney. Du grand spectacle teinté d’une complexité assez touchante, l’un des incontournables de l’année !

Catégorie du film le plus à droite possible sorti cette année mais c’est pas grave car on adore quand même voir un film avec Vince Vaughn et Mel Gibson en salopards

Traîné sur le bitume – Metropolitan FilmExport

TRAÎNÉ SUR LE BITUME de S.Craig Zahler

C’est un peu rageant de voir les films de Zahler passés directement à la case direct-to-video en France. Cela dit, on comprend un peu suite à sa violence brute et son flot de dialogues nonchalants et lents. Surtout quand on voit que le type a participé à ce grand spectacle nawak qu’était Puppet Master – The Littlest Reich. Mais Trainé sur le bitume, c’est une merveille d’ambiguïté. Etes-vous prêts à suivre une filature de 2h30 en compagnie de grandes vedettes de droite bourrées de défauts ? Nous, on l’était dans une partie de la rédac, et on a kiffé chaque seconde (sauf Amaury, qui nous a détesté de lui avoir fait découvrir ce film).

Catégorie du film qui a quand même plus de cinéma que CAPTAIN MARVEL et AVENGERS : ENDGAME réunis

The Irishman – Netflix

THE IRISHMAN de Martin Scorsese

Et bah oui ! The Irishman, c’est tout simplement un retour en maître de Scorsese pour prouver qu’il est l’un des patrons du cinoche. Sorti sur Netflix en France, cette fresque colossale de 3h29 sidère par son austérité et l’introspection de son auteur pour tout un pan de son cinéma. Est-ce qu’un parc d’attraction comme Captain Marvel ou Endgame pourrait faire ça ? Pas si sûr… (on s’excuse un peu pour la mauvaise foi de ce paragraphe, tout GTP n’est pas dans cet état lorsqu’on évoque le Marvel Cinematic Universe)

Catégorie de la Palme d’Or qui ne manque clairement pas de « pêche »

Parasite – The Jokers

PARASITE de Bong Joon-ho

Les récentes Palme d’Or ont toujours marchés avec moi. The Square et Une Affaire de Famille étaient mes précédents numéro Uno de mes Tops. Parasite n’aura pas le privilège d’occuper cette place convoitée (on laisse ça à un autre film récompensé du festival) de mon Top mais il sera dans mon podium, c’est sûr. Et en dehors de mon ressenti, il faut admettre une chose : il n’y aura pas eu une Palme d’Or aussi populaire depuis peut-être Pulp Fiction. Véritable phénomène critique et public, Bong Joon-ho a défoncé le game du cinéma d’auteur en signant un carton total. Un mélange des genres habile, une tension redoutable tout le long et un propos pile dans l’actu : voilà une oeuvre qui fera date.


LES CATÉGORIES DE JADE

Catégorie du film qui te donne des solutions pour mettre fin à une relation toxique

Midsommar – Metropolitan FilmExport

MIDSOMMAR d’Ari Aster

Catégorie du film qui adapte le mieux un truc de ton enfance et qui te fait pleurer même avec une chanson sur le caca

Dora et la cité perdue – Paramount

DORA ET LA CITÉ PERDUE de James Bobin

Catégorie du film que tu peux regarder les yeux fermés tellement ils et elles ont des voix douces comme du miel qui font du bien au moral

Fast And Furious presents : Hobbs and Shaw – Universal

FAST AND FURIOUS PRESENTS: HOBBS & SHAW de David Leitch


LES CATÉGORIES DE CHARLOTTE

Catégorie de l’actrice qui a réussi à être à l’affiche de plus de films français qu’Isabelle Huppert

Chambre 212 – Memento Films

Camille Cottin

On a l’impression de n’avoir vu qu’elle, pas moins de 6 films, elle a été psy chez Cédric Klapisch, prof de piano et futur lesbienne en baie de Somme chez Christophe Honoré Honoré ou encore mère croyante qui devient intégriste dans Les Éblouis, on dit bravo CAMILLE COTTIN !

Catégorie du film qui a eu raison de prendre Emma Thompson et pas Meryl Streep en tête d’affiche parce qu’elle le porte vraiment et qu’elle est trop belle

Late Night – ARP

LATE NIGHT de Nisha Ganatra.

Catégorie du film qui montre le mieux que “La montagne, ça vous gagne” est une publicité complètement mensongère

Seules les bêtes – Haut et court

SEULES LES BÊTES de Dominik Moll

Catégorie du film que tu es content/e d’avoir vu pour te la jouer un peu mais on va pas se mentir 3h c’était très long

So long, my son – Ad Vitam

SO LONG, MY SON de Wang Xiaoshuai


LES CATÉGORIES D’ALEXANDRE

Catégorie du film au twist tellement con que t’y crois pas…jusqu’à ce que tu comprennes que c’est la triste réalité

Serenity – Netflix

SERENITY de Steven Knight

Il y a deux choses à retenir de Serenity ; le sex appeal affolant de Diane Lane et le twist tout droit sorti d’un mauvais DTV des années 90. À vrai dire, quand ma compagne, après une demi-heure de film, m’a sorti dans le plus grand des calmes “je suis sûr que c’est ça”, j’ai doucement ri. Personne n’oserait sortir un retournement de situation aussi con en 2019. Figurez-vous que si. Il faut le voir pour le croire. 


Catégorie du film qui te passe l’envie d’enterrer les chatons que papa vient d’endormir avec de l’éther dans une boîte à chaussures

Simetierre – Paramount

SIMETIERRE de Kevin Kôlsch et Dennis Widmyer

Simetierre aurait pu être bien. Il aurait pu être glauque, effrayant, malsain. Mais il n’est rien de tout ça. Il est juste ennuyeux à mourir. Cela étant dit, les plus fragiles auront peut-être été touchés par ce récit de morts qui reviennent à la vie. Qui sait, tout est possible.

Catégorie du film qui te rappelle que c’est pas forcément dans les vieux pots (en fer) qu’on fait les meilleures soupe

Terminator – Paramount

TERMINATOR DARK FATE de Tim Miller

Laissez cette saga tranquille. Vraiment. Arrêtez. Stop.

Catégorie du film qui exploite à merveille le talent désarmant de Ana de Armas

A couteaux tirés – Metropolitan Film Export

À COUTEAUX TIRÉS de Rian Johsnon

Le dernier film de Rian Johnson est définitivement un “film à casting”. Une occasion de coller toute une ribambelle de (très) bons acteurs si vous préférez, ce coup-ci pour résoudre un effroyable meurtre. Pourtant, s’il y a bien une personne qui se détache du reste de la distribution, c’est bien Ana de Armas. Elle ne cesse de surprendre, enchaînant des rôles savamment choisis. Quand on pense que c’est Eli Roth et son Knock Knock qui l’ont révélée…

Catégorie du film “on n’a pas d’argent, mais on a des idées”

The Unthinkable – Wild Side

THE UNTHINKABLE de Victor Danell

Le Direct-to-video est une source inépuisable de jolies découvertes, des films audacieux dont on ne donnerait pas cher de leur survie au cinéma. The Unthinkable a tout de la trouvaille qui fait plaisir : un chouette scénario, de bons acteurs, des effets parfaitement gérés, une musique sympa, du suspens, de l’intensité. Regardez-le, vous me remercierez plus tard !

Catégorie du film “on n’a pas d’idées, mais on a de l’argent”

Godzilla 2 – Warner

GODZILLA 2 – Roi des Monstres de Michael Dougherty

A l’inverse, le cinéma est le parfait terrain de jeu pour étaler un max de fric sans matière derrière. Tant qu’il y a un gros nom sur l’affiche, “ça passe” comme dirait un producteur peu scrupuleux. Dans le genre, Godzilla II : Roi des Monstres est un condensé de tout ce que les films à gros budget ont de pire : mal dirigé, mal monté, mal rythmé, mal écrit. Si le premier Godzilla n’était pas fameux, sa suite directe finit de clouer le cercueil sans peine.


LES CATÉGORIES DE AMAURY

Catégorie du film qui DéNoNcE nOtRe sOcIéTééééÉé CoMmE bLaCk MiRrOr

Joker – Warner Bros

JOKER de Todd Phillips

Sans hésitation, je remet ce prix à Todd Phillips pour son regard catastrophiquement niais sur nos sociétés et ses rebellions… Si tant est qu’il y ait un de regard ! Visiblement plus intéressé par la coolitude du Joker que par des questions éthiques, le réalisateur de Very Bad Trip semble inconscient du fond délicat que véhicule son film. Cet homme est-il d’extrême gauche ou d’extrême droite ? Est-il même un tant soit peu politisé ? Au final, l’auteur est peut-être innocemment à l’image son personnage : symbole malgré lui de mouvement populistes et d’une certaine mode anarchiste. Tout cela est très méta, mais ça n’en fait pas un bon film pour autant.

Catégorie de l’acteur qui a un style de malade

Le Daim – Diaphana Films

Jean Dujardin dans Le Daim

Avec Brice de Nice, il était déjà impressionnant de voir à quel point Jean Dujardin savait jouer « le vide ». En tueur en série devant la caméra de Quentin Dupieux, cette capacité devient presque terrifiante et les rires pendant Le Daim furent bien jaunes, même avec cette dégaine full-daim. D’ailleurs, sur l’affiche même, si vous observez précisément le regard de merlan frit de l’acteur, vous sombrez dans un abîme… 

Catégorie de l’animal dont on ne pleurera pas la mort

The Lighthouse – Universal Pictures

La mouette psychopathe dans The Lighthouse

Nul ne sait quel trauma hante Robert Eggers depuis sa plus tendre enfance, mais en tout cas, il est curieux de voir à quel point les animaux sont pour lui une incarnation du mal. Il y trois ans, c’était la chèvre diabolique de The Witch, et maintenant, c’est une mouette qui prends un malin plaisir à nous tourmenter dans The Lighthouse. Après avoir été bolossé une dizaine de fois par ce piaf infernal, Robert Pattinson finit craquer : il flanque à ce dernier une série de tatanes dans le bec qui lui seront fatales. J’ai conscience que cet award fera bondir nos lecteurs antispécistes, mais… Sale bête ! Tu l’as bien cherché !

La caméra stylo à Hollywood : une étude en quatre blockbusters
Un dossier réalisé par Amaury Foucart