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Star Wars: L’Ascension des Skywalker, la critique

Neuvième volet concluant une troisième trilogie, ce nouveau Star Wars prouve une chose : Bob Iger en a vraiment plus rien à carrer des licences qu’il engloutit par transactions. Ce qu’il lui importe, c’est de garder ses spectateurs aux abris. Son arme ? La nostalgie frelatée fournie par J.J Abrams, l’homme qui n’a jamais été capable de parler d’autres choses que ses souvenirs d’enfants nerds. Le résultat ? La dénaturation totale d’une œuvre construite sur une décennie. Promis, on ne divulgachera rien.

Remettons les choses dans le contexte : Star Wars, dans les années 2010, a conservé son poids révolutionnaire dans l’industrie cinématographique. C’est simple, c’est grâce à cette mythique licence que nous nous sommes retrouvés devant une pléiade de reboots et remakes pris des tiroirs nostalgiques des 80’s. Et dès le premier volet de cette nouvelle trilogie, on assistait à une pensée de ce phénomène. « Le réveil de la force » posait les bases d’une nouvelle jeunesse confronté face à une histoire établie par les vétérans. Le déroulement de cet épisode inaugural supposait que c’était maintenant aux jeunes de poursuivre un héritage, le tout appuyé par des emphases nostalgiques (on retrouvait Han et Chewie, le Faucon Millenium etc…). Puis, épisode de la controverse, Les Derniers Jedi explosait cette nostalgie pour poser de nouvelles fondations. Mais la vie n’est pas toujours facile et ces nouvelles réflexions ont dû être réduites à des fins de fan-service pour ce troisième volet décevant.

« Faire revivre« , c’est ça au final dont il était question dans l’objectif d’Abrams, ressusciter les souvenirs plutôt que de donner naissance à quelque chose de nouveau. Par conséquent, ça ne va nulle part.

Car l’industrie Disney et les trolls des réseaux sociaux sont passés par là. Le côté obscur de la vie réelle est passée par là. Les réseaux sociaux ont pris trop à cœur les aboutissements de ce huitième épisode, Carrie Fisher nous a malheureusement quitté et il fallait que Disney se débrouille face à tout ça. Que dire à part que la déception de voir Disney céder aux jérémiades des fans harceleurs et hardcores est grande. La véritable audace de ce nouvel épisode est dans son art de garder au chaud son public. Les scènes s’enchaînent et on se rend compte que nous ne sommes pas devant un film Star Wars mais devant une histoire n’allant nulle part. On se plaignait de la prélogie des années 2000 mais elle, au moins, avait le mérite de proposer un souffle intéressant à la licence en se politisant ainsi. Ici, les aboutissements menés par les deux précédents opus ont été saccagés par un JJ Abrams, trop occupé à faire revivre une nouvelle fois ces souvenirs d’enfant nerd.  « Faire revivre », c’est ça au final dont il était question dans l’objectif d’Abrams, ressusciter les souvenirs plutôt que de donner naissance à quelque chose de nouveau. Par conséquent, ça ne va nulle part.

Pour donner une idée, ça se rapproche d’une conclusion à la Avengers : Endgame. Abrams et les frères Russo confirment l’attitude néfaste de l’industrie Disney face au public. Rien ne doit être dramatique, rien ne doit choquer, tout doit être dans une bulle confortable où rien ne se perd jamais. L’exemple parfait est l’effroyable récupération numérique de Carrie Fisher. Vous vous souvenez du film Le Congrès ? Cette oeuvre prophétique ou Ari Folman imaginait un monde où des stars comme Tom Cruise et Robin Wright acceptaient de rendre leurs figures éternelles par le numérique. Nous sommes en plein dedans. Il est effrayant de voir une actrice phare de la franchise traitée avec si peu de respect par les producteurs. On ne dévoilera rien de plus si ce n’est qu’on a un goût amer de voir tout le potentiel dramatique réduit en poussière juste pour le contentement des fans.

Mais si ce n’était que ça, si ce n’était qu’un simple objet de cynisme marketé par la nouvelle génération d’Hollywood. On aurait pu juste passer à côté et laisser ce souvenir dans un coin mais il s’agit ici de « Star Wars ». La trilogie qui s’inspirait d’un cinéma épique pour créer des personnages grands publics et forts pour les spectateurs. Luke, Leia, Han et Vador étaient des personnages denses et passionnants à suivre. Ici, on ne retient seulement que leurs grades et non ce qu’ils étaient réellement. Pire, les nouveaux héros censés représentés la nouvelle vague d’une galaxie lointaine sont uniquement cantonnés à des traits de caractères si creux. Le parcours de Rey, censé s’affranchir de tout un héritage laissé avant qu’elle arrive, subit un chemin convenu et racoleur. Finn et Poe sont seulement là pour former un duo digne de Maverick et Goosse dans Top Gun avec un effet de queerbaiting machiavélique de la part d’une société se faisant toujours passer avec Netflix pour l’empire du Woke. Pour être clair, Disney s’est clairement moqué du public et sidère encore une fois par son cynisme.

Voilà, c'est tout, n'attendez rien d'autre sur ce neuvième volet. Soyez prêts à voir ce que vous avez aimé suivre depuis quatre ans réduits en poussière. L'ASCENSION DE SKYWALKER est peut-être la déception la plus coûteuse vue cette année au cinéma.
1.5
Cynique
Hipster passionné

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GTP soutient PULSE au NIKON FILM FESTIVAL
Court-métrage réalisé par Thomas Barbenson et Morgane Faulkner