Spider-Man : Far from home, la critique

Même les super-héros ont besoin de vacances ! Faut les comprendre : Après avoir investi cinq ans de leurs vies dans le but de régler le compte à Thanos, un peu de repos ne fait pas de mal. Peter Parker, lui, part faire le tour de l’Europe avec ses amis en laissant de côté son costume de Spider-Man. C’est de ce point de départ que commence Far from home, suite de la relecture teen-movie de l’homme-araignée par Jon Watts. Avec en prime l’incursion de Jake Gylenhaal dans le Marvel Cinematic Universe, on sort séduit de ce nouveau volet aussi drôle que réflexif sur l’industrie des super-héros.

Spider-Man : Far From Home commence par la même opération récréative que Ant-Man et la Guêpe a entrepris l’an dernier. Après le traumatisme laissé aux fans par le snap de Thanos, la décontraction de Paul Rudd et Evangeline Lily s’avérait reposant. Ici, on est devant le premier film post-Endgame, ce qui enferme le jeune protégé de Tony Stark dans plusieurs incertitudes. Cependant, Jon Watts estime que ce n’est pas une raison pour continuer de se morfondre et qu’il faut aller vers l’avant dorénavant.

Far from home s’éloigne du Marvel Cinematic Universe et devient un enchaînement de gags irrésistibles.

Sa scène d’ouverture, hilarant hommage aux disparus de Endgame rappelant le bon temps de Windows Movie Maker, le prouve. Far from home s’éloigne du Marvel Cinematic Universe et devient un enchaînement de gags irrésistibles . Se concentrant sur les tourments amoureux du jeune héros, la partie teen-movie du film est touchante et doit son succès à l’alchimie entre Tom Holland et Zendaya. Mais comme pour toutes vacances, celles-ci doivent prendre fin à un moment donné…

Les codes du film pour ados, insouciants et imperfectibles, sont laissés de côté lorsque Peter est confronté à l’héritage laissé par Tony Stark. Substitut paternel pour le jeune justicier, que doit-il faire pour perpétuer les valeurs laissées par son héros ? Avec l’arrivée du personnage de Mysterio, joué par un Jake Gyllenhaal qui semble s’amuser ici, cette interrogation va longtemps peser sur le jeune héros. Il est intéressant de noter que des questions similaires tournées vers l’héritage cinématographique des héros se posent au sein des studios. Sans en dévoiler davantage, car les surprises sont au rendez-vous, cette suite réfléchit sur la nécessité pour la prochaine phase Marvel de tenir sur un unique justicier et le rapport illusoire qu’il pourrait entretenir avec son public. L’arrivée des Eternals, filmée par la cinéaste indépendante Chloé Zhao, laisse espérer un vent nouveau dans les productions Marvel. On l’espère car les défauts des productions Marvel sont aussi éternels. D’une durée de 2h10, on peut finir par regarder sa montre en raison d’un climax final à Londres interminable, basé sur une idée de réalisation inventive mais déjà exploitée une heure auparavant.

3.5
Servant de conclusion définitive à tout un arc du cinéma de super-héros, cette suite nous surprend pour être aussi un plaisant teen-movie qui nous accroche en tissant ses vannes. Un film léger, sonnant comme une pause détente bienvenue avant que les choses sérieuses reprennent.
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