Sonic film
©Paramount Pictures

Sonic le film : (Not so) Fast and Furious

Il n’a jamais cessé de faire parler de lui sur le web, suite à une première bande-annonce jugée calamiteuse par des fans en furie (prenons le temps de pouffer de rire deux secondes suite à ce jeu de mots involontairement placé mais dont l’auteur de ce texte s’est rendu compte seulement pendant la relecture). Un changement de design plus tard, Sonic est enfin arrivé sur nos écrans. Le célèbre hérisson bleu qui a fait la gloire de SEGA déboule pour des aventures au cinéma. Et paradoxalement, ce personnage rapide comme l’éclair a juste obtenu les faveurs d’un film d’aventure mollasson destiné à un (très) jeune public.

Sonic le film est symptomatique d’un phénomène récurrent depuis plusieurs années : l’inévitable frustration des fans. Pourquoi choisir ce film comme exemple et non Star Wars ou Detective Pikachu ? Car ici, ce sentiment de colère survenue en masse par les réseaux sociaux n’a pas eu le besoin de voir le film mais seulement une bande-annonce. Le character design du héros, éloigné de ses aventures vidéoludiques, n’a pas convaincu et a provoqué un report du film afin d’améliorer la figure du héros. Non seulement cela a laissé entendre que les fans ont raison de protester quand quelque chose ne leur convient pas dans une adaptation quitte à demander une modification (ce qui ne devrait pas être le cas) mais cela a aussi entraîné une pression monumentale dans l’équipe d’animateurs. Quelques polémiques plus tard, un Sonic fidèle à l’original est né. Malheureusement, pourquoi a-t-il fallu répondre à la pression laissée par des fans pour au final enlever tout l’univers du jeu vidéo et proposer un film d’aventure des plus banals ?

Parce que le défaut majeur de Sonic le film n’est pas tant un pinaillage de fanboys sur leur jeu favori, mais une incompréhension des studios face au matériau de base. Pas de doute, le personnage éponyme est fidèle dans l’esprit. Espiègle et aventureux, on est bien en compagnie de Sonic. Un personnage respecté que Jeff Fowler a placé au mauvais endroit. La mythique zone de Green Hill est expédiée au bout de deux minutes. Au lieu de cette infinité de zones qui aurait pu être dévoilée pour laissé place à une fantaisie à toute vitesse, on se retrouve face à une petite bourgade américaine pour ensuite dériver vers les gratte-ciels de San Francisco. Sur le papier, pourquoi pas ? Confronter Sonic au monde réel aurait pu faire des étincelles. Mais au final, on a l’amère impression que le film aurait été avec un autre personnage, rien n’aurait changé au scénario. Autre exemple : le choix de prendre Jim Carrey pour jouer Robotnik, d’accord. Mais à force de le voir refaire Ace Ventura (sans les blagues transphobes, cette fois), son personnage aurait pu avoir un autre nom que le nemesis de Sonic que le résultat aurait été le même.

Et ce qui est surtout le comble pour ce film est que pour s’intituler Sonic le film, il est effarant de le voir si mou au niveau de l’action. Ce n’est pas en faisant deux pâles copies de la séquence Quicksilver dans X-Men : Days of Future Past que l’aventure est au rendez-vous. Et il est dommage de voir ces défauts traînés tout du long car le film est dopé par un enthousiasme familial qui saura ravir enfants et parents. Si Jim Carrey en fait des caisses, les pitreries arrogantes de Sonic sauront amuser. Agrémenté d’un message convenu mais toujours bienveillant sur l’amitié, le contrat divertissement familial est convenablement rempli. Il aurait fallu, certainement, que le résultat aille plus loin qu’un ensemble trop sage.

Un divertissement familial convenu
Si le film respecte l'emballage de son héros, il sèche malheureusement par sa peur d'explorer son monde. Bien que trop convenu, il propose un divertissement familial attachant plutôt sympa pour ces vacances scolaires !
2.5
sonic affiche
Date de sortie
12 février 2020
Réalisateur
Jeff Fowler
Casting
Jim Carrey, James Marsden, Tika Sumpter
Distributeur
Paramount
Budget
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