Pourquoi faut-il aller revoir « Arizona Junior » ?

Deuxième long-métrage de la carrière prestigieuse des frères Coen, Arizona Junior ressort dans les salles obscures françaises. Il permet de découvrir les origines, sous un ton destiné à un plus grand public, du rêve américain déglingué par Joel et Etan Coen. Nous vous donnons aujourd’hui trois raisons pour vous inciter à revoir ce petit bijou.

Une ouverture vers l’Amérique des frères Coen

L’Amérique dévoilée chez les frangins, elle est on ne peut plus bigger than life qu’on puisse l’imaginer. Que ce soit en montrant un New-York enneigé dans les années 60, le Hollywood des années 50 ou bien les déserts texans hostiles où se pourchassent mutuellement Josh Brolin et Javier Bardem dans No Country for Old Men, les deux frères ont contribué à une radiographie électrique de leur pays, qui confronte les mythes pour mieux s’en amuser. Et Arizona Junior ne dérange nullement à la règle. En prenant à retors le schéma de l’American way of life, où la construction d’une famille s’y veut complètement détraquée (par implication de braquage et de kidnapping), ils signent une fable délirante qui grossit les lieux de la vie quotidienne avec jubilation.

L’un des premiers rôles de Nicolas Cage au cinéma

Après avoir tourné devant la caméra chez son oncle, un petit réalisateur méconnu nommé Francis Ford Coppola, ainsi que chez Amy Heckerling et Alan Parker ; le jeune Nicolas Cage devient le héros de Arizona Junior. En jouant un petit malfrat naïf souhaitant fonder une famille avec sa femme policière (jouée par la toujours géniale Holly Hunter), c’est une première exploration vers le Nicolas Cage que l’on connaît aujourd’hui que nous découvrons ici. Lunaire, un peu à l’ouest (ça tombe bien, nous sommes en Arizona), son dévouement à la vie routinière qu’il souhaite instaurer le rend immédiatement attachant à nos yeux.

Un cartoon sur grand écran

Après le ténébreux Sang pour Sang, où une question de magouilles annoncera la tragi-comédie de Fargo, Arizona Junior change d’horizon et use à la perfection de la comédie. Cela a été évoqué par le point sur l’Amérique des Coen, mais influencé par leur camarade Sam Raimi, la réalisation du film s’évertue à grossir les traits comme en réalisant un cartoon en live-action. Collaborant avec des comédiens très expressifs, comme John Goodman ou William Forsythe, les Coen ont un sens du rythme et de l’image qui impressionne pour raconter une histoire. Pour faire simple : c’est un épisode de Bip-bip et Coyote d’1h30 en prises de vues réelles, il ne faut pas manquer cela pour rien au monde.

Bande-annonce

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