Retour à Zombieland, la critique

Doctor Sleep n’est pas la seule suite ayant débarqué sur nos écrans cette semaine. La joyeuse bande dégommeuse de morts-vivants rencontrée durant Bienvenue à Zombieland revient dix ans après le succès du premier volet. Et si on avait pas vraiment besoin de cette suite, qu’on qualifierait d’opportuniste, il ne faut pas bouder son plaisir. On va donc avouer qu’on se fend la poire devant ce Retour à Zombieland !

Un état amorphe du cinéma, au premier abord, qui peut être gênant mais qui s’assume avec jubilation.

La voix-off de Columbus (toujours par Jesse Eisenberg, qui manque cruellement au cinéma) nous le dit dès le début : avec tout ce qu’il y a eu dans ce sous-genre de l’épouvante pendant cette décennie, pourquoi diable retourner à Zombieland ? Rien n’a changé. Si les zombies se sont diversifiés par habilité (il y a les stupides, les intelligents et les indestructibles), le club des quatre survivants n’a définitivement pas changé. Woody Harrelson joue l’éternel redneck qui supporte les flinguess mais pas les étudiants de Berkeley, Jesse Eisenberg refait son numéro de nerd tandis qu’Emma Stone et Abigail Breslin rejouent les soeurs bad-ass et désireuses d’aventures. Pire que ça, le scénario paraît être le même que le premier à l’exception faite que de nouveaux personnages (identiques à ceux de notre bande) entrent en jeu. On le voit dès les premières minutes où le générique s’illustre encore sur des ralentis exposés sur une autre composition de Metallica comme dans le premier opus. C’est la même chose. Le monde crépusculaire de Zombieland contamine toute approche artistique pouvant être mise en oeuvre. Un état amorphe du cinéma, au premier abord, qui peut être gênant mais qui s’assume avec jubilation.

Au final, il faut se poser une nouvelle question pendant la projection : est-ce que Bienvenue à Zombieland changeait quoi que ce soit au cinéma d’horreur ? Pas une seule seconde. La comédie de zombies existait déjà avec Peter Jackson, Edgar Wright ou des moutons zombies. Les codes du genre, évoqués en grande pompes par Eisenberg, sont quant à eux chamboulés en permanence lors de chaque nouvelle sortie du genre. Ce que l’on a retenu de Zombieland était son humour feel-good et régressif qui filait la pêche. L’équipe se donnait à coeur joie pour livrer des personnages attachants et fortiches en mise-à-mort de zombies. Ici, c’est donc la même recette qui nous est livrée et ça marche ! Alors, évidemment, le manque de budget donne l’impression de voir une version cheap du premier. Mais impossible de ne pas résister à l’humour redneck d’un Woody Harrelson show toujours en diapason avec l’action de la séquence. Sa confrontation avec une bande de hippies dans une scène-clé du film, qui ne manquerait pas de faire rire Blanche Gardin et Eric Judor pour ceux qui ont vus Problemos, s’avère tordante. Emma Stone, Jesse Eisenberg et Abigail Breslin s’éclatent et les nouveaux font mouche. Zoey Deutch, vu dans la série The Politician, est excellente en jeune femme prenant les événements de façon trop légère. N’oublions pas Rosario Dawson et Luke Wilson, formidables seconds couteaux du cinéma US. Alors oui, c’est plus un film à voir comme une séance de retrouvailles. Mais contrairement à des retrouvailles misant sur l’outrance et la misanthropie, cette suite se montre généreuse et honnête envers son public. On rit beaucoup, le contrat est donc réussi pour sortir de la salle diverti.

Retour à Zombieland apporte autant de choses que Bienvenue à Zombieland, c’est à dire rien. Mais puisqu’il semble s’amuser de ce constat, sans en plus sombrer dans le cynisme, il fait juste de ce monde apocalyptique une récréation harmonieuse qui fait rire outrageusement. De plus, il réussit même à nous donner envie de voir un troisième volet à Garfield dans sa scène post-générique et pour ça, on dit chapeau.

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