Rendez-vous chez les Malawas, la critique

Attention, si vous pensez vous offrir un bon moment au cinéma le jour de Noël devant Rendez-vous chez les Malawas, vous vous trompez. En effet, cette nouvelle réalisation du pourtant mésestimé James Huth (Brice 3) apparaît plutôt comme un terrible cadeau empoisonné. Après Toute ressemblance… sorti fin Novembre, voilà une autre satire poussive et affreusement datée sur la télévision française.

Il fallait s’en douter lors de la présentation du film en avant-première, quand on a vu Christian Clavier expédier son temps de présence en deux minutes chronos avec non-chalance : Rendez-vous chez les Malawas risque de tomber dans l’oubli à la seconde où vous aurez quitté la salle de ciné. Pourtant, il y a des images impossibles à enlever de sa tête par leur puissance cauchemardesque. Vous y verrez Pascal Elbé en parodie de Frédéric Lopez se faire mordre les testicules par un chimpanzé, Christian Clavier encore une fois en roue libre qui chante avec surjeu Le Lion est mort ce soir pour calmer un lion ou bien un repompagne cheap de Mad Max : Fury Road dans sa photographie. Mais tout ça au service de quoi ? Peut-être que la partie où les personnages patinent dans un désert vide résume bien l’ensemble de cette satire navrante.

En y réfléchissant, ça tombe bien que le film sorte le 25 décembre. Si vous êtes triste que le réveillon familial s’est achevé plus tôt en début de journée, vous verrez en ce film un prolongement des remarques gratuites et imbibées d’alcool de votre tonton. Ainsi, vous entendrez un crachat d’1h30 sur la célébrité sous toutes ses formes. Les stars sont hypocrites, demeurées et surtout égocentriques. Voilà ce que le film nous hurle constamment avec le tout saupoudré de vannes excessivement racistes. D’ailleurs ceci, en plus d’être aberrante dans sa stupidité, semble totalement contre-productive dans la démarche du film. Si l’humour du film réside dans l’incompréhension d’une autre culture par des personnalités auto-centrées sur leur confort, pourquoi alors n’avoir pas déjoué tous les préjugés dont ils font preuve ? James Huth utilise son style proche du cartoon, qu’on avait adoré dans un Brice 3, pour des blagues de très mauvais goût allant en faveur de ces personnages censés être irrécupérables.

Idiot
Vous vous souvenez de Bad Buzz, ce film affreux mené par le duo Eric & Quentin ? On pensait jamais n'avoir à subir une comédie d'aussi mauvais goût. Et bien, soyez heureux d'apprendre que Bienvenue chez les Malawas risque d'incarner cette relève. Cynique et gratuit, on se demande bien ce qu'il reste de ce crachat puant et plein de morve.
0.5
Hipster passionné
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