Portrait(s) : Xavier Dolan (on the side)

Matthias et Maxime, le huitième film de Xavier Dolan, sort en salles ce mercredi 16 octobre. Ce mini-événement, sur lequel nous sommes revenus avec cette critique, a donné envie à Jade de revenir sur quelques petites choses peut-être moins connues de la carrière du réalisateur.

Pour la plupart, Xavier Dolan on connaît. Le « jeune prodige » québécois aimé de tous, qui parle de relations mère/fils et d’homosexualité, qui est multi-casquettes, et qui aime mettre de la pop dans ses films, on connaît. Mais une de ses facettes importantes est celle d’acteur. Que ce soit dans ses propres films ou ailleurs, qu’on le voit ou qu’on l’entende, sérieux ou non, il aime incarner des personnages. Et chacun d’entre-eux révèle, à mon sens, une autre part de lui.

Starification

Il faut remonter un peu dans le temps pour comprendre tout ça. Tel Rupert dans Ma Vie avec John F. Donovan, c’est enfant que sa carrière commence. A huit ans, il est déjà une star. Plus précisément la star des publicités pour les magasins Jean Coutu au Québec, qui sont des petites doses de mignonnerie.

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Huit ans : Déjà réalisateur, producteur, scénariste, costumier, acteur dans ses films…

Il laisse tout ça de côté pendant un moment et prend le temps de grandir, avant de réapparaître sur le devant de la scène en 2009. C’est un retour en grande pompe puisqu’il revient à la fois en tant qu’acteur et en tant que réalisateur en signant sa première création, fortement remarquée et récompensée. Evidemment ses rôles les plus connus sont ceux de ses propres films. De J’ai Tué ma Mère à Matthias et Maxime, il aime être de tous les côtés de la caméra. Mais il aime aussi s’adonner à d’autres projets qui ne sont pas les siens.

Dedans, dehors, part

Très récemment, on a pu le voir dans Ça : Chapitre 2 d’Andy Muschietti ou encore dans Boy Erased de Joel Edgerton, deux films dans lesquels il joue un personnage secondaire. Dans la même veine en 2008, avant son « grand retour », il était brièvement présent dans Martyrs de Pascal Laugier. Mais sa carrière d’acteur ne se résume pas qu’à des rôles mineurs. Son talent pour le jeu n’est, selon moi, pas à mettre au second plan. Il y a cinq ans, on le retrouve dans le très sombre Elephant Song de Charles Binamé, adapté d’une pièce de théâtre à l’instar de son film français Juste la fin du monde. Là il y joue le protagoniste Michael Aleen, un jeune homme torturé, patient dans un hôpital psychiatrique. Même si ce rôle est relativement similaire dans sa noirceur à Tom de son Tom à la Ferme, il est indéniable qu’il atteste de l’éventail de ses capacités d’acteur.

Xavier Dolan, acteur, confronté à Bruce Greenwood (alias le président des Etats-Unis dans Benjamin Gates 2)

Outre sa présence physique à l’écran, le son de sa voix est aussi preuve de la portée de son jeu d’acteur. Étant québécois, et étant connu et reconnu, il travaille aussi en tant que comédien de doublage dans son pays. Ultra productif, en plus de se doubler lui-même, il double de nombreux acteurs hollywoodiens.

Toi aussi, tu as forcément rencontré la voix de Xavier Dolan en téléchargeant un screener du dernier Harry Potter sur Limewire !

De Rupert Grint dans Harry Potter à Daryl Sabara dans Spy Kids, il est la voix officielle de, entre autres, Aaron Taylor-Johnson, Josh Hutcherson ou encore Eddie Redmayne sur plusieurs films. Il est aussi présent à la télévision, son plus gros rôle étant Stan dans South Park. Il prête également son timbre plus occasionnellement, comme à Harry Styles dans Dunkerque, Richard Madden dans Cendrillon et même, on y revient, Kit Harington dans son propre film Ma Vie avec John F. Donovan. Certains de ses doublages, en plus d’attester de sa palette de talents, évoque selon moi un certain second degré. Il suffit de ne citer que sa participation au doublage de Piranha 3DD ou encore Epic Movie pour l’imaginer.

Xavier Dolan est donc partout au Québec. Que ce soit derrière ou devant la caméra, il est une figure incontournable du paysage cinématographique et télévisuel québécois. Son occupation d’acteur n’est qu’une facette et de sa carrière mais elle est si prolifique et si révélatrice qu’il est important d’en faire part au monde. Au-delà de ça, cet aspect de son travail dévoile une face du réalisateur que l’on soupçonne peut-être pas; un second degré très attachant.

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