Portrait(s) : Dwayne « The Rock » Johnson

Alors qu’il revient ce mercredi 07 août pour son film le plus « profondément personnel » ; Hobbs & Shaw, on a sauté sur l’occasion pour vous présenter ce grand monsieur qu’est Dwayne « The Rock » Johnson.

L’un des catcheurs les plus populaires de l’histoire est maintenant l’immanquable acteur à succès du cinéma d’action (mais pas que !). C’est son charisme, son physique inimitable et son fameux jeu de sourcils qui lui valent le titre de l’homme le plus sexy de 2016, mais c’est sa persévérance, son ambition et son travail qui lui valent sa place parmi les personnes les plus influentes du monde. Au-delà de ça, il est l’une des personnalités pour laquelle le grand public a le plus d’affection. Mais pour quelles raisons ?

Dwayne Douglas Johnson

A l’instar d’un bon scénario de film d’action, son histoire n’est pas sans encombres ni sans combats. C’est le 2 mai 1972 que Dwayne Douglas Johnson voit le jour pour la première fois en Californie. Fils d’Ata Johnson (née Maivia), polynésienne samoane, et Rocky Johnson, afro-canadien, il vit une partie de son enfance en Nouvelle-Zélande avec sa famille maternelle. Vous trouvez que ça fait beaucoup d’un coup ? Accrochez-vous bien parce que lui aussi a dû s’accrocher. Il retourne aux Etats-Unis, puis commence ses années lycée à Hawaii avant de les terminer en Pennsylvanie. Tous ces changements font que cet adolescent de 17 ans a déjà beaucoup vécu mais, surtout, en a déjà vu des vertes et des pas mûres. Il se fait arrêter nombre de fois pour, entre autres, bagarre et vol avant de trouver ce qui va le canaliser et le calmer : le sport. Il rejoint alors plusieurs équipes au lycée notamment celle de football américain et, dans la lignée de son père Rocky « Soulman » Johnson, de son grand père Peter « High Chief » Maivia et de sa grand-mère Lia Maivia, celle de lutte. Cependant il n’a pas prévu de suivre les traces de ses parents. Lui, ce qu’il veut, c’est rejoindre la NFL (National Football League).

C’est son amour et son talent pour le football qui amènent différentes universités à lui proposer une bourse. A savoir qu’aux Etats-Unis l’université est très chère, que la famille Johnson ne roule pas sur l’or et qu’une bourse signifie qu’ils n’ont rien à payer, Dwayne accepte l’une des propositions et part étudier la criminologie à l’Université de Miami tout en rejoignant l’équipe des Hurricanes en 1991. Un peu plus proche de son rêve, maintenant qu’il fait partie d’une équipe nationale, il se prépare pour les drafts (ou repêchages) de la NFL de 1995. Malheureusement, il se blesse à l’épaule et ne peut pas être physiquement prêt pour cette session de sélections. Plein de ressources, il décide, après avoir été diplômé de l’Université de Miami, de rejoindre l’équipe de football canadienne des Calgary Stampeders pour avoir une seconde chance de rejoindre la NFL. Mais deux mois après être entré dans l’équipe, il est écarté de l’effectif principal à cause de sa blessure et ne peut plus jouer.

Toutes ses aspirations d’un jour devenir un grand joueur de football sont anéanties et Dwayne tombe en dépression. Il retourne alors vivre chez ses parents en Floride.

De Flex Kavana à The Rock

Être à nouveau proche de son père, un catcheur professionnel sous le pseudo de « Soulman », renflamme la passion de Dwayne pour le catch et il décide de poursuivre une carrière dans ce sport. Rocky Johnson accepte de l’entraîner mais refuse de l’aider pour la suite. Il veut que son fils se fasse lui-même. C’est tout de même grâce à Pat Patterson, un catcheur ayant combattu son père, qu’en 1996 Dwayne décroche quelques matchs d’essais à la WWE (World Wrestling Entertainment, avant connue comme WWF : World Wrestling Federation). Le 10 mars de la même année il emporte sa première victoire, contre le Brooklyn Brawler, avant de continuer sur sa lancée et de devenir deux fois champion de l’USWA (United States Wrestling Association) sous le nom de Flex Kavana.

Grâce à ce parcours victorieux, Dwayne Johnson signe son premier contrat avec la WWE. Perpétuant la tradition familiale, il décide de faire ses débuts sous le nom de Rocky Maivia, un mélange du prénom de son père et du nom de famille de ses grand-parents maternels. Comme vous le savez certainement, le catch est un réel divertissement. Les matchs sont scriptés et chaque saison fonctionne comme une saison sérielle (je vous invite à vous renseigner sur le catch et la WWE, si ça vous intrigue). La première année de Rocky Maivia est agitée. Malgré son inexpérience dans le monde du catch télévisé, il est largement mis en avant, ce qui n’est pas forcément bénéfique pour son personnage. Le public est de plus en plus hostile et va même jusqu’à l’insulter et lui lancer des « die, Rocky, die » durant ses matchs. Le 28 avril 1997, Dwayne « Rocky Maivia » Johnson perd l’Intercontinental Championship face à Owen Hart. Peu après, il se blesse gravement au genou durant un match contre Mankind, et s’efface de la scène quelques temps. A son retour, face aux huées constants du public, il est acté que le gentil petit nouveau devienne officiellement aux yeux de tout le heel, le vilain. Il rejoint alors l’équipe des Nation Domination et devient The Rock.

Après ça, il commence peut-être la plus longue relation qu’il entretiendra dans sa vie : un amour-haine avec Stone Cold Steve Austin. Rivaux sur le ring et amis dans la réalité, ce duo va les mener tous les deux au succès et à la reconnaissance qu’ils ont aujourd’hui. Pour vous passer les détails de chaque match, disons juste qu’à ce moment, The Rock fait partie de l’équipe The Corporation et va essayer sans relâche d’emporter le titre de champion du monde. Sa popularité grandissante grimpe encore plus en flèche grâce à l’incroyable charisme (et son incroyable sourcil) dont il fait preuve en interview et sur le ring, et à l’attachement que le public a pour son personnage. Alors surnommé The People’s Champ (le champion du public) c’est en 1998 qu’il emporte pour la première fois le titre de champion du monde de la WWE. Après cette victoire, il décide de se lancer dans une carrière solo et est bien parti pour endurcir sa réputation du meilleur catcheur de l’histoire. Les années suivantes de sa vie sont remplies de nombreux matchs aux storylines plus folles les unes que les autres (vraiment, je vous recommande d’aller y jeter un oeil). Mais elles vont aussi être remplies de tout autre chose parce que c’est aussi à partir de 1998 qu’il décide de se tourner vers quelque chose d’autre. Quelque chose d’encore plus fou, d’encore plus grand, quelque chose qui le fait rêver tout autant : le cinéma.

Encore vu comme un « monsieur muscle » et à juste titre, The Rock est bien plus que ça. Il ne peut être réduit qu’à son image de catcheur ou de bodybuilder. Il s’émancipe difficilement des cases dans lesquelles il était jusqu’à présent et va doucement devenir l’un des acteurs les plus notoires de sa génération.

Dwayne « The Rock » Johnson

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La star rencontre Eric Foreman dans That 70’s show

Ses premiers rôles sont en fait à la télévision. Il va jouer un personnage secondaire dans un épisode de That 70’s Show, puis dans Star Trek: Voyager et enfin dans la série The Net. En même temps il continue sa carrière de catcheur et remporte en 2001 le titre de champion du monde pour la sixième fois. Cependant il ne le garde que 35 jours avant d’être détrôné par le seul, l’unique, Stone Cold Steve Austin. Après ça il s’absente pendant 4 mois. Pourquoi? Parce qu’il a trouvé du travail à Hollywood. A l’image de son personnage de vilain, de heel, il campe le rôle du méchant dans Le Retour de la Momie : le roi scorpion (pour lequel il remporte le Teen Choice Awards du meilleur vilain). Suite à ça, certainement grâce au succès commercial du film et à l’énorme popularité de The Rock, un spin-off judicieusement titré Le Roi Scorpion est tourné. Notre petit Dwayne Douglas Johnson, déjà bien décoré de ses six titres de champions du monde de la WWE, entre alors dans le Guinness Book des records grâce à son salaire de 5,5 millions de dollars qui, à l’époque, fait de lui l’acteur le mieux payé pour un premier rôle en tête d’affiche. C’est ce film qui donne le déclic à la carrière d’acteur de Johnson. Même s’il veut s’émanciper de son image de catcheur, il va tout de même inclure dans le film son fameux jeu de sourcils (appelé The People’s Eyebrow) en clin d’oeil à ses fans dit-il, et sera crédité en tant que « The Rock ». Une chose qu’il est important de préciser est qu’il n’est pas totalement étranger à l’acting. Le catch, surtout à la WWE, est un divertissement scripté dans lequel les sportifs sont également des acteurs. The Rock est alors déjà bien rôdé dans ce milieu, même si ce n’est pas du même acabit.

Southland Tales de Richard Kelly

Les quelques années suivantes, il va osciller entre tournages et matchs de catch avant de quitter complètement la WWE pour se lancer corps et âme dans le cinéma.

Malheureusement pour lui le parcours est assez compliqué. Il a du mal à être dans des films qui sont des succès commerciaux (Doom, par exemple) et peine à se défaire de son passé de catcheur (qui l’a rendu célèbre, ne l’oublions pas). Il sera crédité en tant que The Rock, parfois en tant que Dwayne « The Rock » Johnson, sur encore plusieurs films. Le premier dans lequel son vrai nom apparaîtra, sans aucuns liens à son personnage de catch, est le génial Southland Tales de Richard Kelly en 2006. Film dans lequel il livre une performance extraordinaire digne d’être nommée aux Oscars, mais qui fera un triste flop en terme de box-office. Peu après, Dwayne Johnson veut de nouveau intégrer « The Rock » dans son nom mais ses agents refusent, jugeant qu’il ne peut plus être aussi grand que The Rock l’avait été. Mais ce pseudonyme fait partie de lui, et la relation qu’il a développé avec ses fans de la première heure est « la plus importante » à ses yeux. Alors il décide de s’entourer de managers et d’agents qui le comprennent mieux. En hommage à ses racines, à son parcours et à ses fans, quels qu’ils soient, il devient officiellement Dwayne « The Rock » Johnson. A partir de là, tout lui sourit. Il entre dans les productions Disney avec Fée malgré lui, et dans l’action à gros budget, notamment dans une franchise qui fait que nous sommes tous là aujourd’hui; Fast & Furious. Voyage au Centre de la Terre 2, Pain & Gain, Moana, Baywatch, Jumanji, Skyscraper, en ce moment Hobbs & Shaw, prochainement Black Adam, et tant d’autres, il est en tête d’affiche de nombreuses grosses productions hollywoodiennes de la dernière décennie. A l’instar d’être l’un des meilleurs joueurs de catch de l’histoire, il devient l’un des acteurs les mieux payés et les plus appréciés d’Hollywood.

Il y a mille et une stars d’action toujours à l’écran en ce moment mais The Rock tire son épingle du jeu par son charisme, son authenticité et surtout, à mon sens, son jeu d’acteur pluridimensionnel. C’est toujours un plaisir de le voir à l’écran. C’est aussi toujours un plaisir de le voir en interview lorsqu’il annonce qu’il se présentera sûrement un jour aux présidentielles, de voir ses posts motivants sur Instagram, ou d’entendre sa voix dans cette application qui vous réveille le matin (The Rock Clock). A 47 ans, il est l’incarnation de l’amour et de l’ambition, des valeurs familiales et professionnelles, et de la fierté que l’on peut avoir pour sa culture, son parcours et soi-même. Et c’est pour toutes ces raisons que l’on aime Dwayne Douglas « The Rock » Johnson.




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